Titres
- Astronomy Domine (4:12)
- Lucifer Sam (3:07)
- Matilda Mother (3:08)
- Flaming (2:46)
- Pow R. Toc H. (4:26)
- Take Up Thy Stethoscope and Walk (3:05)
- Interstellar Overdrive (9:41
- The Gnome (2:13)
- Chapter 24 (3:42)
- Scarecrow (2:11)
- Bike (3:21)
Le 5 Août 1967 paraissait chez Columbia (Capitol en outre-Atlantique) l’album ‘’The Piper At The Gates Of Dawn’’.
La vague psychédélique qui submergea l’année 1967, galvanisée notamment par la Beatlemania, connut un bouillonnement créatif sans précédent, inspirant des formations telles que Cream (‘’Disraeli Gears’’), The Who (‘’Sell Out’’) ou encore, de l’autre côté de l’Atlantique, par exemple, Jefferson Airplane avec deux albums la même année (‘’Surrealistic Pillow’’ et ‘’After Bathing At Baxter’s’’). Quant à Pink Floyd formé l’année précédente, tout a évidemment déjà été plus que dit et redit sur ces quatre anciens étudiants de Cambridge qui s’étaient déjà fait connaitre avec les singles ‘’Arnold Layne’’ (mars 1967) et ‘’See Emily Play’’ (juin1967) tous deux entrés dans les charts anglais. Ces deux titres témoignant déjà des talents d’écriture de Syd Barrett, étaient curieusement absents, à l’exception de « See Emily Play’’ dans la seule version américaine, de ce premier album qui pour autant, allait vite devenir la pierre angulaire du psychédélisme anglais.
Sous l’égide de Norman Smith (ingénieur du son des premiers albums des Fab Four), ‘’The Piper At The Gates Of Dawn’’ fut enregistré dans les célèbres studios d’Abbey Road au milieu du premier semestre 1967, sur les mêmes lieux, en même temps que la dernière partie de ‘’Sgt Pepper’s’’ et utilisant le même procédé de bande analogique à 4 pistes inhérent à cette période. Le producteur se souvenait notamment pendant le mixage, de l’étonnant contraste entre le désintérêt et l’indolence de Syd Barrett et l’attention minutieuse portée par un Roger Waters avide d’apprendre les techniques d’enregistrement et de sonorisation, signe avant-coureur, peut-être, des évènements qui allaient suivre. Il n’en reste pas moins que ce premier album brille indéniablement par le charisme de son chanteur, guitariste, et auteur compositeur de l’ensemble du répertoire, si l’on fait abstraction de l’apport de Roger Waters pour le sixième morceau ‘’Take Up Thy Stethoscope And Walk’’. A la mesure de sa truculence mêlée de puérilité et de candeur, Syd Barrett avait imaginé des personnages sortis de l’univers Fantasy comme le délicieux ‘’The Gnome’’ sorti d’un livre de Tolkien, mais surtout la littérature enfantine et le livre de Kenneth Grahame ‘’The Wind In The Willows’’ et son bestiaire fantastique, dont ‘’The Piper At The Gates Of Dawn’’ tirait d’ailleurs son nom de l’un des chapitres.
Ces histoires tour à tour touchantes et macabres étaient merveilleusement portées, en bon héritage des Beatles, par de courts et mélodiques morceaux comme ‘’Lucifer Sam’’, ‘’Matilda Mother’’,‘’ Flaming’’, ‘’Scarecrow’’ et ‘’Bike’’. Les voix et bruits étranges parsemant le répertoire, ainsi que certains effets produits entre autres par l’utilisation d’un Binson Echorec augmentaient la dimension psychédélique de ces climats sonores. Mais soulignons surtout la cohésion et la dynamique de ces quatre musiciens qui enluminaient littéralement les deux pièces majeures ouvrant respectivement les deux faces de l’album. ‘’Astronomy Domine’’ dans sa dimension cosmique préfigurant déjà l’évolution future de Pink Floyd, allait être repris deux ans plus tard dans la partie live de l’album ‘’Ummagumma’’. Ici, les chants de Syd Barrett et Rick Wright, ainsi qu’un solo de guitare électrique aux accents bluesy étaient puissamment portés par l’incandescente section rythmique Roger Waters/Nick Mason. Quant à ‘’Interstellar Overdrive’’, merveille d’expérimentation et avant-garde, ce jam d’improvisation instrumentale de près de dix minutes (et près de trois fois plus lors des concerts de l’époque), allait booster encore l’avènement du groupe, dans la mesure où Joe Boyd (producteur du premier single ‘’Arnold Layne’’) retint ce morceau dans une version qui allait le sublimer, pour le film de Peter Whitehead ‘’Tonite Let’s Make Love In London’’. Dans cet album aussi kaléidoscopique que sa pochette, il faut enfin souligner la riche contribution de Rick Wright dans une diversité de textures, passant ici de claviers en apesanteur, aux sons feutrés d’un piano jazz dans ‘’Pow R. Toc H.’’ ou encore par ces notes d’orgue Farfisa dont les contrepoints sur ‘’Chapter 24’’ et ‘’Scarecrow’’ ne manquèrent pas de capter l’attention de Norman Smith.
Nul n’ignore les évènements qui malheureusement suivirent la sortie de l’album, à savoir le comportement de plus en plus erratique et les frasques d’un Syd Barrett sous LSD et autres drogues lors de ses apparitions dans les émissions promotionnelles comme Top Of The Pops de la BBC, puis une tournée américaine brusquement interrompue. Même s’il apparut encore sur trois titres du second album ‘’A Saucerful Of Secrets’’, ce fut Roger Waters qui à partir de 1968, prit les commandes, mettant fin à une ère Barrett bien éphémère, mais tout aussi clivante parmi un public dont un bon nombre voueront à jamais un indéfectible culte au premier leader de Pink Floyd. Le groupe lui rendra hommage sept ans plus tard dans l’album ‘’Wish You Were Here’’.
‘’The Piper At The Gates Of Dawn’’ fut remasterisé en 2007 chez EMI dans une version triple CD comprenant l’album original (mono), en version stéréo et sur le troisième cd, neuf plages bonus dont cinq titres des premiers 45 tours (‘’See Emily Play’’, ‘’Arnold Layne’’, ‘’Candy And A Currant Bun’’ (face B), ‘’Apples And Oranges’’ et ‘’Paintbox’’(face B)) et quatre versions alternatives.
Formation du groupe
Syd Barrett : guitare, chant principal (1,4-8), voix (2) - Richard Wright : Farfisa Compact Duo orgue, piano, célesta, chant principal (5) - Roger Waters : basse, chant principal (3), voix (2) - Nick Mason : batterie, percussions
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