Clearlight Symphony

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(5 sur 5) / Virgin
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Rock Progressif Rock Symphonique

Dans la série d’albums célébrant leur cinquantenaire en 2025, ‘’Clearlight Symphony’’ fut publié chez Virgin au tout début de l’année 1975.

Derrière ‘Clearlight’, se référant au Livre tibétain des morts par Karma Lingpa et à Timothy Leary, défenseur controversé des drogues (dont ‘’The Psychedelic Experience’’ inspira les Moody Blues, John Lennon et quelques d’autres) se cachait simplement le nom du pianiste, claviériste et compositeur Cyrille Verdeaux. Ce musicien de formation classique, triple Premier Prix de Conservatoire, pratiquant le piano depuis son plus jeune âge, confia dans une interview, et dans ces termes, que ce premier répertoire s’imposa à lui lors d’une nuit de pleine lune pendant laquelle, par chance, il avait sous la main, un magnétophone.

Avec son manager Jacques Reland, une présentation de la maquette de cette œuvre pour piano avec un ajout d’orgue (et bien loin des ‘formats’ commerciaux) à Simon Draper, adjoint de Richard Branson, conduisit en 1974, à une signature avec le Label Virgin qui, précédemment, avait réussi un pari plus que gagnant avec Mike Oldfield. Ce fut donc logiquement au studio The Manor mais également à celui de David Vorhaus (White Noise) pour le premier de ses deux mouvements de 20 minutes chacun, que fut enregistrée cette longue suite se partageant entre les deux faces du disque. Sous une somptueuse illustration de pochette signée par l’artiste Jean-Claude Michel, ce premier répertoire adaptait (comme ceux qui allaient suivre) l’univers du rock progressiste à des canons symphoniques, à travers une musique instrumentale à la fois inspirée, originale, élégamment arrangée et révélant, au-delà de la virtuosité du musicien, ses grandes qualités harmoniques et mélodiques. Les parties fluides et classicisantes étaient fortement empreintes d’un romantisme ne dissimulant pas chez le pianiste, certaines influences précoces de Tchaïkovski, Chopin, Liszt voire Rachmaninov et peut-être Scriabine

Le premier mouvement bénéficiait de l’apport de trois membres du groupe Gong qui venait d’achever sa trilogie ‘’Radio Gnome Invisible’’. Aux boucles mélodiques, les légers riffs de six-cordes électrique de Steve Hillage donnaient leur teinte psychédélique à la partie centrale de cette pièce tandis que le saxophoniste Didier Malherbe apportait sa subtile touche de jazz. Quant au claviériste Tim Blake, également coproducteur de l’album, il soulignait au synthétiseur VCS3 la dimension spatiale de cette première face, également appuyée par les nappes de mellotron et orgue de Cyril Verdeaux, et par une absence récurrente de section rythmique.

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La seconde partie, cette fois ’franco française’, accueillait le batteur Gilbert Artman (fondateur du groupe de prog expérimental Lard Free) et le bassiste Martin Isaacs qui berçaient de leur tempo envoûtant, ces climats oniriques et planants autour de savoureuses textures piano/mellotron/orgue/vibraphone. Par ailleurs, ce sublime deuxième mouvement réunissait à nouveau Cyril Verdeaux et le guitariste Christian Boulé, son ancien partenaire du groupe Babylone au début des 70s.

Au cours de cette même année 1975, Cyrille Verdeaux publiait (toujours chez Virgin) avec Clearlight le tout aussi réussi ‘’Forever Blowing Bubble’’, invitant une douzaine de musiciens dont le violoniste David Cross (King Crimson), le jazzman avant-gardiste François Janneau, membre par ailleurs, du groupe Triangle (saxophone soprano, flûte, synthétiseur) et le bassiste Joël ‘Dud’ Dugrenot (ZAO). Entre ces deux albums, et sous le titre ‘’Delired Cameleon Family’’, il enregistra également la bande originale de ‘’Visa De Censure N°X’’, un film de la Nouvelle Vague réalisé par Pierre Clementi. Puis, à des œuvres signées sous son patronyme, dans un registre toujours empreint d’émotion, à la fois néoclassique et New Age, telles que ‘’Nocturnes Digitales’’ ou ‘’Piano For The Third Ear’’, paraitront à partir des ‘’Contes Du Singe Fou’’ (1977), six autres albums de Clearlight, dont une très digne suite de ‘’Symphony’’ en 66 minutes et six mouvements (‘’Symphony II’’ 1990) sans oublier le brillant ‘’Infinite Symphony’’ resté dans la mémoire collective des fans de prog, sous sa pochette illustrée par Paul Whitehead, et qui accueillait, entre autres, le batteur & chanteur Shaun Guerin, également poly instrumentiste & compositeur disparu en 2003, année de sortie de l’album. Cyrille Verdeaux mêlait ici des influences classiques, psyché, jazz et musiques du monde venues en particulier d’Inde (avec l’emploi du tabla et du sitar), comme il le fit déjà sur ‘’Visions » (Polydor/1990, comptant entre autres, Didier Lockwood) puis ‘’Impressionnist Symphony’’ (2014) qui réunissait à nouveau parmi les invités, une partie des musiciens présents sur le premier album (Steve Hillage, Didier Malherbe, Tim Blake, Christian Boulé). Bref, une discographie indispensable à tout amateur de rock progressif symphonique, ou plus généralement à tout mélomane sensible et éclairé.

Formation du groupe

Cyrille Verdeaux : piano à queue, orgue, mellotron, basse synthétisée (1), gong (2), compositeur & arrangeur, co-producteur Avec : - Steve Hillage : guitare électrique (1) - Tim Blake : synthétiseur VCS3 & percussions (1), co-producteur - Didier Malherbe : saxophone ténor (1) - Christian Boulé : guitare électrique (2) - Martin Isaacs : basse (2) - Gilbert Artman : batterie & percussions & vibraphone (2)

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