Kudzu

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(4.2 sur 5) / Autoproduction
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Jazz-Rock Rock Progressif

Dès son premier album paru en 2016, Unaka Prong s’est forgé un style assez unique : pistes plutôt concises, musique sophistiquée avec une touche d’excentricité, un savant mélange de jazz-rock, jazz-funk, rock psychédélique, pop-rock. Bref, une musique riche qui lorgne volontiers du côté de Steely Dan tant par l’esprit que par la forme. Le quintette de Caroline du Nord tire son étrange nom d’une chaîne de montagne à la frontière du Tennessee et de la Caroline, appartenant aux Appalaches.

La piste titre est une brève intro avec voix parlée, portée par de délicates arpèges et de somptueuses harmonies. Une belle mise en bouche ! Que dire du débridé « On My Own » qui suit ? Une mélodie à la Beatles, une excellente rythmique, un enthousiasme de tous les instants. La musique se fait plus sage et contemplative, avec un « Birdsongs » qui m’évoque la nonchalance d’un Donald Fagen. La fin se fait plus grinçante, notamment à la guitare. Sur la page Bandcamp de l’album, on trouve la mention suivante concernant cette piste : Birdsongs ranging from Blue Jay to Pterodactyl … Ceci explique cela !

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« Sam The Inventor », plus développé, possède à nouveau l’étrangeté des tous premiers Steely Dan. Le dénommé Sam doit être un inventeur un peu spécial … Les « Lake Jam » sont des titres récurrents présents dans les 4 albums du groupe, en général instrumentaux, et explorant différentes facettes du jazz-rock. Le numéro 6 est particulièrement bondissant et un peu plus loin le numéro 8 me remet dans les oreilles les superbes sonorités organistiques d’un Joe Sample. Entre les deux, « Fishing Report » reprend le style voix parlée avec discours musical instrumental accompagnant. Bien mais pas ma piste préférée.

« Suspend Your Disbelief » est plus rock conventionnel, avec quelques réminiscences country. Moins original que le reste, mais néanmoins parfaitement réalisé. Avec ses 7’ « Phenobarbitol » nous gratifie d’un mid-tempo sur fond d’harmonies smooth jazz avant d’aborder dans un étrange collage une deuxième moitié franchement country, et qui à la toute fin laisse place aux sonorités smooth jazz puis au thème d’intro à la guitare. « Such A Blur », est un blues rock d’excellente facture, tandis que « B.C Budz » est tout aussi réussi, mais dans le genre jazz-rock instrumental. Quant à la courte et grinçante conclusion, « Shifty », je ne sais pas trop à quoi rattacher la musique … peut-être du punk rock.

Pour leur quatrième galette, les américains d’Unaka Prong persistent avec bonheur dans un rock progressif éclectique/cross-over d’une grande originalité, avec ce côté excentrique, expérimental parfois, qui cache une musique bien écrite, parfaitement exécutée et d’une grande richesse harmonique. Comme je le dis parfois dans ces chroniques, voilà une excellente occasion d’écouter autre chose !

Formation du groupe

John Hargett : Batterie, chant - Daniel Stevenson : Guitare, chant - Mike Welsh : guitare - Jonathon Sale : basse - Chris Pope : Claviers

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