Meddle

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(5 sur 5) / Harvest
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Rock Progressif Rock Psychédélique

Le 30 Octobre 1971 (ou le 13 Novembre selon les sources) paraissait chez Harvest, l’album ‘’Meddle’’.

‘’C’était une tentative des plus légitimes que de trouver une nouvelle voie à suivre, en dépassant le diktat de la chanson pop de 3 minutes’’. Ces propos de David Gilmour recueillis lors d’une interview, avaient déjà trouvé un écho pour le moins conséquent dans les 24 minutes de la suite titre qui couvrait intégralement la première face d’’Atom Heart Mother’’ paru en Octobre 1970 et fort bien accueilli publiquement. Cette pièce ambitieuse pour laquelle il fallait toutefois rappeler la déterminante contribution du compositeur (et avant-gardiste) Ron Geesin, autour d’une section de cuivres, inaugurait de la plus belle des manières, une nouvelle décennie exceptionnelle (et le mot est encore faible) pour Pink Floyd comme pour bon nombre de leurs pairs. Rick Wright confiait qu’à l’époque, ‘’le groupe pensait avoir produit la musique la plus incroyable au monde, mais constatera avec le recul qu’elle n’était finalement pas aussi bonne que cela’’. Ce fut véritablement leur album suivant qui, tournant pour l’essentiel, la page du psychédélisme des 60s développé depuis la période Barrett, allait lever le rideau sur l’ère ‘progressive’ du groupe, si cet adjectif a un sens.

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Roger Waters, Nick Mason, David Gilmour et Richard Wright

Partant de zéro en termes d’écriture et d’idées, ’Meddle’’ dont Nick Mason ira jusqu’à dire que ‘’ce fut le premier véritable album de Pink Floyd’’, fut enregistré au fil du premier semestre 71 à Londres aux studios EMI sur Abbey Road, puis Air (celui de George Martin) ainsi que Morgan (ces deux derniers bénéficiant d’un système 16 pistes expressément demandé par les musiciens, en particulier Waters). Ce sixième album, à la fois plus élaboré et plus concis, présentait un répertoire de 6 plages dont les deux compositions collégiales qui l’ouvraient et le refermaient, allaient devenir les premiers grands classiques du groupe, repris sans modération dans leurs futurs concerts. Quelle sublime introduction, en effet, que ‘’One Of These Days’’. Ce morceau instrumental (mis à part la voix de Nick Mason), à la fois hypnotique et puissant, était porté, en appui de la rythmique du batteur, par la résonnance de deux basses ampoulées, David Gilmour en ajoutant une seconde (par double piste) à celle de Roger Waters dont le son était amplifié par une chambre d’écho (Binson Echorec), autour des distorsions de guitare, et que nappaient les couches de claviers (orgue et piano) de Rick Wright. Ce premier morceau faisait place à la douceur sur ‘’A PIllow Of Winds’’, une plage aux accents folk où la guitare acoustique et le chant de David Gilmour semblaient nous inviter au calme bucolique de la campagne anglaise.

Co-signé comme le titre précédent, par le binôme Gilmour/Waters, et dédié à Syd Barrett, ‘’Fearless’’, une autre pièce placide, à laquelle la guitare slide donnait une légère teinte bluegrass, se concluait par ‘’You’ll Never Walk Alone’’, un chant que scandaient les supporters du club de foot de Liverpool. Roger Waters avait composé ‘’San Tropez’’ que lui inspirait la célèbre commune côtière française du même nom, tandis que David Gilmour avait signé le court blues ‘’Seamus’’ qui refermait la première face.

La seconde était totalement couverte par l’épique ‘’Echoes’’. Des notes translucides de piano que Nick Mason compara très justement au bruit d’un sonar, introduisaient la mélodie centrale sur laquelle David Gilmour et Rick Wright installaient un échange entre six-cordes atmosphérique et claviers en associant harmonieusement leur chant à l’instar de ces paroles ‘’I Am You And What I See Is Me’’. Puis un tempo appuyé et groovy faisait une transition vers les textures inquiétantes de la venteuse et sombre séquence centrale, avant que les nappes d’orgue puis les notes tournoyantes de guitare électrique n’annonçassent un retour au thème. Sa parfaite structure et la qualité de ses arrangements rendaient on ne peut plus aisées à l’écoute, les 23 minutes de ce morceau qui synthétisait parfaitement la trajectoire prise dès lors par le quartette, dessinant déjà les contours de cette ‘marque de fabrique’ du Floyd. Si l’on met à part le soundtrack ‘’Obscured By Clouds’’ paru l’année suivante, ‘’Echoes’’ marquait un pont optimal vers les quatre prodigieux albums que le groupe allait produire entre 1973 et 1979. La tournée de ‘’Meddle’’ fut immortalisée par le concert de Pompéi enregistré en Octobre 1971 et édité dix ans plus tard. Au cours de cette même année 71, Harvest publia également ‘Relics’’ (version CD en 2012), une compilation certes, mais dont une bonne moitié des pistes étaient des inédits. Si à priori, elle présentait majoritairement un intérêt pour les inconditionnels de Pink Floyd ou collectionneurs, elle permettait, entre autres de retrouver avec nostalgie Syd Barrett à travers ‘’Arnold Layne’’ et ‘See Emily Play’’, deux compositions précoces de l’éphémère premier leader du groupe, parues en singles en Mars et Juin 1967. 

Remasterisé depuis 1989 en CD, puis 2016 en LP 180g, ‘’Meddle’’ mériterait tôt ou tard, une réédition ‘’Deluxe’’ avec les bonus pour lesquels la matière ne doit sans doute pas manquer.

Formation du groupe

David Gilmour : guitares, basse (1), harmonica (5), chant principal (2, 3, 5, 6) et harmonies (3) - Richard Wright : Hammond, Farfisa, piano, chant principal (6) - Roger Waters : basse, guitare acoustique (4), chant principal (4) - Nick Mason : batterie et percussions, voix (1)

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