.Net Of Illusions

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(4.1 sur 5) / Autoproduction
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Rock Electronique Rock Progressif

Brave New Worlds se trouve être le projet musical porté le trio Fabio Armani, Andrea Fenili et Luciano Masala, dont je vous laisse deviner la nationalité. Après un premier album en 2020, un nouvel album concept, double cette fois, sort 2021, inspiré par les écrits à la fois d’auteurs de SF bien connus : Philip K. Dick, William Gibson, Roger Silverberg, Roger Zelazny, et aussi de l’historien Yuval Noah Harari. De nombreux autres musiciens s’affairent autour du trio qui permettront d’étoffer les sonorités avec notamment violons, saxs et clarinette.

Les deux premières pistes, complémentaires, initialement sorties en single, sont sous-titrées la moitié masculine / féminine du ciel d’un amour intemporel à travers différentes époques. « Across His.Side  » et son double « Across Her.Side  » donnent à écouter une musique plutôt sombre et puissante, qui se ménage toutefois quelques moments plus calmes, comme le début de la deuxième piste ou sa toute fin. Après cette entame sans concessions, voici un cours prélude « Obscure Light Prelude », au piano seul, dont l’ambiguïté tonale est le reflet de celle du titre. Une belle pièce pianistique mi-classique, mi-moderne. Peu de lumière donc pour « Darkest Lights » qui évolue dans les tonalités mineures. Il faut attendre « Sea Of Endless Worlds » pour un vrai moment de détente musicale dans le calme d’un mid-tempo, d’une mélodie tranquille et quelques beaux moments au violon et au sax. « Illusions Theme I », purement instrumental, se fend d’une intro au piano dans un style mi-classique mi-jazz avant de lancer un thème assez lyrique au sax. La conclusion du premier CD, « Sliding Reality » traduit ces réalités glissantes et mouvantes par quelques intéressants changements de rythmes et de d’instrumentations.

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Dison-le tout de suite, le côté sombre du premier CD va perdurer dans les 7 pistes suivantes. « Net Of Being » constitue une de mes pistes préférées avec son intro et ses accords répétés au piano qu’on retrouvera aussi à la toute fin, et quelques intéressantes ruptures rythmiques tout au long du développement. Je n’ai pas effectué de recherche particulière quant à savoir d’où provenaient les titres des différentes pistes dans l’œuvre des auteurs cités plus haut, mais pour « Neuromancer », c’est facile car il s’agit du titre du premier roman de l’américain William Gibson, dont les spécialistes vous diront qu’il s’agit d’une dystopie de type cyberpunk. Rien de très drôle à priori et la musique prend un côté incantatoire avec ses I’m neuromancer un peu inquiétants sur une rythmique implacable.

Le curieux « Dstry Ur Wrk » est assurément un des sommets de l’album avec son rythme lent marqué par des sons électroniques sur des intervalles de quintes qui lancent un développement purement instrumental (dont un excellent solo de guitare électrique) au service d’une musique assez planante et psychédélique. « Butterfly Effects » après un début plutôt contemplatif, gagne peu à peu en puissance et après un passage avec des sonorités d’orgue à la Kansas, s’éteint au piano et au sax. Les 3 dernières pistes ne dénouent pas vraiment les tensions accumulées, malgré un « Splinters Of Joy » un peu plus serein. « Frozen Waves » clôt les quasi 2 heures de l’album dans des sonorités à la VDGG.

Ici comme dans de nombreux albums inspirés de romans d’anticipation, les évocations sont souvent puissantes et sombres, ce qui nécessite une écoute approfondie. « .Net Of Illusions » constitue un album intéressant, parfaitement réalisé, très homogène (trop peut-être), dont l’impact serait sans doute plus fort avec plus de concision. L’instrumentation est riche et violons et vents apportent de la variété. Je ne qualifierais pas l’album de heavy prog, ni de prog symphonique, pas plus que de rock progressif italien, mais je reprendrais les propres termes du groupe : rock progressif électronique. De l’aveu du groupe, progressif ne réfère pas ici à un genre musical bien défini, mais plutôt à une attitude d’ouverture d’esprit voulue par les musiciens. Bien vu !

Formation du groupe

Fabio Armani : piano, claviers, synthétiseurs, instruments ethniques, samplers, batterie électronique, arrangements, programmation et électronique - Luciano Masala : guitares électriques et acoustiques - Andrea Fenili : chant et chœurs, guitares électriques et acoustiques (1/5, 2/3) --- Avec : Simona Capozucco : chant principal (1/2, 2/5), chœurs (1/1, 1/6, 2/6) - Peter Voronov : violon, violon électrique, alto (1/2, 1/4, 1/6, 1/7, 1/8, 2/4, 2/7) - Manuel Trabucco: clarinette, ténor & soprano sax (1/4, 1/6, 1/7, 2/4, 2/7) - Massimiliano Gentilini : basse (1/4, 1/6, 1/8) - Lenina Crowne : basse et stick - John (le Sauvage) : batterie et percussions - Simone Ceracchi : basse (2/6) - Alberto Gatti : guitares électriques

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4.2 sur 5

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