Titres
- Awakening - 02:39
- Between The Times (part I À Iv) - 06:07
- The Sun-song - 04:24
- The Dance In Doubt And Fear - 04:28
- Lost !? (introduction) - 05:20
- Lost !? (the Decision) - 05:01
- The Midnight-fight/the Victory Of Mental Force - 08:07
- Gliding Into Light And Knowledge - 04:16
- Le réveil du soleil / The Dawn (6:49)
En Décembre 1976 paraissait l’album ‘’Dawn’’ (EMI/Harvest).
Formé à Hanovre en 1969 autour de Frank Bornemann, le groupe allemand Eloy avait trouvé son nom dans le roman ‘’The Time Machine’’ de H.G. Wells : au cours d’une ère post apocalyptique, les élois, une jeune et pacifique communauté, bien que servant de pâture à une race de mutants (les morlocks), symbolisaient le renouveau et l’espoir, comme le rappelait le leader du groupe. Un premier album éponyme publié en 1971 mêlait du heavy space rock à un psychédélisme plus proche du courant britannique (Hawkwind, Pink Floyd) que de la mouvance ‘kraut’ germanique. Au fil des albums suivants, l’instrumentation s’étoffa peu à peu avec l’orgue Hammond notamment, au service de pièces plus longues comme ‘Land Of Nobody’’ (‘’Inside’’ 1973), ‘’The Light From Deep Darkness’’ (‘’Floating’’ 1974) ou ‘’Lovers Over Six Centuries’ (‘’Power And The Passion’’ 1975).
Enregistré à Cologne en Août/Septembre 1976, le cinquième album ‘’Dawn’’ comptait autour de Frank Bornemann, suite à quelques démêlées avec le Manager Jay Partridge, un tout nouveau line up. Il réunissait Jürgen Rosenthal, le brillant batteur du premier album des Scorpions (‘’Fly To The Rainbow’’ 1974) également parolier, ainsi que le bassiste Klaus-Peter Matziol ,et le claviériste Detlev Schmidtchen qui allait occuper une place particulièrement significative dans cet espace musical. Certainement trop sous-estimé par rapport aux deux albums studios suivants, il n’en demeure pas moins l’une des belles réussites du groupe dans une discographie comptant une vingtaine d’albums. Sous sa pochette encore magnifiquement illustrée ici, et à l’instar de son titre par un lever de soleil sur l’océan, ‘’Dawn’’ assurait la continuité du concept de l’opus précédent ‘’Power And The Passion’’ à travers les errances dans l’au delà, et la quête de salut d’un personnage décédé antérieurement, et de manière violente.
Sur une introduction orageuse (au sens propre), ‘’Awakening’’ ouvrait ce répertoire dans les nobles textures de cordes d’un orchestre symphonique avant que le chanteur & guitariste n’expose le thème principal sur la rythmique de Klaus-Peter Matziol et Jürgen Rosenthal. Tous deux portaient énergiquement ensuite ‘’Between The Times’’ emmené par le riff et les solos de guitare électrique sur ce morceau inscrit dans une pure tradition hard rock. Les claviers de Detlev Schmidtchen, en particulier les synthétiseurs, assuraient un tapissage aux arpèges de six-cordes sur ’’Sun-Song’’, l’une des deux ballades aériennes du disque avec ‘’Gliding Into Light And Knowledge’’ qui ajoutait orgue et Minimoog à ces nappes. Elles enveloppaient encore le thème de départ rappelé par ‘’The Dance In Doubt And Fear’’, une pièce atmosphérique doucement rythmée aux pulsations de la basse de Klaus-Peter Matziol tandis que les couches de mellotron s’associaient aux cordes pour refermer la première face du disque sur ‘’Lost !? Introduction’’ dans une transition fluide avec la seconde. Dans ‘’Lost !? The Decision’’, les premières textures d’orgue aux sons d’église pouvaient brièvement évoquer certains climats inquiétants installés par le groupe italien Goblin dans les B.O des films de Dario Argento. Les huit minutes de ‘’The Midnight Fight / The Victory Of Mental Force’’ offraient sans doute l’un des temps forts du disque ; Comme propulsée par les rafales de vent introduisant cette plage, la rythmique véloce de Jürgen Rosenthal embarquait les huit minutes à la fois lumineuses et mélodiques de ‘’The Midnight Fight / The Victory Of Mental Force’’ (en deux parties), la pièce la plus énergique et nuancée de l’album, qui minimisait l’écriture au profit d’une ambiance cosmique enluminée par les solos de guitare électrique et Moog. Nous pourrions évidemment entrevoir derrière ces premières paroles en français ‘’Nous sommes le Soleil’’, un clin d’œil ouvert à Jon Anderson et ‘’Yes’’ (Tales From Topographic Oceans’’/Déc 1973). Enfin, le thème générique du disque, récurrent et repris dans cette conclusion, soulignait davantage encore le caractère compact et homogène de ce répertoire.
A la fin de l’année suivante, Eloy publia ‘’Ocean’’, un album concept sur la légendaire cité d’Atlantide depuis sa genèse jusqu’à sa chute. Ce best-seller vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, permit au groupe d’accéder à une notoriété internationale. La tournée qui suivit fit l’objet d’un premier ‘’Live’’en 1978. Déjà au faîte de sa popularité, le combo allemand fit paraître dès le mois de Janvier 1979, ‘’Silent Cries And Mighty Echoes’’, souvent considéré comme sa plus belle réussite, une merveille de space rock progressif dans la veine du Pink Floyd de la période ‘’Animals’’. Pour autant, malgré une séparation surprenante (mais provisoire) au cours de cette même année 79, Eloy était loin d’avoir fini d’écrire son histoire, publiant en 2023, un 21ème album studio (‘’Echoes From The Past’’) autour d’un quartet toujours emmené par son fondateur Frank Bornemann et comptant encore à son bord, le bassiste Klaus-Peter Matziol.
Formation du groupe
Detlev Schmidtchen : Chant, Guitares, Claviers - Frank Bornemann : Chant, Guitares - Jurgen Rosenthal : Batterie - Klaus-Peter Matziol : Chant, Basse
