Misplaced Childhood

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(5 sur 5) / EMI
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Rock Progressif

Le 17 Juin 1985, Marillion publiait chez EMI, l’album ‘’Misplaced Childhood’’.

Un an après ‘’Fugazi’’, ce troisième album fut clairement celui qui fit passer Marillion du statut de symbole du renouveau (néo)progressif (malheureusement souvent taxé d’ersatz de Genesis) à celui d’une nouvelle figure mainstream de la scène rock britannique. Ce succès populaire fut amorcé, comme le rappelait Fish, par l’animateur radio Terry Wogan qui permit la diffusion, le 20 mai 1985, dans son émission éponyme à la BBC, et à une heure de grande écoute, du futur tube ‘’Kayleigh’’, premier single accélérateur de la promotion de l’album. Ce tournant radical dans l’histoire du quartet, explique sans doute aussi pourquoi ‘’Misplaced Childhood’’ est demeuré pour beaucoup de leurs fans, l’album préféré de cette première période du groupe. Inspiré à Fish lors d’une expérience sous acide, en une période de détresse et de grande instabilité affective ajoutant à la fatigue des tournées de ‘’Fugazi’’, cet album abordait certaines épreuves de la vie (comme la séparation) et leur impact, dans l’écho nostalgique d’une enfance de plus en plus lointaine.

Enregistré pendant trois mois aux Hansa Studios de Berlin Ouest (en cette période de fin de guerre froide), l’album fut produit par Chris Kimsey, encore grisé par le succès de l’album ‘’Night Time’’ de Killing Joke (et du hit ‘’Love Like Blood’’) qu’il venait de produire. Les textes du chanteur plus personnels que par le passé, teintaient particulièrement ce disque d’une couleur âcre et mélancolique. Ici, l’enchainement des morceaux (seul aspect qui d’ailleurs, à l’époque reçut certaines critiques négatives), soulignait le caractère conceptuel de cet album qui, sous sa somptueuse pochette toujours illustrée par Mark Wilkinson, a su, plus encore que le précédent, associer la fraîcheur pop des années 80 à ce raffinement (néo)progressif particulièrement éclatant dans ‘’Bitter Suite’’ et ‘’Blind Curve’’.

Merveille sans faille, la face 1 s’ouvrait sur ‘’Pseudo SILK Kimono’’, une courte et majestueuse introduction portée par la solennité des claviers de Mark Kelly. Elle contenait les trois singles de l’album emmenés par le chant expressif et gabriélien de Fish : le très accrocheur ‘’Kayleigh’’ où le guitariste Steve Rothery (impérial sur toutes les plages), livrait un magnifique premier solo aérien, le lent et poignant ‘’Lavender’’ et ‘’Heart Of Lothian’’ lumineux dans un premier temps, puis tragique dans sa seconde partie. ‘’Bitter Suite’’, première des deux longues pièces de l’album, était une plage atmosphérique se faisant acoustique et bucolique dans sa dernière partie. Les sections de ce morceau reprenaient des titres de films dont les scénarios semblaient faire écho à ce que vivait le chanteur, à l’instar de ‘’Brief Encounter’’ (David Lean 1945) sur une dramatique liaison amoureuse ou ‘’The Lost Weekend’’ (Billy Wilder 1945) sur l’addiction à l’alcool. Sur la face 2, ‘’Blind Curve’’ était la seconde suite à tiroirs, épique et changeante, où peu à peu, au climat très floydien du démarrage, claviers et guitares mêlaient de très élégantes textures électro acoustiques, parfois hackettiennes, pour se durcir dans le final, soutenues par la section rythmique Pete Trewavas/Ian Mostley, donnant ce même ton aux deux dernières plages de l’album (‘’Childhoods End’’ & ‘’White Feather’’).

Deux ans plus tard, le quatrième album ‘’Clutching At Straws’’, conceptuel également, cette fois sur des problèmes de société, et encore plus homogène et abouti que le précédent, couronnait en quelque sorte la ‘période Fish. La suite, aux côtés du nouveau chanteur Steve Hogarth, allait s’avérer sensiblement plus inégale avec cependant bien sûr, quelques belles réussites comme le suivant ‘’Seasonds End’’ (1989), ‘’Brave’’ (1994), ‘’Marbles’’ (2004), ‘’Sounds That Can’t Be Made’’ (2012), et le poignant ‘’An Hour Before It’s Dark’’ (2022) sans oublier quelques grands et mémorables albums Live.

En 2017, ‘’Misplaced Childhood’’ fut remasterisé dans une édition coffret 4 CD + Blu-Ray audio comprenant sur les cd, 15 plages en public (Live à Utrecht), 6 pistes contenant faces B de singles et versions alternatives, et sur le Blu-Ray, les versions 5.1 et new stereo remixées par Steve Wilson.

Titres
  1. Pseudo Silk Kimono
  2. Kayleigh
  3. Lavender
  4. Bitter Suite
  5. Heart Of Lothian
  6. Waterhole (Expresso Bongo)
  7. Lords Of The Backstage
  8. Blind Curve
  9. Childhood End?
  10. White Feather

Formation du groupe

Fish : chant - Mark Kelly : claviers - Ian Mosley : batterie - Steve Rothery : guitare - Pete Trewavas : basse

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