Titres
- Script for a Jester's Tear (8:39)
- He Knows You Know (5:22)
- The Web (8:48)
- Garden Party (7:15)
- Chelsea Monday (8:16)
- Forgotten Sons (8:21)
En 1983, on croit le rock progressif mort et enterré. Le punk, entre autre, a balayé tout ça, et les Genesis, King Crimson et autres Pink Floyd sont aujourd’hui des dinosaures. RIP.
Pourtant, un petit groupe originaire de Aylesbury, au nord-ouest de Londres, résiste encore et toujours à l’envahisseur. Il se nomme Silmarillion, en référence à l’univers de Tolkien, auteur du célèbre Seigneur des Anneaux, et allie en concert des morceaux de Genesis et des compositions personnelles instrumentales, faute de chanteur. Après quelques départs (le bassiste Doug Irvine ou le claviériste Brian Jelliman), mais surtout avec l’arrivée providentielle de William Derek Dick, alias Fish aux chants, le groupe se stabilise, avec les musiciens suivants :Mark Kelly aux claviers, Pete Trewavas à la basse, Steve Rothery à la guitare etMick Pointer à la batterie. En 1983, après pas mal de concerts, le groupe enregistre chez EMI leur premier 33 tours : Script for a Jester’s Tear. Un album que les critiques auront tôt fait de classer comme étant un clone des productions de Genesis des années 70, le fait qu’ils aient joué des titres du groupe en live n’étant pas étranger à cette idée reçue. Une réputation à mon avis plutôt infondée. En effet, s’il est vrai que le groupe est adepte des titres épiques , et fait la part belle aux soli alambiqués, notamment de claviers, l’esprit un peu « médiéval » et « folklorique » est ici quasi inexistant, à part dans la pochette. Et encore : si les illustrations présentent le bouffon violoniste et son caméléon, que l’on retrouvera au fil des albums, ils sont présents dans un univers tout ce qu’il y a de plus contemporain : une chambre sale, en désordre un lit défait au sol, des disques qui traînent… Les titres angoissants, comme Script for a Jester’s Tear, The Web ou Garden Party, sont légions. He Knows you Know et Forgotten Sons, eux, sont particulièrement violents et rageurs. Même les parties plus calmes, comme sur Chelsea Monday, ajoutent à une ambiance morbide.
Les musiciens sont ici réellement au top pour créer ses ambiances : la basse de Pete Trewavas fait des merveilles sur The Web, la batterie très lourde et saccadée de Mick Pointer est particulièrement efficace, notamment sur Garden Party ou sur Forgotten Sons, où elle illustre magnifiquement l’ambiance militaire et guerrière qui se dégage de ce morceau. Steve Rothery varie entre sonorités inquiétantes et riffs torturés tout au long de l’album. Et Mark Kelly prouve, plus que tout autre, l’étendue de son talent, en proposant des accords variés et riches tout au long de l’album.
Cette musique illustre les textes de Fish, excellent parolier, sur des thèmes variés : la déception amoureuse sur la chanson éponyme, la drogue et ses conséquences sur He Knows You Know, la satire de la Garden Party de la Reine d’Angleterre sur Garden Party ou encore la guerre en Irlande du Nord sur Forgotten Sons. Le Poisson interprète ses textes avec une énergie, une puissance et un charisme rares, d’une voix tantôt angoissante, tantôt désespérée, tendue ou encore agressive.
Cet album sera considéré comme un des albums fondateurs du mouvement néo prog, dont vont s’inspirer des groupes majeurs tels que IQ ou Pendragon, et moins connus, mais tout aussi intéressants tels qu’Aragon ou Violet District.
Pour un début, quel coup de maître ! A posséder dans sa version 2 CD de 1997 si on veut avoir les indispensables faces B de l’époque.
Formation du groupe
Fish : chant - Steve Rothery : guitares acoustique et électrique - Mark Kelly : piano, clavecin, orgue Korg CX-3, synthétiseurs (Minimoog, Roland Jupiter-8, PPG Wave, Sequential Pro-One, Yamaha CS15) - Pete Trewavas : basse Rickenbacker et basse Fender fretless - Mick Pointer : batterie, percussions - Avec : Pete James (Abbey Road) : effets sonores - Peter Cockburn : voix du présentateur (6) - Chorale d'enfants de l'association des parents du Marquee Club : chœurs (6)
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