Quattro Racconti

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(4.8 sur 5) / Karisma Records
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Rock Progressif Rock Symphonique

A peine quelques mois depuis la sortie de Gamle Mester et voilà que Lars Fredrik Frøislie nous raconte à nouveau des histoires, en italien de plus ! En fait à l’origine les quatre histoires dont il est question ici étaient on ne peut plus norvégiennes, puis sont devenues italiennes par la magie de la rencontre entre le claviériste norvégien et le chanteur du fameux groupe Museo Rosenbach, Stefano « Lupo » Galifi. J’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose de Rock Progressivo Italiano dans la musique de Lars Fredrik Frøislie, par son côté prog symphonique très théâtral et lyrique, avec prédominance des claviers, et bien je ne croyais pas si bien dire !

Il y a du ELP dans « Il Cavaliere dell’Apocalisse », une épopée qui pulvérise le ¼ d’heure. Je m’abstiendrai de vanter les mérites comparés de la langue italienne et de la norvégienne du morceau d’origine, mais force est de constater que Stefano Galipi développe ici une incroyable présence, survolant une instrumentation pourtant puissante et expressive. La musique, d’essence symphonique, se pare aussi d’accents mélodiques folk. Ecoutez plutôt le court passage central au piano qui égrène sa douce mélodie, reprise à l’orgue Hammond pour une géniale accélération. Superbe contraste entre poésie mélodique et fureur sonore. Voilà un Ragnarök qui marie le granit norvégien au lyrisme italien dans une grandiose alchimie !

Un peu plus calme, « Un Posto Sotto il Cielo », permet d’apprécier pleinement les nuances de la voix du chanteur italien. Calme apparent, puisqu’une rythmique batterie / basse très énergique nous propulse à nouveau à haute vitesse, avant un choral d’orgue et de flûte d’ambiance baroque.

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Les mesures d’introduction de « Presagio » nous ramènent dans les paysages sonores caractéristiques de Tarkus. J’en profite pour relire ce que j’avais écrit à la sortie du premier album… Autant éviter de raconter la même chose, ou pire, de me contredire ! J’avais grandement apprécié le chant norvégien, qui donnait évidemment une couleur très particulière à ce morceau, comme aux autres d’ailleurs. La version italienne n’est pas en reste ajoutant ce supplément de lyrisme. C’est d’ailleurs par ce morceau qu’avait débuté la collaboration entre les deux musiciens.

La « Cattedrale della Natura » n’offre que peu de lumière et se complait dans une atmosphère sombre. Rien de lugubre toutefois, mais un côté minéral, sans concession, que dépeint une nature dont la beauté réside dans son côté immuable. La longueur du morceau permet d’échapper à l’uniformité notamment dans un passage à la guitare acoustique (aux accents de clavecin), ou vers la fin sur un motif nettement funky. Quelle part entre la Cathédrale Engloutie de Debussy et le Sacre du Printemps de Stravinsky … version rock progressif !

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Fort de sa maîtrise tant musicale que technologique d’une impressionnante collection de claviers du siècle dernier, aux côtés de Stefano Galifi et de Nikolai Hængsle à la basse, Lars Fredrik Frøislie se réapproprie les codes d’un genre musical qui affiche haut et fort sa virtuosité et sa complexité, et bien sûr ses sentiments. J’apprécie particulièrement les nombreuses mélodies folkloriques norvégiennes dont Lars Fredrik Frøislie truffe sa musique, et qui me rappellent un des grands noms de la musique classique symphonique norvégienne, Geir Tveitt et ses formidables suites orchestrales, A Hundred Folk Tunes from Hardanger. Et croyez-moi, ces mélodies ne perdent rien à être chantées dans la langue de Dante. Quattro Raconti (*) célèbre de la plus belle des manières la rencontre entre la Norvège et l’Italie.

(*) https://larsfredrikfroislie.bandcamp.com/album/quattro-racconti

Formation du groupe

Lars Fredrik Frøislie : Hammond C3, Mellotron M400, Minimoog D, Chamberlin M1, Hohner Clavinet D6, spinet, Yamaha electric piano, ARP Axxe & Pro Soloist synths, Solina String Ensemble, Rhodes MKII, Wurlitzer 200, tremoloa (zither), recorder, drums Avec: Stefano "Lupo" Galifi : chant - Nikolai Hængsle : basse

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