Drama

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(4.7 sur 5) / Atlantic
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Rock Progressif

Après l’excellent « Going For The One » de 1977, le mièvre «  Tormato » de 1978, « Drama » débarque en 1980 avec une superbe pochette signée Roger Dean, renouant avec le style graphique inimitable des albums du passé. Tiens donc se dit-on, après la relative déception engendrée par un « Tormato » en dessous de ce que YES propose habituellement. Et puis deuxième grosse pour ne pas dire énorme surprise …ais-je bien lu ? Plus de Jon Anderson ? Rick Wakeman aux abonnés absents ? Trevor Horn à la voix et Geoff Downes  aux claviers … Ces deux-là ne sont-ils point les fameux Buggles dont on entend depuis quelques mois le tube planétaire « Video Killed The Radio Star » ?

Beaucoup de questions à ce stade … YES sans Jon est-il toujours YES ? L’esprit symphonique et le style YES inimitable sera-t-il au rendez-vous ou allons-nous entendre quelque chose de foncièrement différent ? Plutôt que de se prendre la tête avec ce qui pourrait manquer, regardons et écoutons que ce nous avons !

On démarre sur le chapeaux de roue avec « Machine Messiah », plus musclé que le YES habituel, où la basse de Chris Squire fait merveille (je ne suis pas bassiste mais je me dis que voilà une partie de basse bien virtuose). Dans la partie de claviers, Downes nous fait un petit clin d’œil à Charles-Marie Widor, l’éternel organiste virtuose de St Sulpice (Paris), en nous gratifiant de la première mesure de sa célèbre toccata en fa, pièce terminale de sa 5eme symphonie pour orgue (3’15). On brode une trentaine de secondes autour de ce thème. Bien trouvé ! Musique musclée avec de beaux passages acoustiques et aériens. Entrée en matière vraiment réussie.

Le très beau et tendre « Man In A White Car » est TROP court à mon goût … mais constitue une bonne intro à l’irrésistible « Does It Really Happen ? », style Asia. Encore du gros boulot pour Chris Squire à la basse.

« Into The Lens » qui démarre la deuxième face du vinyl original est avant tout un morceau des Buggles et qui sera publié dans leur second album de 1981 sous le titre « I Am A Camera ». La version YES est un plus développée mais intègre in extenso la version Buggles. Je sais que ce morceau et en particulier la litanie un peu répétitive I am a camera en a énervé plus d’un … Toutefois le passage lent et romantique vers 3’ vaut le détour. Les avis sont très partagés sur ce morceau mais j’avoue l’écouter et le réécouter avec un certain plaisir. On est sans doute plus proche de Supertramp que de YES (ce qui n’a rien de péjoratif).

« Run Through The Light » nous fait entendre la basse fretless de Trevor Horn ( !), Chris Squire aux claviers ( !) et de belles sonorités des guitares de Steve Howe. Sans oublier la voix de Trevor Horn, ici assez proche de celle de Jon Anderson.

« Tempus Fugit » nous livre une conclusion plutôt enthousiasmante et endiablée. Le temps file vite avec ce rock comme on les aime ! … And the feeling you give me makes me want to be with you .. Simple et sacrément efficace. YES !

Si cet album a beaucoup défrayé la chronique à l’époque, entre les sceptiques, les inconditionnels, les tenants du « bel album, mais ça devrait plus s’appeler YES » … force est de constater que ça ne ressemble quand même à rien d’autre que du YES. Les piliers sont là, Steve Howe et Alan White, et que dire de l’inamovible gardien du temple, Chris Squire, hélas disparu en 2015 ? Geoff Downes est tout à fait excellent aux claviers, et Trevor Horn, si son timbre de voix n’est pas celui de Jon Anderson, a parfaitement adopté le style vocal qui convient. Peut-être le dernier grand album progressif de YES. D’ailleurs, Il y a un test qui ne trompe pas … «Drama » avec ses prédécesseurs, fait partie des albums que je réécoute de temps à autre depuis plus de 40 ans, avec un plaisir toujours intact. Eh oui, tempus fugit, mais la musique du 10eme album studio de YES est toujours aussi enthousiasmante !

Formation du groupe

Trevor Horn : chant, chœurs - Steve Howe : guitares - Chris Squire : basse, chœurs - Geoff Downes : claviers, vocoder - Alan White : batterie

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3.6 sur 5

Commentaires

  1. Bien vu les « chroniques rétros » on se replonge avec plaisir dans cette époque qui marque quand même la fin du prog « traditionnel ».

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