Always Be There

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(4.4 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Originaire du Golden State, Vast Conduit est un sextette regroupant des musiciens de diverses provenances : Bill Jenkins (Enchant, Thought Chamber) aux claviers, Michael Harris (Vitalij Kuprij, Darkology, Thought Chamber) à la guitare, Jeff Plant (Thought Chamber) à la basse. Vous y ajoutez un chanteur, Friel, un batteur, Will Jenkins, et un violoniste, Jim Hurley, et ma foi, vous avez de quoi faire de la musique ! Les groupes d’appartenance de nos protagonistes font plutôt dans le prog metal, mais ça n’est pas de ce style dont se réclame Vast Conduit, mais d’un genre dénommé smooth prog. De l’aveu même du groupe Always Be There prend son inspiration dans ce que nous pouvons faire pour construire et chérir toutes les relations parent/enfant, quelles que soient les circonstances, bonnes ou mauvaises, mais où à chaque moment nous devons nous soutenir et améliorer la vie de chacun.

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A l’écoute de l’album on peut sans trop se tromper qualifier la musique de fusion progressive, quelque part sur la ligne de crête entre le jazz-rock et le rock progressif. Le qualificatif smooth dévoilé plus haut ne semble donc pas ici signifier une quelconque limitation de la dynamique sonore ou un AOR sucré et sans aspérités. On s’en aperçoit très vite à l’écoute de « Barrier » dont on appréciera l’intro avec un clavier léger et volubile qui s’appuie sur des basses très graves, suivi d’un développement fait d’un jazz-rock vocal avec une rythmique parfaitement syncopée. Plus loin un duo violon-piano, puis un autre voix masculine-voix enfantine viennent compléter une première piste musicalement riche et d’un enthousiasme communicatif.

« Soul Tuck », entièrement instrumental, un poil plus sombre et plus hard rock, fait la part belle aux envolées de la guitare avec son thème récurrent particulièrement véloce aux consonnances vaguement moyen-orientales. Ces deux premières pistes me semblent parfaitement décrire l’univers musical de Vast Conduit. Cela ne nous dispense en rien d’écouter la suite ! La piste titre reprend les rythmes syncopés, les envolées de piano, les riffs véloces de guitare et un chant très volontaire et les incessants changements d’accentuation qui donnent tout son sel à la musique.

« Endless Day » est une belle pièce progressive particulièrement réussie sur le plan mélodique, et avec un passage central où une fois de plus la guitare nous régale d’un solo très expressif. Retour au jazz-rock électrique et instrumental sur « Too Busy », peut-être le meilleur instrumental de l’album, avec un solo de basse assez inhabituel, sans parler des questions réponses que se renvoient constamment piano et guitare. Ce jazz instrumental, on le retrouve un peu plus loin dans « Philly Etymology » et cette fois c’est la trompette qui vient nous régaler d’un thème assez virtuose et de variations mélodiques que je trouve parfaites ! Encore plus loin, un nouvel instrumental très jazz-rock, « Of A Feather » met cette fois en valeur le violon. Une autre belle réussite mais moins intense que les deux précités (encore que …)

Retour sur les pistes avec chant, dont « Odessa », titre évocateur qu’on aura évidemment du mal à dissocier de l’actualité tragique en Ukraine. Musicalement voilà un autre temps très fort de l’album, tout en charme et délicatesse sonore. Deux autres pistes avec chant, « 500 Miles » et « Early Eclipse », témoignent un peu plus de ce savant mélange entre prog rock et jazz rock. La toute fin, « Wesley Save Us » nous ramène sans complexe vers le hard rock des 70’.

Always Be There se révèle un excellent album de fusion entre les genres déjà largement évoqués plus haut. Un peu le même type de mélange que je découvrais il y a quelques jours avec les italiens de Mad Fellaz. L’équilibre est excellent entre mélodies agréables à l’oreille et développements musicaux complexes et assez virtuoses. Je ne suis pas sûr d’avoir compris ce que le groupe avait en tête avec ce smooth prog, mais je suis certain de tenir là un album de premier choix !

Formation du groupe

Bill Jenkins : claviers - Will Jenkins : batterie - Michael Harris : guitare - Jeff Plant : basse - Friel : chant - Jim Hurley : violon

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