Nowhere Highway

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(4.2 sur 5) / Progressive Promotion Records
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Rock Progressif

C’est en parcourant les listes de nouveautés que je suis tombé sur un nom que je connaissais bien, mais que j’avais un peu perdu de vue. Je me suis souvenu que j’avais bien apprécié le premier album d’un groupe qui se nommait à l’époque Eye To Eye, créé en 2003 et qui sortait un « One in Every Crowd » tout à fait prometteur avec un neo-prog de bonne facture. Renommé par la suite « Eye 2 Eye » en raison d’une homonymie si je me rappelle bien, le groupe fondé en 2003 par Philippe Bénabès et Didier Pègues en est en fin 2020 à son 5eme album studio.

« Nowhere Highway » c’est d’abord un album-concept nous parlant d’un musicien désabusé et sans inspiration et qui se perd sur cette autoroute pour nulle part, tel un David Vincent qui en son temps faisait dire au narrateur « Pour lui, cela a commencé pendant une triste nuit, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva » … Voilà pour l’ambiance !

Point d’envahisseurs au bout de la route dans le « Nowhere Highway », mais des fantômes et un cheminement musical ininterrompu sur 5 parties dont les 2 plus longues durent respectivement un gros quart d’heure et 20 minutes), et sont-elles mêmes découpées, ce qui nous fait 16 pistes au total, et autant d’atmosphères musicales. De façon inattendue, on démarre en fait par « Behind The Veil – Ghosts, Part 2 », la première partie se trouvant sur l’album précédant (« The Light Bearer », 2017). On démarre là où « Ghosts, Part 1 » nous avait laissés – même tonalité et même motif de piano -, puis un What’s the meaning of all that? désabusé lance la « Part 2 » à proprement parler, pour une très belle ballade voix et piano, ponctuée de quelques sonorités violon / violoncelle, et puis une fin plus puissante.

La troisième partie, « The Hidden Muse », démarre sur un thème de guitare qui m’a immédiatement rappelé quelque chose que je connaissais… après quelques recherches je suis tombé sur la chanson « You » du premier album du groupe : même superbe thème, même tonalité… Au moins je suis rassuré sur ma mémoire musicale (je suis nettement moins performant sur les dates d’anniversaire …). D’abord calme et mélancolique, la musique prend un net tournant neo prog plus musclé en son milieu, pour revenir au calme du début et nous faire réentendre le très beau thème de l’intro.

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« The Choice – Ghosts Part 4 » (pistes 3 à 8) est plutôt assez sombre … jusqu’à la sous-partie 4 « The Fight » (piste 6) où sonorités orgue et violon à la Kansas éclaircissent un peu la musique. On arrive à un passage rythmé en 9/8 (basse et orgue) avec un gigantesque clin d’œil à une certaine « Apocalypse in 9/8 » de 1972 que vous retrouverez sans peine… Bien vu ! Retour en mode ballade dans la dernière sous-partie « The Silent Shroud » (piste 8), avec d’intéressants passages à la guitare acoustique.

« Moons Ago – Ghosts Part 5 » a un petit côté Genesis période « Duke » plutôt agréable ! « Nowhere Highway », la dernière et longue partie, enchaine une mosaïque de 7 pistes assez contrastées : néo-prog pour « Princes Street » (piste 10), chœurs aériens sur « The Muse’s Caress » (piste 12), petite respiration nonchalante en mode majeur sur « Wandering » (piste 13). La dernière piste « Virtual Sunset » nous ramène sur les atmosphères sombres et nuageuses de cette autoroute pour nulle-part, avant une conclusion totalement apaisée, sinon sereine.

A la relecture de ma prose, je m’aperçois qu’il n’est pas aisé de se retrouver dans cet enchevêtrement de parties, sous-parties et autres pistes… Pour ne pas se perdre à votre tour sur cette damnée autoroute, il suffit d’écouter cette longue suite symphonique dans sa continuité. Et si vous êtes arrivés nulle-part, vous avez au moins fait une heure de voyage sur une musique avec foisonnement d’idées et d’atmosphères musicales qui s’emboitent parfaitement sans se répéter, le tout en compagnie d’un chanteur et de musiciens de talent ! Cet album fait bien sûr penser au « Misplaced Childhood » de Marillion.

Avec ce nouvel opus et ses sonorités claires-obscures Eye 2 Eye s’impose encore un peu plus sur ce style neo-prog / prog symphonique de haute qualité !

Formation du groupe

Jack Daly : Chant - Bruno Pegues : Guitares - Philippe Benabes : Claviers - Etienne Damin : Basse, guitares - Didier Pegues : Batterie, Cllaviers

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