Black Moon

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(4.5 sur 5) / Victor Entertainment
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Rock Progressif

Je l’attendais avec impatience ce « Black Moon » sorti en 1992, fruits de la reformation d’Emerson, Lake and Palmer. En effet en 1991, le trio originel se reforme et publie ce nouvel album après un décevant ‘Love Beach’ (1978) publié plus de 14 ans auparavant.

L’album s’ouvre sur le titre éponyme « Black moon », c’est une piste électrique enchaînant les plages vocales et instrumentales qui agissent en véritable symbiose associant les changements d’amplitude de la manière la plus aisée qu’il soit, permettant à chaque musicien de laisser exploser sa technicité.

Suit « Paper blood » un morceau que j’affectionne particulièrement, dans le sens où l’on retrouve la capacité du groupe à proposer une composition bien bâtie, où les soli de Keith prennent tous une intensité et une effervescence explosive. L’on prend aussi un sacré plaisir à retrouver le chant majestueux de Greg, du grand art. L’album se déroule ensuite avec « Affairs of the heart » mélancolique en diable, une belle balade aux arrangements fins et délicats, loin de certaines mièvreries auxquelles nous avait habitué la formation en manque d’inspiration lors de leurs dernières productions. Comme à l’habitude nous avons droit à une reprise à la sauce Emerson du « Romeo and Juliet » (Prokofiev, Arrangements de Keith), qui bénéficie en outre d’un rafraîchissement symphonique et autres effets synthétiques ou orchestrations progressives produisant un bel impact, un régal. Les titres passent par diverses couleurs et genres différents ainsi « Farewell to arms » qui tape dans un registre que ne renieraient pas The Moody Blues ou bien Barclay James Harvest. Une plage qui privilégie la mélodie, qui, il faut le reconnaître est splendide, et que dire du solo final aux claviers de Keith, un seul mot sublime !

Franchement nerveux et grandiloquent « Changing states » procure l’occasion au claviériste d’envahir la scène sonore avec ce titre aux emphases classiques, du pur Emerson, je dois l’avouer, ce n’est pas véritablement ma tasse de thé, mais il en faut pour tous les goûts. Le chant de Greg sur « Burning Bridges », de Mark Mancina, mêle habilement rage et souplesse mélodique le tout dans un style assez caractéristique du groupe et confirme s’il en faut tout le talent des musiciens. Une pause bienvenus « Close to home » que seul le piano illumine pour un moment rare et précieux. Reprise des hostilités avec « Better days » qui est le lieu d’une belle débauche d’ambiances en prise directe avec les lignes musicales traditionnelles du combo. La dernière piste, véritable repos du guerrier, « Footprints in the snow », sort du lot par la mise en avant de la guitare sèche de Greg et des nappes de claviers vraiment discrètes. D’une tonalité sombre et mélancolique elle est particulièrement mélodieuse et appose un point final  d’une rare volupté à l’album.

Certainement le meilleur des deux albums engendrés suite à cette reformation, bien loin d’un Tarkus (1971) ou de Trilogy (1972) au caractère plus aventureux et novateur, mais ce « Black Moon » ne démérite pas pour autant !

Formation du groupe

Keith Emerson - Yamaha GX-1 (en), Piano Steinway Grand, Moog Modulaire, Minimoog - Greg Lake - Chant, Guitare acoustique et électrique, basse, harmonica sur Paper Blood - Carl Palmer - Batterie, percussions - Invités : Mark Mancina : Arrangements des chœurs sur Black Moon - Mark Holding : Arrangements des chœurs sur Paper Blood -

🌍 Visiter le site de Emerson Lake & Palmer →

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