Ligeia

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(4 sur 5) / Autoproduction
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Alternative Rock Atmosphérique Rock Progressif Rock Psychédélique

The Dirty Widows fort d’un premier album « March of the Dirty Widows » et un single riche en sensations (« Why Don’t You Love Me Baby ? ”) en 2020, nous revient aujourd’hui avec un nouvel opus complet du nom de « Ligeia », un concept album inspiré de la nouvelle éponyme d’Edgar Allan Poe. Avec ce nouvel album, de dix titres, la diversité et l’ouverture d’esprit sont au rendez-vous, l’on ne sait plus où donner de la tête, tantôt progressif, tantôt heavy parfois même punk ou psychédélique, l’on retrouve ainsi au fil des pistes une savante alchimie entre différents genres. Un The Dirty Widows qui est non seulement prêt à rompre avec les conventions, mais à les faire passer par la fenêtre.

Une courte intro « Twilight of Ligeia » qui s’ouvre aux sons des cloches sur une guitare lancinante sonne le réveil, allez, debout ! Déboule alors, « Gravestone » un rock alternatif énergique tendance Biffy Clyro qui vous fera prendre conscience qu’il est temps de bouger votre vieille carcasse. L’occasion aussi de découvrir la voix particulière de Slim B. mixée plutôt en retrait et toujours au bord de la rupture. Virage à 180° avec « Misery » une composition qui met de toute évidence un pied dans le prog, mélodie obsédante et majestueuse, un refrain qui percute et des soli de guitare inspirés, voire intenses. Et toujours ce chant qui semble en équilibre tel le funambule, sur son fil, qui avance lentement, pas à pas…

Le riff de « The Path of Crime (Part I) », casse la douce ambiance mise en place précédemment, pour nous plonger avec brutalité dans un punk/hard vigoureux qui n’aurait pas dépareillé un album des The Jam dans le milieu des années 70. Changement total d’atmosphère pour « Shining on Me », longue complainte de plus de sept minutes, The Dirty Widows aborde son versant psychédélique et se permet de reprendre à son compte, avec brio, des sonorités que l’on n’avait plus entendues depuis bien longtemps et que l’on trouvait dans l’environnement méditatif du Floyd des années 60. Décidément le groupe à la bougeotte, il ne reste jamais bien longtemps dans les mêmes courants musicaux, avec une surprise à chaque coin de piste, « Trapped Inside » nous entraine, lui, dans un rock endiablé court et percutant. Et de nouveau, l’on replonge dans des effluves psychés avec « Daydream », une mélodie évanescente assaisonnée d’un mix aux connotations Moyen-Orientale.

Dans la deuxième partie de « The Path of Crime (Part II) », qui ne ressemble en rien à la première, le groupe démontre une fois de plus sa faconde mélodique, dans un registre proche de Hawkwind. Des environnements différents construisent le triptyque « Kneel and Cry – Dul Go Hifreann – Hell’s Cold », un Kneel and Cry psychédélique, un Dul Go Hifreann aux accents symphoniques et pour finir un Hell’s Cold heavy. Une instrumentation qui se développe, jouant à travers un certain nombre de parties thématiques bien construites, l’introduction du chant, et sa caractéristique singulière tout au long de cette pièce, donnent à la formule un ton rock progressif des années 80. D’une manière douce et brossant dans le sens du poil, l’instrumental « Dawn of Ligeia » met un point final original, aérien et acoustique à l’opus.

« Ligeia » peut-être défini comme une expérience d’écoute intense, il est à parier que The Dirty Widows a pris, à coup sûr, un malin plaisir à brouiller les pistes dans des compositions qui batifolent dans des territoires musicaux éclectiques. En fait, malgré sa grande diversité, tout sur cet album s’emboîte parfaitement !

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Formation du groupe

Slim B. : Chant, chœurs; violon - Simon Crasquin : Guitare acoustique, guitare électrique, basse; synthés, percussions - Charbel Azzam : Batterie, percussions.

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Lifer

Par MARE IMBRIUM

4 sur 5

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