Aphelion

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(5 sur 5) / Inside Out Music
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Métal Progressif Rock Progressif

Leprous fait parti de cette génération de groupes extrêmes (Katatonia, Anathema, Opeth….) qui, au fil des albums ne cesse de se construire une identité propre en abandonnant partiellement ou totalement leurs aspects les plus violents, au risque de perdre une partie de leurs fans, pour laisser place à une musique dans laquelle les musiciens n’hésitent pas à laisser filtrer une sensibilité à fleur de peau sans pour autant perdre ce qui fait leur particularité.

En ce qui concerne Leprous, c’est pour moi avec Pitfall sorti il y a moins de deux ans que le groupe a atteint l’apogée de son évolution. Comment les musiciens allaient-ils parvenir à offrir un successeur digne de ce nom à un album parfait ?

L’occasion nous est donnée de le découvrir avec Aphelion, le nouvel album des norvégiens.

Prévu à l’origine pour sortir sous forme d’un EP six titres, c’est finalement un album entier contenant dix titres que le groupe nous propose, ayant eu tout le temps nécessaire pour composer, inactivité due au virus de la Covid oblige.

Alors que le processus de création de Pitfall avait été un challenge selon Einar Solberg qui luttait alors contre un état dépressif sévère couplé avec les prémices de la pandémie, celui d’Aphelion semble avoir été plus libre, sans aucunes pressions de quelque sorte, ce qui a permis au groupe d’être plus spontané, ce qui se ressent sur l’atmosphère de l’album qui sonne plus direct et (un peu) plus positif que son prédécesseur.  

Si Aphelion s’inscrit dans la continuité de Pitfall (deux titres qui le compose sont issus des sessions de celui-ci), il donne toutefois le sentiment d’être plus hétéroclite, probablement en raison des circonstances de création des différentes chansons. En effet, alors que certaines ont été enregistrées à distance, d’autres l’ont été avec le groupe au grand complet dans pas moins de trois différents studios. Certains titres sont nés de bœufs improvisés entre les musiciens et le dernier titre « Nighttime Disguise » a même été « coécrit » par les fans lors d’un live stream en studio pendant lequel ceux-ci, ravis de l’opportunité qui leur était proposée de pouvoir donner leur avis se sont amusé à imposer diverses contraintes au groupe. En résulte le morceau le plus progressif de ce disque, alternant le calme, le furieux et les nombreux changements de rythmes et d’ambiances laissant même place au growl qui fait son grand retour sur les derniers instants des sept minutes de ce morceau captivant, impeccablement interprété par des musiciens au sommet de leur art.

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Les guitares très présentes sur « Nighttime Disguise » font d’ailleurs un retour remarqué sur plusieurs titres après avoir été plus ou moins reléguées au second plan sur Pitfall. Elles se glissent un peu partout, à plus ou moins forte dose comme le solo de « The Shadow Side », sous forme de tapping sur « Hold On », de feeling bluesy sur « All The Moment » ou encore de rythmique syncopée et groovy sur l’énergique « The Silent Revelation ».

D’autres morceaux présentent plutôt la facette électro de Leprous avec des claviers très présents tel « Silhouette » (issu des sessions de Pitfall), « Have You Ever » ou « Out Of Here » sur lequel les claviers se partagent la vedette avec la guitare.

L’émotion pure n’est pas laissée en reste avec le magnifique « On Hold » (issus des sessions Pitfall) ou le sublimissime « Castaway Angels » qui atteint des sommets de sensibilité grâce à une guitare acoustique et la voix d’Einar qui semble prête à « craquer » à tout instant.

Aphelion est un disque sur lequel chaque chanson bénéficie d’arrangements d’une rare qualité, de refrains imparables agrémenté d’une section de cuivres omniprésente bien que souvent assez discrète et de cordes (violon, violoncelle) qui donne un coté symphonique à l’ensemble qui semble (peut-être) indiquer la direction dans laquelle le groupe souhaite se diriger à l’avenir.

Si les musiciens s’en donnent à cœur joie sur des titres bien plus techniques qu’ils n’y paraissent, c’est bien sur la voix d’Einar qui se taille la part du lion. Voix de tête, voix de basse, susurrements, growl…. Il démontre toute l’entendue de sa palette vocale qui semble infinie et de son incroyable talent de chanteur, probablement un des meilleurs, à l’heure actuelle, tous styles confondus.

Vous l’aurez compris, cet album est un chef d’œuvre au même titre que son prédécesseur et ce serait une erreur de passer à côté. Vous aurez été prévenus !

Formation du groupe

Einar Solberg : Chant, Claviers - Tor Oddmund Suhrke : Guitares - Robin Ognedal : Guitares - Simen Daniel Lindstad Børven : Basse - Baard Kolstad : Batterie - Musiciens invités: Raphael Weinroth-Browne : Violoncelle - Chris Baum ; Violon - Blåsemafian : Section de cuivres

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