Gods

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(4.7 sur 5) / Autoproduction
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Heavy prog Rock Progressif

Chris Engels, maintenant bien connu des habitués de ProgCritique se produit en fait sous deux noms de scène différents : CEN-Projekt, plutôt orienté prog mélodique, et Chris Angels, faisant plus du côté heavy prog. En pratique, les passerelles sont évidemment nombreuses, comme par exemple l’emploi quasi systématique de textes de poètes pour les paroles, l’utilisation fréquente de la voix filtrée électroniquement, un peu robotisée, des claviers somptueux, … En tous cas un style bien à lui !

Ce n’est que quelques semaines à peine après la sortie du précédent Wonderland que notre ami allemand nous propose le présent Gods, dont on admire au premier chef la superbe pochette réalisée par le musicien lui-même à l’aide d’une IA graphique. Je cite Chris : « Cet album-concept vous immerge dans les thèmes de la foi, des vœux pieux / pensées magiques, des désirs, et offre un captivant voyage à travers différents genres musicaux, du rock symphonique au rock progressif et de ballades au heavy metal ».

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Pour démarrer l’album « The Ocean » passe en mode heavy prog après une intro à l’orgue qui joue une mélopée aux accents orientaux, avant un passage chanté très mélodique. Immensité et agitation de l’océan sont parfaitement traduites dans cette très belle pièce d’ouverture. Après une courte intro paisible, « Brahma » se déchaine et poursuit dans ce même style enlevé et très mélodique.

On parlait de ballade plus haut, c’est ici que ça se passe : « The Faith », avec une fois n’est pas coutume, un texte écrit par Chris. Si la guitare acoustique est bien présente, de temps à autre surgit un thème majestueux aux synthés (1’25, 2’45). « The Impulse », une des pièces les plus développées de l’album, s’appuie sur un très beau texte éponyme du poète américain Robert Frost, dans lequel Chris déploie toutes les facettes de son arsenal musical en alternant passages sombres et puissants avec des moments plus aériens et planants.

Le Sphinx, aujourd’hui paisiblement allongé devant les grandes pyramides de Gizeh, se souvient-il de ses voyages aériens ? « The Winged Sphinx » mis en musique virevolte jusqu’à une conclusion apaisée faisant entendre guitare acoustique et même un court passage au violon. « The Dead Host’s Welcome » se déroule sur un tempo alerte et une atmosphère légère qui rappelle le lointain « A trick Of The Tail ». « Fireflies » n’est pas une reprise de Kiss ou Nazareth, comme les riffs rageurs d’intro pourraient le laisser croire. La voix suave et caractéristique de Chris dissipe les doutes. Le titre, Lucioles, laissait présager un style musical plus léger, mais non, le heavy metal est de sortie.

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La conclusion « Gods » est une pièce assez époustouflante. Des sons déstructurés du synthé, surgit sans crier gare J.S. Bach (*) ! Quelques mesures du magnifique contrepoint du maître Allemand librement adaptées, et une transition parfaitement réussie (vers 2’15) entre baroque et rock progressif, entre tonalité mineure et majeure, et « Gods » prend le large. Un bel hommage aux Dieux Grecs, mais aussi à ceux des différentes cultures.

Gods est un album qui réjouira les amateurs de prog symphonique lorgnant volontiers vers le hard rock ou le prog metal. Fidèle à son style musical identifiable, Chris Angels me semble avoir gagné encore une dimension supplémentaire avec cet album d’une qualité mélodique et harmonique supérieure. L’utilisation fréquente du mode majeur démultiplie l’impact de la musique. Côté jeu instrumental : guitares, claviers, violon, … c’est assez impressionnant. Bref, voilà une vision des Dieux destinée à éblouir les simples auditeurs mortels que nous sommes !

(*) Suite Anglaise No. 2 en la mineur, BWV 807 I. Prelude

Formation du groupe

Chris Engels : tous les instruments

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