Obscured By Clouds

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(5 sur 5) / Harvest
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Rock Progressif Rock Psychédélique

Le 2 Juin 1972 paraissait chez Harvest l’album ‘’Obscured By Clouds’’.

Trois ans après ‘’More’’, le réalisateur Barbet Schroeder sollicitait une seconde fois Pink Floyd pour la bande originale de son nouveau film ‘’La Vallée’’. Dans un contexte tendu avec la production, le groupe avait néanmoins fait le choix de sortir l’album sous un titre différent de celui du long métrage. Enregistré au cours du premier trimestre 1972 au Château d’Hérouville, ‘’Obscured By Clouds’’ ne reçut qu’un accueil plutôt mitigé, en particulier chez les fans de Pink Floyd encore grisés, et à juste titre, par l’album précédent. Toutefois, avant d’en aborder l’analyse, deux éléments importants doivent être pris en compte.

Dans la chronologie discographique du groupe, cet album fut publié entre deux œuvres majeures, à savoir l’excellent ‘’Meddle’’ (et son intemporelle suite de 23 minutes  »Echoes ») paru seulement quelques mois auparavant (Octobre 1971) puis le phénoménal ‘’The Dark Side Of The Moon’’ qui allait suivre en Mars 1973 et devenir l’un des albums les plus vendus dans l’histoire de l’industrie du disque (maintenu pendant 15 ans dans les charts). Dans cette mesure, ‘’Obscured By Clouds’’ marquait une parenthèse et une sorte de transition presque anachronique entre un rock progressiste à la fois ambitieux, savant et subtil, et une musique qui allait toucher le public le plus large. Par ailleurs, il serait absolument incohérent, comme le firent malheureusement de nombreuses critiques, de comparer une musique vivante et destinée à être jouée en public à une œuvre conçue d’abord pour accompagner des images, comme ce fut le cas ici. Sorti peu après la Nouvelle Vague cinématographique française, dans un contexte de contre-culture du Flower Power, le second long métrage de Barbet Schroeder autoproduit dans sa propre Société ‘’Les Films du Losange’’, opposait dans l’ambivalence du personnage joué par Bulle Ogier, le conformisme et les mondanités bourgeoises à une communauté libre et licencieuse, en quête d’un paradis terrestre au fil d’une nature sauvage filmée ici en Eastmancolor qui déroulait ces paysages de Nouvelle Guinée mêlant exotisme et mystère. Dans cette exploration de territoires vierges symbolisée par une vallée mythique, et évoluant vers un dénouement incertain, la bande sonore de Pink Floyd, initialement accessoire, assura finalement l’ensemble du soundtrack tout en couvrant finalement peu et de manière discrète et subtile, l’espace sonore, pour la plus grande satisfaction du réalisateur qui, par la suite, ne tarira pas l’éloge sur le quartet.

L’atmosphérique morceau titre accompagnait le générique de début, emmené par la guitare slide de David Gilmour portée par le Synthi A, la toute nouvelle version portative du VCS3 d’EMS, sur une rythmique aux accents tribaux conduite par Nick Mason. Si de ce répertoire ne se dégageait pas significativement un titre particulier parmi ses 10 plages, il n’en réunissait pas moins quelques pièces brillantes comme la planante et mélancolique chanson ‘’Burning Bridges’’, le somptueux folk acoustique de ‘’Wot’s…Uh The Deal’’ porté par le chant suave de David Gilmour, et les deux précieuses ballades ‘’Mudmen’’ (instrumental) et ‘’Stay’’ composée conjointement par Roger Waters et Rick Wright (quel dommage quand on sait la suite…). Citons également deux rocks aux saveurs psychédéliques :’’The Gold It’s In The…’’ et le très accrocheur ‘’Free Hour’’ signé par Roger Waters et seul single de l’album. ‘’Childhood’s End’’ fut inspiré à David Gilmour par le roman SF du même nom d’Arthur C. Clarke. ‘’Absolutely Curtains’’ refermait l’album sur un final porté par les chants de la tribu Mapuga locale.

‘’Obscured By Clouds’’ fut remasterisé en digital chez EMI en 2011 par Joel Plante et James Guthrie (notamment coproducteur de ‘’The Wall’’) dans un format Digipack complétant le CD d’un livret d’une dizaine de pages.

Formation du groupe

David Gilmour : guitares lead et pedal steel, synthétiseur VCS3, chant (3-5,7) - Richard Wright : piano, claviers, synthétiseur VCS3, chant (3,9) - Roger Waters : basse, synthétiseur VCS3, effets de bande, chant (8) - Nick Mason : batterie, percussions, batterie électronique (1), effets de bande - Avec : Tribu Mapuga / chant (10)

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