A Song Of Spring

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(4.8 sur 5) / White Knight Records
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Rock Progressif

Après un The Whispering Of The World sorti à la toute fin 2020, voici le Pete Jones nouveau ! Si l’album précédent, en tous points remarquables, était plus intimiste, plus personnel et chargé d’émotion que les productions habituelles du projet Tiger Moth Tales, ‘A Song Of Spring‘ s’épanouit à nouveau dans les grandes structures du prog symphonique anglais et fait un écho printanier au The Depths Of Winter de 2017. Comme à son habitude et comme son immense talent le lui permet, Pete Jones nous régale d’une multitude d’instruments propres à donner vie à cette musique orchestrale. Il se fait à l’occasion accompagner de quelques amis et on ne se sera pas surpris d’y retrouver les excellents John Holden et Andy Latimer !

Le printemps sera joyeux et festif ou ne sera pas ! Ce que démontre admirablement un « Spring Fever » dont on reconnaîtra sans peine une adaptation d’un des thèmes ultra célèbres de l’allegro introductif du Concerto no1 en mi majeur, op. 8, RV 269, « La primavera », ou plus simplement sous le Printemps de Vivaldi. La fièvre musicale s’interrompra un instant pour laisser place un moment plus en douceur et superbement harmonisé, l’occasion d’entendre les vocaux superbes de Pete Jones. La fièvre reprend, percussive et saxophonesque (on me pardonnera – ou pas – ce néologisme) à souhait. Voilà pour ce premier rayon de soleil musical.

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Plus nostalgique, « Forrester » alterne douce poésie pastorale et passages plus âpres, notamment lors d’un solo de guitare très hackettien. On est ici plongé dans le monde de la fantasy et Pete Jones se révèle un excellent conteur !

Avec « Dance ‘Til Death », nous sommes plus proches de Stravinsky et de son Sacre du printemps  que du Vivaldi déjà cité. Style hypnotique, lourd mais sans agressivité, la voix prend un timbre plus tragique, moins habituel chez Pete Jones. La courte digression au sax en milieu de piste est superbe ! La fin, instrumentale, oscille entre heavy prog et jazz rock.

« Holi », avec la contribution de John Holden, nous emmène aux Indes pendant l’équinoxe du printemps. La fête des couleurs est ici symbolisée par un morceau court mais intense. Magnifique évocation d’une tradition multiséculaire.

Pete Jones n’est jamais autant émouvant que lorsqu’il chante en s’accompagnant au piano. « The Goddess and the Green Man » ne fait pas dans l’exotisme luxuriant de la piste précédente, sa réussite tient à sa simplicité et à sa concision, et au supplément d’âme qu’y ajoute Pete lorsqu’il chante.

Les mœurs printanières et primesautières du Lepus europaeus, à l’origine d’une expression anglaise bien connue outre-Manche, Mad as a March hare, font ici l’objet de cette petite farce musicale, haute en couleur, dont le caractère bondissant rappelle « A Trick Of The Tail », et sans doute le Lièvre de Mars de Lewis Caroll.

Nous abordons maintenant l’Ile de Pâques ou « Rapa Nui » sur un mode tumultueux, limite agressif avec ses riffs et sa puissante batterie qui soutiennent le chant conquérant de Pete. Petit clin d’œil à Vivaldi à 3’18 qui fait entendre à nouveau le thème du Printemps mais en mode mineur, ce qui lui donne un petit côté … moyen-oriental ! La transition est toute trouvée pour lancer une musique symphonico-romantique assez grandiose et orchestrale, sans doute inspirée par les statues Moaï géantes et néanmoins basaltiques.

Après cette épopée de l’autre côté du monde, retour aux délicates mélodies et harmonies dont Pete Jones à le secret. « Light » est de ces morceaux qui quand, vous les entendez, vous transmettent leur force intérieure et vous pousse irrésistiblement à l’optimisme. C’est à son compère de Camel, Andy Latimer, que revient le dernier solo de guitare, joué de manière très expressive, un peu à la manière d’un violon.

Alors que j’écoutais cette dernière piste au casque sur mon baladeur numérique et que je griffonnais quelques notes, après une assez long silence la musique reprend sur un jazz-rock comme je les aime ! Je suppose alors que la magie des playlists fait que mon baladeur est tout simplement passé en mode Bob James ou Spyro Gyra … au détail près que je n’ai strictement jamais entendu ce morceau … Quid ? Un petit coup d’œil à l’écran me fait vite comprendre que je suis toujours bien positionné sur l’album A Song Of Spring. Un petit cadeau caché dont le lirai plus tard et ailleurs qu’il s’intitule « May Time », pas du tout dans le ton du reste de l’album, mais superbement joué !

Avec cette nouvelle sortie de Tiger Moth Tales, Pete Jones combine le meilleur du prog symphonique ambitieux et de la balade plus intimiste, en un festival instrumental et vocal vraiment impressionnant. Il est de ces musiciens qui savent transmettre aussi bien la grandeur que les émotions simples et sincères, en évitant tout à la fois le pompiérisme musical et l’excès de sentiments. Le dosage est parfait et permet à l’auditeur de s’approprier très facilement une musique foncièrement lumineuse. Je ne sais ce que nous réservera l’été, mais le printemps se savoure déjà pleinement !

Formation du groupe

Pete Jones : chantx, claviers, saxophone, guitares, batterie, percussions, flûtes à bec et whistles John Holden : claviers et programmation sur Holi, et pad sur Dance Till Death. Invité spécial Andy Latimer - guitare électrique sur Light Mastering par John Holden Graphisme de John Holden

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