Empty

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(4.5 sur 5) / New Joke Music
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Rock Progressif

Comme à son habitude, le multi-instrumentiste et chanteur Kristoffer Gildenlöw, l’ex bassiste du groupe de rock progressif suédois Pain of Salvation, nous propose dans son cinquième effort solo ‘Empty’ une musique qui exige une attention particulière pour en apprécier la richesse des arrangements et des détails. ‘Empty’ a été partiellement enregistré en 2019 avec l’album Homebound, pour une sortie des deux opus en 2020 mais, la pandémie a contrarié le projet.

Avec ‘Empty’, Kristoffer oriente sa musique vers un rock plus rythmé que dans ses albums précédents avec de nombreux solos de guitare rappelant parfois ceux de David Gilmour du Floyd. Sans faire le détail exhaustif de l’ensemble des compositions, certaines d’entre elles ont retenu plus ma préférence que d’autres.

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En commençant par « Time To Turn The Page » qui s’ouvre sur une guitare acoustique et une ambiance feutrée, le chant cotonneux est volontairement en retrait, avant que la guitare ne s’envole plus tard dans un superbe solo vif et passionné. Une ambiance fluide et aérienne baigne « End of The Road » qui évolue sur un rythme lent, la mélodie rêveuse portée par la voix chaleureuse de Kristoffer navigue dans un calme précaire, puis évolue vers un final où, une fois de plus, la guitare s’exprime émouvante et sensible. Le très floydien « He’s Not Me » est surmonté d’une voix forte et d’une guitare électrique incisive accompagnée d’une rythmique puissante et dynamique.

La ballade « Black & White » nous plonge dans les profondeurs de l’ambiguïté de la nature humaine, surfant sur une mélodie poignante, presque enfantine, sur laquelle s’ajoute au chant de Kristoffer des chœurs féminins profondément émotionnels. Nous avons aussi, le sobre, sombre et poignant « Down We Go » où la voix rauque, gutturale et émouvante de Kristoffer se rapproche des intonations de celle de Tom Waits. Pour terminer, et à mon avis, le meilleur morceau de l’album : l’éponyme « Empty », de près de dix minutes, démarre par une intro sombre et minimaliste où des sons célestes se déplacent lentement fournissant la plate-forme au chant désincarné et lointain de Kristoffer. Dans la deuxième moitié (instrumentale), le paysage sonore se déplace comme des nuages clairsemés émergeant des ténèbres pour laisser place à un solo de guitare lumineux, assurément la composition la plus progressive de l’album.

Je ne tournerais pas autour du pot, ‘Empty’ est un excellent album, même s’il s’éloigne sensiblement du rock progressif, le voyage proposé est incroyablement profond et émouvant.

Formation du groupe

Kristoffer Gildenlöw : chant, instruments divers - Avec : - Dirk Bruinenberg : batterie - Jeroen Molenaar : batterie - Joris Lindner ; batterie, orgue Hammond - Paul Coenradie : solos de guitare - Marcel Singor : solo de guitare - Patrick Drabe : solo de guitare - Ola Sjönneby : cuivres - Ben Mathot : violon - Anne Bakker : violon, alto - Maaike Peterse : violoncelle - Jan Willem Ketelaers : chœurs - Erna Auf der Haar : chœurs

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