Titres
- Spanish Moss - A Sound Portrait: - a. Spanish Moss (4:11) - b. Savannah The Serene (5:14) - c. Storm (2:52) - d. Flash Flood (5:08)
- Pleasant Pheasant (5:21)
- Heather (8:40)
- Crosswind (3:42)
Paru en Octobre 1974 chez Atlantic, l’album ‘’Crosswinds’’ célèbre ses 50 ans !
Billy Cobham devint rapidement l’une des figures majeures du courant jazz électrique émergeant après que Miles Davis l’eût associé à deux albums mythiques, ‘’Bitches Brew’’ en 1969, et ‘’A Tribute To Jack Johnson’’, l’année suivante où il participa également à ‘’Spaces’’ (1970), tout autant essentiel, avec un autre grand pionnier du jazz-rock, le guitariste Larry Coryell, avant de fonder avec John McLaughlin le légendaire Mahavishnu Orchestra.
A l’automne 1973, sept mois après la sortie de leur second album ‘’Birds Of Fire’, puis le message du guitariste lui annonçant sans détour s’être séparé de lui, Billy Cobham inaugura sa carrière solo par un véritable coup de tonnerre avec ‘’Spectrum’’, l’une des œuvres les plus inspirantes de cette période florissante. Appuyé à la rythmique par deux autres pointures (le bassiste Ron Carter et le percussionniste Ray Barretto), il s’était entouré du claviériste Jan Hammer (lui aussi ex-membre du Mahavishnu Orchestra) et révélait, en outre, un jeune et brillant guitariste (futur membre de Deep Purple), le malheureux Tommy Bolin disparu trois ans plus tard à l’âge de 25 ans. Sur ce disque considéré toujours par nombre de ses pairs comme un véritable manifeste, ce batteur dont la dextérité n’avait d’égal qu’une puissance exceptionnelle, innovait à la fois sur le plan technique (conduite magique de ses tempos, polyrythmie…), technologique (usage avant gardiste d’effets qui auront un écho sur les courants jazz électronique & hip hop) et instrumental (utilisation notamment de deux grosses caisses) ; est-ce un hasard si l’année suivante, cet artisan de la fusion entre rock et jazz choisissait les studios Electric Ladyland de New York, pour l’enregistrement de ‘’Crosswinds’’ ? La barre était donc très haute pour ce second album où le batteur & compositeur avait réuni le guitariste John Abercrombie et les frères Brecker, trois des musiciens avec lesquels, à la fin des années 60, il avait fondé Dreams, combo méconnu de jazz-rock, et qui fut pourtant le vivier de quelques grands musiciens en herbe. Cet album inaugurait en outre, sa fructueuse collaboration avec George Duke, claviériste de Frank Zappa. Billy Cobham retrouvait par ailleurs le bassiste John Williams (les deux musiciens avaient fait leurs débuts communs en 1968 au sein du quintet d’Horace Silver).
Comme la première face couverte par les quatre parties de la suite ‘Spanish Moss (A Sound Portrait)’’, l’ensemble de ce répertoire alternait des passages atmosphériques, relaxants (‘’Savannah The Serene’ bercé par les Fender Rhodes et la trompette, ou encore la diaphane ballade ‘’Heather’’) avec des séquences jazz funk soutenues, cela va de soi, par l’énergie du batteur (‘’Flash Food’’, ‘’The Pleasant Pheasant’’) qui livrait un premier chorus sur le bien nommé ‘’Storm’’. Les sept sidemen parsemaient également l’album de solos inspirés : John Abercrombie (‘’Flash Food’’ puis magistral sur le dernier et sublime morceau ‘’Crosswind’’ teinté de blues et de RnB), George Duke (‘’Savannah The Serene’’, ‘’The Pleasant Pheasant’’, ‘’Heather’’), le percussionniste Lee Pastora (‘’The Pleasant Pheasant), le tromboniste Garrett Brown (‘’Savannah The Serene’’), sans oublier les frères Brecker, Randy (‘’Flash Food’’) et Michael dont l’attaque et le phrasé étaient tellement identifiables (‘’The Pleasant Pheasant’’ & ‘’Heather’’). Une version remasterisée de l’album Fut éditée en CD pour l’Europe en Avril 2001 (Atlantic Remasters), puis Juin 2014 dans la série ‘Fusion Best Collection 1000’.
Il serait difficile de ne pas évoquer à sa suite, ‘’Total Eclipse’’ publié au cours de cette même année 1974, enregistré dans les mêmes studios, et presque indissociable de ‘’ Crosswinds’’. Billy Cobham réunissait à nouveau John Abercrombie et les frères Brecker, autour de Glen Ferris prenant la suite du tromboniste John Williams, ainsi que le bassiste Alex Blake et le claviériste Milcho Leviev en lieux et places respectives de John Williams et George Duke. Nous retrouvions dans ce répertoire de 8 plages, deux autres pièces épiques, la surprenante suite ’Solarization’’, le captivant ‘’Sea Of Tranquility’’ où Michael Brecker livrait encore un formidable solo, et d’autres plages de jazz-rock funk, aussi jubilatoires et entrainantes, portées par le binôme Blake/Cobham (‘’Lunarputians’’, ‘’Moon Germs’’ et le frénétique ‘’Bandits’’).
Formation du groupe
Billy Cobham : batterie, percussions, arrangements, orchestration et co-producteur Avec : John Abercrombie : guitares acoustiques (1b) et électriques - John Williams : basses électriques et acoustiques - George Duke : claviers - Randy Brecker : trompette - Michael Brecker : bois - Garnett Brown : trombone - Lee Pastora : percussions latines
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