Rubycon

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(5 sur 5) / Cherry Red Records
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Atmosphérique Instrumental Rock Electronique Rock Progressif Space Rock

La parution le 28 novembre dernier du coffret anniversaire détaillé à la fin*, nous offre une belle occasion de revenir sur l’album ‘’Rubycon’’ par Tangerine Dream qui a célébré son cinquantenaire le 21 mars de cette année.

Lorsqu’on évoque le courant allemand de musique électronique planante, Tangerine Dream fait indéniablement office de chef de file, un nom inspiré à son fondateur, le compositeur et poly instrumentiste Edgar Froese par ‘’Tangerine Trees And Marmalade Sky’’ extrait des paroles de la chanson ‘’Lucy In The Sky With Diamonds’’ parue en cette année 1967 où il créa le groupe à la suite de The Ones. Ce ne fut néanmoins qu’en 1970, suite à sa rencontre à Berlin l’année précédente avec Klaus Schulze (seconde figure emblématique de cette école berlinoise encore en devenir), tous deux rejoints par Conrad Schnitzler, que Tangerine Dream allait inaugurer son long parcours discographique avec la sortie en Juin, du très expérimental ‘’Electronic Meditation’’.

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Christopher Franke, Edgar Froese & Peter Baumann

Au fil d’une première quadrilogie publiée par le label allemand Ohr, deux éléments allaient s’avérer déterminants dans la phase ascensionnelle de Tangerine Dream vers un succès public : d’une part, la formation graduelle du trio classique avec les venues de Christopher Franke en 1971 dans ‘’Alpha Centauri’’ puis Peter Baumann l’année suivante sur ‘’Zeit’’, et dans un second temps,  après la sortie du quatrième opus ‘’Atem’’ (première porte vers le succès en 1973), la rencontre d’Edgar Froese avec Richard Branson, patron d’une jeune maison de disque tout récemment propulsée par le succès de ‘’Tubular Bells’’ (Mike Oldfield). Cette seconde époque du groupe avec le label Virgin allait enfanter une suite de chefs d’œuvre, à commencer par ‘’Phaedra’’ en février 1974, plusieurs fois disque d’or. Ayant déjà depuis le précédent album, relégué au second plan les instruments rock  traditionnels (guitare, section rythmique..), les trois musiciens se focalisaient dans ces quatre pièces sur un arsenal de claviers (orgue modifié, mellotron) et surtout une instrumentation électronique pilotée par un séquenceur, et comprenant les synthétiseurs EMS (le Synthi A et le VCS3 déjà introduit dans ‘’Alpha Centuri’’) et un imposant Moog inauguré précédemment dans ‘’Zeit’’ par un invité, Florian Fricke, leader de Popol Vuh.

L’année suivante, ‘’Rubycon’’ dont il est question ici, s’inscrivait dans la parfaite continuité de ‘’Phaedra’’, mais se déclinait en deux longues suites couvrant chaque face du disque, un format devenu le modèle de référence pour l’école de Berlin. L’instrumentation précitée à laquelle Peter Baumann ajoutait pianos acoustique & électrique, se mettait ici encore au service d’une musique planante, minimaliste et répétitive, hypnotique et contemplative. A son caractère cosmique et envoûtant, ce cinquième opus ajoutait une dimension mélodique supplémentaire, à l’instar notamment de sa première partie qui, la même année, fut d’ailleurs retenue comme générique de ‘’L’avenir du futur’’, une émission du lundi soir sur la première chaine (la télévision française n’en comptait encore que trois), proposant un classique du cinéma de SF suivi d’un débat invitant quelques scientifiques émérites. Dans un entrelacs de textures et de tonalités, évoluant au fil de cette superposition de nappes de synthétiseurs, mellotron et orgue, ces 35 minutes nous embarquaient dans une nouvelle odyssée fascinante, parfois mystérieuse, et défiant le temps et l’espace.

Si à ‘’Phaedra’’ et ‘’Rubycon’’, nous ajoutons dans la même veine ‘’Ricochet’’, premier album enregistré en Live et publié en Décembre de cette même année 75 (cinquantenaire lui aussi !), puis le tout aussi excellent ‘’Stratosfear’’ l’année suivante, voilà une tétralogie (1974-1976) qui marqua sans nul doute l’apogée d’un groupe comptant en outre, l’une des discographies les plus volumineuses. En effet, toujours actif aujourd’hui autour d’un nouveau personnel, Tangerine Dream aura publié à ce jour, une bonne centaine d’albums si l’on y inclut plusieurs dizaines de B.O et soundtracks enregistrés pour la télévision et le cinéma au service, parfois, de réalisateurs de tout premier plan comme William Friedkin (‘’Sorcerer’’), Ridley Scott (‘’Legend’’), Michelangelo Antonioni (‘’Identificazione Di Una Donna’’) ou Michael Mann (‘’Thief’’, ‘’The Keep’’).

‘’Rubycon’’ vient d’être réédité dans un coffret 5 CD* comprenant sur le premier disque, le répertoire de l’album avec une introduction étendue et mixée par Steven Wilson. Pour rappel, ce dernier s’était déjà chargé entre autres, de la réédition remasterisée de ‘’’Phaedra’’ en 2018. Les 4 disques suivants réunissent des enregistrements de concerts à Londres (le 27 octobre 1974 au Rainbow puis le 2 avril 1975 au Royal Albert Hall où Michael Hoening remplaçait Peter Baumann).

Edition 2025 :

DISC ONE
‘Rubycon’ – Released as Virgin V 2025 in March 1975
1. Rubycon Part One (17:18)
2. Rubycon Part Two (17:41)
3. Rubycon (extended introduction) (mixed by Steven Wilson) (15:04)

DISC TWO
‘Live at the Rainbow, London – 27th October 1974’
1. Introduction by John Peel (2:36)
2. The Rainbow Concert Part One (36:49)
3. The Rainbow Concert Part Two (29:23)

DISC THREE
‘Live at the Rainbow, London – 27th October 1974’
1. The Rainbow Concert Part Three (37:56)
2. Rainbow Concert Encore (12:27)

DISC FOUR
‘The Royal Albert Hall, London 2nd April 1975’
1. The Royal Albert Hall Concert ? Part One (1:10:29)

DISC FIVE
‘The Royal Albert Hall, London 2nd April 1975’
1. The Royal Albert Hall Concert ? Part Two (40:14)
2. The Royal Albert Hall Concert – Encore (13:47)

Formation du groupe

Edgar Froese : synthétiseurs EMS synthi A & VCS3, mellotron, orgue, guitare, gong - Christopher Franke : synthétiseurs EMS synthi A & Moog, orgue, gong - Peter Baumann : synthétiseurs EMS synthi A & ARP 2600, piano, Fender Rhodes

🌍 Visiter le site de Tangerine Dream →

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