Agents Of Fortune

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(5 sur 5) / Columbia
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Hard Rock Rock Rock Progressif

Paru le 21 mai 1976 chez Columbia, l’album ‘’Agents Of Fortune’’ célèbre ce jour, son cinquantenaire.

Ce quintette originaire de Long Island (New York) est né en 1967 du groupe de rock psychédélique Soft White Underbelly, rebaptisé ensuite The Stalk-Forrest Group en 1969 après le remplacement du chanteur Les Braunstein par Eric Bloom. Il devint Blue Öyster Cult en 1971, après que le bassiste Joe Bouchard (frère cadet d’Albert) eût pris la suite d’Andy Winters. Cette formation était alors souvent considérée comme le pendant américain du groupe Black Sabbath. Sa première trilogie dite ‘’black & white’’ à cause de ses pochettes de disques, s’inscrivait en effet dans cette mouvance hard rock du début des 70s (l’appellation heavy metal n’était pas encore usitée). Le troisième album ‘’Secret Treaties’’ reste considéré à juste titre comme un sommet sinon l’apogée du groupe, à l’instar des deux singles ‘’Career Of Evil’’, ‘’Flaming Telepaths’’, et du mémorable dernier morceau ‘’Astronomy’’. De nombreuses années plus tard, lors d’une interview, Don Roeser dit ‘’Buck Dharma’’, l’un des guitaristes du groupe, rendait hommage à la maison de disque Columbia Records qui par sa confiance et sa patience, leur avait permis d’accéder peu à peu, et sans concessions, à cette réussite, précisant également que les labels actuels n’auraient sans doute pas même laissé à un jeune groupe, la chance d’un second album.

Cette période 1972-1974 fut couronnée ensuite par le double album live ‘’On Your Feet Or On Your Knees’’ paru à la fin du mois de février 1975, véritable consécration populaire avec un demi-million de disques vendus. Ce succès permit au groupe de surseoir à la production de l’opus suivant, en profitant d’un temps supplémentaire, et passer d’un mode d’écriture collective à des compositions individuelles tout en faisant significativement évoluer leur registre musical au grand dam cependant, de nombreux fans de la première heure.

Ce quatrième album studio fut enregistré et mixé pendant six semaines au Record Plant de New York, l’un de ces prestigieux studios prévoyant contractuellement l’assistance obligatoire d’un ingénieur de son. Ce dernier étant estimé inutile par les musiciens, et comme l’a raconté anecdotiquement Donald Roeser, fit simplement acte de présence, consacrant son temps à la lecture… Plus sérieusement, le musicien expliquait en substance, que Murray Krugman, l’un des trois producteurs, souhaitait que le groupe donnât de ‘’nouvelles couleurs’’ à sa musique, le but étant de susciter un plus large public. Le parfait exemple en était donné par le célébrissime et romantique ‘’(Don’t Fear) The Reaper’’ que DonaldBuck DharmaRoeser avait lui-même composé et sur lequel il prenait son tour de chant. Ce morceau resté le tube le plus célèbre du groupe, souvent repris ensuite par la télévision et le cinéma, fit à lui seul, entrer le culte de l’huître bleue parmi les formations émergeantes d’un rock AOR mainstream, ainsi que dans les charts des deux côtés de l’Atlantique. Pour autant, l’arbre cachant la forêt, et autour de sujets chers au groupe (science-fiction et créatures horrifiques), ‘’Agents Of Fortune’’ réservait quelques autres pièces de choix, et en particulier le morceau suivant ‘’E.T.I. (Extra Terrestrial Intelligence ‘’) qui mettait à nouveau en exergue le collectif de guitares électriques entre ce pesant riff soutenant le morceau et les brillants solos aériens. 

Ouvrant l’album par un rock brut et direct, ‘’This Ain’t The Summer Of Love’’ (second single) était un réarrangement par Albert Bouchard et Murray Krugman, d’une chanson nationaliste irlandaise et du texte d’un certain Don Waller, chanteur d’un groupe obscur (Imperial Dogs) qui avait joué ce titre en 1974 dans une version plus abrupte et presque avant-gardiste du punk. On ne serait pas étonné d’apprendre (simple spéculation…) que cette chanson et notamment le chant d’Eric Bloom n’inspire dix ans plus tard le groupe australien Midnight Oil (‘’Beds Are Burning’’). Le second morceau ‘’True Confessions’’ (A. Lanier) s’inscrivait quant à lui, dans un glam rock très en vogue au milieu des 70s, et que soulignaient un solo de saxophone de Michael Brecker (!) et des parties de piano aux accents boogie-rock que nous retrouvions également dans ‘’Sinful Love’’. Invitée comme les frères Brecker sur cet album, Patti Smith qui était compagne d’Allen Lanier pendant la première moitié des années 70, contribua ici encore, aux textes et joignait sa voix à celle d’Albert Bouchard dans ‘’The Revenge Of Vera Gemini’’. Dans sa rythmique et ses suaves textures avec ajout de claviers, il confirmait, comme les trois dernières plages du répertoire (’Morning Final’’, le singulier mais tout aussi plaisant ‘’Tenderloin’’ et la ballade aigre douce ‘’Debbie Denise’’), cette nouvelle orientation musicale entre pop progressive et AOR, dans laquelle B.Ö.C allait s’engager avec plus ou moins de réussite. En effet, entre 1977 (‘’Spectres’’) et 2024 avec ‘’Ghost Stories’’ dernier opus en date réunissant à nouveau ce line-up classique augmenté de Richie Castellano, le groupe allait poursuivre un parcours discographique qui connut surtout, et en toute légitimité, un grand sursaut de popularité au début des 80s avec les deux magnifiques albums ‘’Cultösaurus Erectus’’ & ‘’Fire of Unknown Origin’’.

‘’Agents Of Fortune’’ fut (entre autres) réédité & remasterisé en 2001 (Columbia & Legacy / Europe) avec un CD ajoutant quatre pistes bonus (version originale de ‘’Fire Of Unknown Origin’’ et démos de ‘’Sally’’, ‘’(Don’t Fear) The Reaper’’ et ‘’Dance The Night Away’’).

Titres :

1. This Ain’t The Summer Of Love (2:20)
2. True Confessions (2:56)
3. (Don’t Fear) The Reaper (5:08)
4. E.T.I. (Extra Terrestrial Intelligence) (3:42)
5. The Revenge Of Vera Gemini (3:52)
6. Sinful Love (3:29)
7. Tattoo Vampire (2:41)
8. Morning Final (4:30)
9. Tenderloin (3:39)
10. Debbie Denise (4:13)

Formation du groupe

Eric Bloom : chant (1, 4, 7, 9), guitare, claviers, percussions - Donald « Buck Dharma » Roeser : guitare, synthétiseur, percussions, chant (3) - Allen Lanier : claviers, guitare, basse, chant (2) - Joseph Bouchard : basse, piano, chant (8) - Albert Bouchard : batterie, percussions, guitare acoustique, harmonica, chant (5, 6, 8, 10) - Avec : Patti Smith / chant (5) - Randy Brecker / trompette (5) - Michael Brecker / saxophone (5)

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Par RUSH

5 sur 5

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