Émile Jacotey

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(3.8 sur 5) / Philipps
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Rock Progressif

J’ai eu par le passé, le plaisir de voir (plusieurs fois) en concerts « Ange » groupe mythique Français du rock progressif encore en activité d’ailleurs, et toutes personnes ayant vécu cette expérience comprendrons et validerons le fait que de vivre cette réalité vous amène à ne plus écoutez ce groupe de la même manière tant l’aspect théâtral du groupe souligne les textes et la musique ou tout simplement leur univers.

Et puis quand on est jeune, le fait d’écouter Ange c’est une forme de rébellion intellectuelle qui nous différencie des autres qui écoutent les « trucs » de la radio, souvent éphémères. Et oui que voulez vous j’ai eu les cheveux longs (très long même) et j’avais des clarks, été comme hivers… Je vous laisse imaginer le tableau… Mais je m’égare et je reviens à l’objet du jour. Me voici donc devant le cruel dilemme de choisir pour notre Chronique rétro un album de « Ange ». Mon hésitation portait  sur « Au-delà du délire », « Emile Jacotey » et le gigantesque « Par les Fils de Mandrin ».

Finalement mon choix c’est porté sur l’image de notre petit vieux éternel en la personne de M. Emile Jacotey. L’humain est au centre de l’album avec ses valeurs, les traditions régionales et, bien sûr, les contes et légendes qui sont véhiculés avec.

La sensibilité naissante de mon jeune âge et sans doute mon éducation, me faisait éprouver un profond respect et de l’admiration. La « face A » nous lance « Bêle, Bêle, Petite Chèvre » dans le style bien typique du groupe qui sous la forme d’une ritournelle présente une chanson bien équivoque et le final est l’occasion de découvrir la voix d’Emile. Restons dans la poésie des légendes et découvrons « Sur La Trace Des Fées » avec cette douce introduction guitare et les balbutiements des premiers synthés. Le morceau dégage une force tranquille digne des grands titres de Ange. Le théâtral « Nain de Stanislas » apporte cette  belle énergie avec la voix doublée et volontairement légèrement décalée. Oui, Monsieur Stanislas nous emporte sur un final progressif magique. Magique comme cette jolie ballade « Jour après Jour » une belle histoire remplie de métaphores tout aussi cruelles que poétiques.

Et puis vient Ode à Emile c’est la puissance de l’hommage et la force des paroles sur une mélodie limpide. Vous qui lisez ces lignes vous connaissez bien sur, et il me semble puéril de rajouter quoique ce soit puisque tellement de belles choses ont été écrits sur ce titre. Par contre si par le plus grand des hasards vous ne connaissez pas, écoutez de suite séance tenante. Fermez les yeux et rentrez au plus profond de la chanson pour ressentir toute la beauté de l’œuvre. Cette « Face A » est juste délicieuse avec la voix d’Émile servant de transition entre chaque titre.

La « Face B » n’est pas du même tonneau. Il est vrai que la pression des maisons de disque forçait souvent à bâcler pour sortir coûte que coûte une galette. « Ego Et Deus »  morceau énergique en soi avec un chant, comme à son habitude, habité et musicalement réussi est moins en phase avec l’autre face du vinyle. Le constat est identique avec « J’Irai Dormir Plus Loin Que Ton Sommeil ». Ce n’est pas le cas de la sulfureuse « Aurealia » qui trône avec fierté sur le croustillant. Ni non plus sur « Les noces » qui sonne typiquement comme les compositions que l’on retrouvent sur le Cimetière des Arlequins. Et puis ce titre pour l’avoir vu sur scènes à une saveur particulière pour moi. Nous terminons notre petite ballade musicale avec « le Marchand de planètes » qui est, avec le recul, un marqueur de la transition qui annonce le futur musical du groupe. Des sonorités et une écriture plus moderne, que l’on retrouvera bien plus tard sur les futurs opus du groupe. L’album fut le plus récompensé, la chanson « Ode à Emile » reste encore de nos jours un des Must de leur riche carrière. Pour votre info, il y a d’ailleurs un Emile Jacotey résurrection qui est lancé en 2015 pour une jolie revisite fort bien travaillée.

Pour finir, même si bien des valeurs ont tendance à se gommer dans notre siècle actuel, je préfère laisser le mot de la fin à cette phrase émouvante d’un homme amoureux et fier de son terroir. « Et puis ma fois…maintenant, à st’age ci…Qu’est ce qu’vous voulez…On s’ repôse »

Formation du groupe

Christian Decamps : chant, claviers, percussions sur "Jour après jour" - Francis Decamps : orgue, synthétiseur, piano, chœurs, cor de chasse sur "Les noces" - Jean-Michel Brézovar : guitares, basse sur "Jour après jour", mandoline sur "Les noces" - Daniel Haas : basse, guitare acoustique sur "Jour après jour" - Guénolé Biger : batterie, percussions, guitare électrique sur "Jour après jour", marimba sur "Bêle, bêle petite chèvre", vibraphone sur "Ode à Émile"

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