Thresholds

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(4.4 sur 5) / Autoproduction
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Jazz-Rock Rock Progressif

Pour son 7ème album, le talentueux conteur d’histoires en musique qu’est John Holden a beaucoup misé sur le chant si j’en crois la distribution de haut vol qui anime les 7 chansons aux côtés du multi-instrumentiste anglais : Sally Minnear, Pete Jones, Sertari, Joe Payne. Excusez du peu ! L’évolution entamée lors du précédent album, The Great Divide, à savoir jouer de plus en plus lui-même les parties instrumentales, trouve ici son point culminant. En effet John assure seul la composante instrumentale. Comme d’usage, ne cherchez pas ici une unité thématique ou un concept qui sous-tend l’œuvre, mais bien un kaléidoscope sonore parlant d’émotions, de voyages, d’histoire et de géographie, de cinéma, …

L’entame, « Seven Ages », est taillée sur mesure pour la voix de Pete Jones. On y explore avec une certaine solennité la vie humaine dans ces étapes successives sur une mélodie ample et sereine. Si je compte bien, je vais m’approcher doucement de la 7ème période. Même pas peur ! La plage suivante « Shape Remains » est d’une autre nature, plus épidermique et tortueuse, portée par la voix de Sertari. De l’énergie et du blues !

La grande fresque « Mohawk River » nous parle des indiens éponymes, membres de la nation iroquoise, célèbres pour être des monteurs d’acier hors pair (gratte-ciels, ponts, …). Joe Payne chante ici au milieu des riches évolutions des claviers et de la guitare. Le dernier tiers du morceau adopte un rythme plus rapide et syncopé en une sorte de danse tribale. Il y a du Kansas dans cette musique souvent grandiose.

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John Holden

« Zero Minus » nous amène vers un tout autre territoire musical, en hommage aux B.O. des films de James Bond 007. La musique y est plus sombre et heurtée. Quand Sertari entame l’unique couplet final, le style des génériques des films du célèbre héros britannique prend tout sa place.

« Surrender » amène un nouveau changement d’ambiance : un rock énergique avec dans son introduction des accents moyen-orientaux. Pete Jones livre une prestation inhabituellement percutante, accompagné par Sally Minnear, dont on connaît le talent et évidemment le patronyme.

Sertari reprend du service dans un « A Silent Spark » d’une grande sensibilité et très poétique, et donne à ce morceau des allures d’aria en mettant en valeur la beauté de la voix et la belle mélodie composée par John.

Il est arrivé dans le passé que John Holden fasse quelques incursions du coté du jazz-rock, et c’est bien le cas pour la fresque finale « If I Knew », l’occasion pour John Holden de démontrer l’étendue son talent aux instruments. Pete Jones, à nouveau très incisif aux vocaux, survole une partition virtuose et enthousiasmante. La coda reboucle, dans l’esprit sinon dans la musique, sur le morceau introductif de l’album.

Le nouvel album de John Holden et de son collectif, Thresholds (*), se place dans la lignée du précédent The Great Divide. Il ajoute à son répertoire de nouvelles histoires musicales fort bien construites et finement ciselées. Poésie et émotion sont au rendez-vous. N’y manque à mon sens qu’un supplément d’audace mélodique et harmonique pour créer un effet de surprise propre à propulser la musique encore plus haut !

(*) https://johnholden.bandcamp.com/album/thresholds

Formation du groupe

John Holden : instruments, chant - Avec : Peter Jones : chant - Sertari : cha: chant - Sally Minnear : chant

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Numen

Par Fernando Molinari

4.2 sur 5

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