La musique est de Martin Springett, Kavin Laliberté et Norm Macpherson, les paroles de Steve Bennett – la recette du succès du Gardening Club est désormais bien connue ! Tant que nous y sommes, ajoutons-y la voix magique de Danie Friesen, le batteur / percussionniste Rosendo Leon Arocha alias Chendy, la basse de Drew Birston et vous avez l’équipe qui va animer le nouveau spectacle musical imaginé et même rêvé par Martin Springett. Par rapport au précédent album de 2024, Another Country, The Insubstantial Pageant fait dans la continuité en ce qui concerne le line-up. Ce nouvel opus s’appuie sur une histoire que l’on peut ainsi résumer : L’intrigue principale tourne autour d’une jeune femme dont le père a quitté le foyer familial lorsqu’elle était enfant, avant de disparaître. La rumeur selon laquelle il était un espion s’est répandue au fil des ans. Notre héroïne, dont on ignore le nom, entreprend un voyage autour du monde, suivant divers indices à travers de nombreux pays et apercevant furtivement cette figure énigmatique et fantomatique.
Voilà qui explique de nombreux titres de l’album. Voyages, dépaysement et exotisme garantis !
L’album débute par un bref poème musical, « Ariel’s Song » mettant en scène la soprano, discrètement accompagnée par la guitare de Martin Springett. Le spectacle à proprement parler démarre avec le morceau-titre, archétypal du style musical du Gardening Club, tant au niveau des progressions harmoniques que des tournures vocales de Martin. Tout y est reconnaissable dès les toutes premières notes. Les transitions harmoniques entre tonalité mineure et majeure sont simplement parfaites.

« The Grey Men » et « Geneva ‘46 » sont deux ballades interprétées par le duo Springett / Laliberté, l’une lente et mélancolique, l’autre plus rythmée et syncopée. « Diary Of A Grey Man » ajoute la voix de soprano au chant tout en délicatesse de Martin Springett, pour un superbe duo lyrique qui survole la basse très expressive de Drew Birston. La suite du voyage c’est d’abord le sémillant « Valparaiso ’56 » à l’ambiance latine et dansante, puis « Chicago (South Side Story) » en blues rock d’abord, rock puissant et rapide pour le reste. « The Insubstantial Pageant (Reprise) » clôt cette première partie de l’album en nous offrant en guise de transition un nouveau couplet du morceau-titre, sur un mode plus enjoué et qui culmine dans les hauteurs.
Le voyage se poursuit avec un regain d’exotisme musical avec « Looking For Lorca » et son fort penchant pour le flamenco, très présent dans la musique du Gardening Club. « A Sea Of Emptiness (Cuban Sunset) », court et également très dansant, nous vaut un superbe moment à la guitare acoustique. Nous voici parvenus à « Marrakech », le point d’orgue de l’album, qui réunit l’ensemble des musiciens. Une ambiance sombre, empreinte de gravité, se met en place dès les premières mesures, et rapidement la section rythmique y ajoute de l’intensité. Tout en contraste, les passages chantés se font plus apaisés, sans chasser l’ombre qui plane sur la musique. Les mélopées aériennes de Danie Friesen survolent de temps la musique, tandis que le solo de guitare électrique final est proprement tranchant. On a toutefois connu Marrakech plus léger et ensoleillé !
Après cette pièce très forte et très contrastée sur le plan de la dynamique sonore, l’intensité musicale va retomber pour conclure l’album dans des teintes adoucies. « East Meets West (Berlin 1979) » prolonge toutefois cette ambiance un peu sombre par une courte chanson à laquelle la voix de Martin, très belle et chaleureuse, apporte ce qu’il faut de lumière. « A Long Distance Call» se veut une danse lente et langoureuse dans une ambiance de cabaret. Le final « A Return To The Park » nous offre une magnifique aria pour soprano et orchestre dans le style classique qu’affectionne Norm Macpherson.

Je ne peux ici que reprendre ce que j’avais écrit lors de la sortie du précédent album : The Insubstantial Pageant (*) maintient Martin Springett et les musiciens du Gardening Club au sommet. Le groupe atteint ici une impressionnante maturité dans l’élaboration et la réalisation d’une musique qui agrège les styles musicaux et les influences avec une fluidité de tous les instants. Passer du rock au flamenco, explorer les rythmes nord-africains et les airs d’opéras, tout en gardant une grande cohérence musicale, n’est pas chose aisée. De ce point de vue The Insubstantial Pageant est un régal !
(*)https://thegardeningclub.bandcamp.com/album/the-insubstantial-pageant
Titres :
1. Ariel’s Song (2:45)
2. The Insubstantial Pageant (5:50)
3. The Grey Men (6:05)
4. Geneva ’46 (4:50)
5. Diary of a Grey Man (5:40)
6. Valparaiso ’56 (5:56)
7. Chicago (South Side Story) (5:05)
8. The Insubstantial Pageant (Reprise) (2:24)
9. Looking for Lorca (6:27)
10. A Sea of Emptiness (Cuban Sunset) (2:13)
11. Marrakech (6:57)
12. East Meets West (Berlin 1979) (3:41)
13. A Long Distance Call (2:28)
14. A Return to the Park (3:06)
Formation du groupe
Martin Springett : chant, guitares - Kevin Laliberte : guitares, claviers - Thomas Kinzel : piano - Drew Birston : basse fretless - Wayne Kozak : saxophone - Chendy : batterie et percussions - Danie Friesen : voix soprano
🌍 Visiter le site de The Gardening Club →