Titres
- Song of Acceptance (2:01)
- To be seen, to be heard (6:46)
- Light of becoming (7:43) :
- An unfolding of miracles (6:01)
- Unravelling of illusions (6:56)
- Only now in dreams Pt 1 (2:49)
- The path of fire (5:48)
- The abscission zone (4:48)
- Only now in dreams Pt2 (3:50)
An Unfolding Of Miracles, le nouvel album de Nick Fletcher, se place sans conteste dans la continuation du précédent The Mask Of Sanity : le style graphique de la pochette, les musiciens, les références à la pensée du psychiatre Carl Young … Et bien évidemment le jazz-rock alla Holdsworth ou Bruford. Rappelons ici que Steve Hackett, parmi d’autres, considère son confrère guitariste comme l’un des tous meilleurs. J’y ajouterais pour ma part que sa technicité et son sens musical n’ont d’égale que sa discrétion. Notons également la présence de musiciens pour la plupart déjà présents dans les opus précédents dont les contributions complètent admirablement le jeu de Nick aux guitares (dont la guitar synth). Bien, voyons ce que le Nick Fletcher’s Band nous propose en cet automne 2026.
Avant de prendre le grand large, le guitariste anglais nous propose un court prélude acoustique dans la tradition pastorale anglaise, « Song Of Acceptance ». Pour le coup c’est du côté d’Anthony Phillips que lorgne cette belle mélodie qui se déploie avec douceur sur fond d’orage et de pluie. Avec « To Be Seen, To Be Heard » le jazz rock éblouissant prend toute sa place : Tomasz Bura et ses synthétiseurs tissent un tissu harmonique dense que survole à toute allure et avec une précision chirurgicale la guitare de Nick.
Quand Pat Metheny rencontre Weather Report, cela pourrait donner « Light Of Becoming ». Ce long morceau m’apparaît comme une ode à la lumière d’une grande virtuosité (Cf. la basse de Jonathan Ihlenfeld Cuniado), et surtout d’une grande musicalité.

Plus simple et plus directement mélodique, le morceau-titre s’oriente vers un smooth jazz de bonne facture dans le genre Yellowjackets ou Spyro Gyra, le sax en moins, les vocalises d’Olga ‘Dikajee’ Karpova en plus. « Unravelling Of Illusions » nous propulse au sens propre du terme dans une atmosphère hyper véloce. Nick à la basse et à la guitare y tisse des lignes complexes, hachées, dissonantes parfois, et donne à l’ensemble une légère teinte orientale.
La première partie de « Only Now In Dreams » est une courte étude de sonorités jazzy calmes et amples, qui accompagnent subtilement la guitare acoustique. « The Path Of Fire » nous ramène à un jazz-rock nerveux et débridé. Peu après la moitié du morceau la musique devient plus sage sous les superbes arpèges de la guitare et un nouveau solo très imaginatif de Nick.
Nous arrivons sur « The Abscission Zone », mené tambour battant. L’abscission, qu’est-ce donc ? Renseignement pris, au sens premier il désigne un processus biologique par lequel un organisme se sépare naturellement de l’une de ses parties, par ex. la chute des feuilles de l’arbre. On apprend tous les jours ! Il y a une certaine décontraction dans ce jazz-rock pourtant véloce, et bien évidemment un solo de guitare véritablement déchainé bien que d’une diabolique précision dans le jeu.
Plutôt que de terminer son voyage musical sur une note virtuose, Nick choisit un mode contemplatif pour la deuxième partie de son « Only Now In Dreams ». Musique désincarnée, ponctuée par les délicates percussions de Roberto Porta. Magnifique !
Album après album, Nick Fletcher consolide sa maîtrise dans ce style fort exigeant que constitue le jazz rock, dans lequel on peut vite tendre vers un certain intellectualisme au détriment de l’émotion. Rien de tel dans An Unfolding Of Miracles (*) qui réalise brillamment le souhait du musicien de proposer une musique à la fois exigeante sur le plan de la construction et de la virtuosité instrumentale, mais aux harmonies chatoyantes et d’un mélodisme permanent. Eblouissant !
(*) https://www.nickfletcherguitarmusic.com/product-page/an-unfolding-of-miracles-cd
Formation du groupe
Nick Fletcher : Guitares, synthétiseur de guitare, guitare Angel vibe, basse sur le morceau 5 - Roberto Porta : Batterie - Jonathan Ihlenfeld Cuniado : Basse 5 cordes et basse fretless -T omasz Bura Claviers (morceaux 2 et 3) - Olga 'Dikajee' Karpova : Chant (morceaux 4, 5 et 9) - Caroline Bonnett : Claviers (morceaux 5 et 8) et loops
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