Trilogy

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(5 sur 5) / Island Records
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Le 6 Juillet 1972, ‘’Trilogy’’ paraissait chez Island Records.

Un an plus tôt, le 14 Juin 1971, Emerson Lake & Palmer avait connu un nouveau succès avec leur troisième album ‘’Tarkus’’ qui, en dépit des normes de l’industrie du disque, du format radio (durée du morceau, complexité,…) et en l’absence de single (sauf ‘’Stones Of Years/Time And A Place’’ paru uniquement en outre Atlantique), avait rapidement affiché la première place des charts anglais et entra dans le Top 10 américain.

Troisième album studio du trio produit comme les deux précédents, par Greg Lake, ‘’Trilogy’’ fut enregistré au studio Advision de Londres sous la supervision de l’ingénieur du son Eddie Offord. Contrairement à l’album précédent, il ne contenait pas de longue suite mais neuf plages entre 2 et 8 minutes. Greg Lake expliquait lors d’une interview que d’une part, le trio avait atteint ici son pic de maturité et de créativité, et qu’ils bénéficiaient par ailleurs des dernières évolutions technologiques, avec le mode d’enregistrement multipiste (utilisant ici deux dispositifs 24 pistes) ainsi que le nouveau synthétiseur polyphonique. Celui-ci accompagnait les battements de cœur, symbolisant une naissance sur la première partie de ‘’The Endless Enigma’’ ouvrant l’album. Keith Emerson posait à l’orgue Hammond, un thème solennel et grave, avant d’introduire le chant expressif et intense de Greg Lake. Puis le piano Steinway faisait un pont avec la ‘’Fugue’’, courte pièce classique mettant en exergue la virtuosité de Keith Emerson en solo à l’exception de quelques notes discrètes de basse. Il assurait ensuite une nouvelle transition avec la seconde partie de ‘’The Endless Enigma’, autour du chant, de l’orgue et du Moog pour le retour à ce thème. Ecrit et composé par Greg Lake qui l’ouvrait délicatement à la guitare acoustique sur une rythmique de Carl Palmer aux légers accents latins. La ballade ‘From The Beginning’’ , quant à elle, contribua vivement à la promotion de l’album à l’instar du single paru en quelques semaines plus tard, en Août 72.

‘’The Sheriff’’ faisait quelque part écho à ‘’Jeremy Bender’’ sur l’album précédent, de surcroit, lorsque sur le final, un piano ‘Honky tonk’ remplaçait l’orgue Hammond. Celui-ci reprenait toutefois sa place sur l’instrumental ‘’Hoedown’’, aux accents du grand ouest américain, s’agissant d’une relecture de la célèbre pièce extraite du ‘’Rodeo’’ d’Aaron Copland. Ce morceau fut pratiquement le seul de l’album à être repris en concert par la suite. En effet, la technique d’overdubbing évoquée précédemment ayant été largement utilisée sur la plupart des morceaux, les rendait de fait, inexploitables dans le cadre d’une représentation publique. Ces deux dernières plages de la première face mettaient particulièrement en valeur le jeu de Carl Palmer. Les huit minutes du formidable morceau titre ouvraient la seconde : ‘’Trilogy’’ démarrait sur un chant aux textes d’une grande dimension lyrique, qu’accompagnaient de lumineuses notes de piano classique de plus en plus torrentielles. Elles étaient rejointes, dans une montée en énergie, par la batterie et les deux synthétiseurs superposant leurs couches sonores et libérant un jubilatoire solo de Moog. ‘’Living Sin’’, surprenait d’abord par le chant de Greg Lake, dans des nuances presque ‘zappaiennes’, et enveloppé dans de lourdes textures portées entre autres par un riff d’orgue Hammond et la magie aux baguettes, de Carl Palmer. Sur ‘’Abaddon’s Bolero’’, la rythmique annonçait d’emblée une revisite de l’œuvre la plus célèbre de Ravel, à travers un lent crescendo de huit minutes au fil duquel l’instrumentation gagnait peu à peu en densité.

D’une manière générale, cet album est souvent considéré comme l’un des plus accessibles d’Emerson Lake & Palmer, et peut dans ce sens, représenter une porte d’entrée idéale à la découverte de ce power trio. ‘’Trilogy’’ prit respectivement la seconde place dans les charts anglais puis la cinquième aux Etats Unis. En Novembre de l’année suivante, Emerson, Lake & Palmer allaient publier un nouveau chef d’œuvre (‘’Brain Salad Surgery’’), sans doute le plus aventureux des quatre, puis conclure en apothéose cet âge d’or 1971-1973 avec la sortie du triple Live (cinquantenaire) ‘’Welcome Back My Friends To The Show That Never Ends’’ (1974), un titre qui toutefois, allait s’avérer quelque peu trop optimiste pour la suite, même si celle-ci réservait encore quelques jolies surprises.

‘’Trilogy’ fut remasterisé pour l’Europe en Avril 2015 (Sony Music/Legacy/Manticore) dans une édition Deluxe avec 2 CD + 1 DVD (et un livret explicatif d’une quinzaine de pages) comprenant les versions du répertoire en new stereo sur le second CD et en 5.1 et 24 bits 96 kHz DTS mixé en surround par Jakko M Jakszyk, et des pistes bonus sur le DVD.

Formation du groupe

Greg Lake : chant, basse, guitares électrique et acoustique - Keith Emerson : orgue Hammond, orgue de l'église St. Marks, piano, célesta, synthétiseur Moog - Carl Palmer : batterie, percussions

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