Titres
- Thick as a Brick - Part 1 (22:39)
- Thick as a Brick - Part 2 (21:05)
Le 3 Mars 1972 paraissait chez Chrysalis, l’album ‘’Thick As A Brick’’.
A la fin du premier trimestre 1971, leur quatrième album venait de ‘panthéoniser’ Jethro Tull sur la scène internationale, et fit l’objet d’une imposante tournée, notamment au cours du mois de Juin aux Etats Unis où la notoriété du groupe allait considérablement croître. Les questions religieuses récurrentes d’’Aqualung’’ avaient amené la critique à qualifier de conceptuel cet album, ce qui fut démenti par Ian Anderson qui entrevit toutefois ici un véritable défi à relever. En une période où les pièces épiques et grandiloquentes d’un Yes ou encore d’un Emerson Lake And Palmer, suscitaient toute l’admiration du public, il envisagea, comme un pied de nez au genre et à ces groupes dominant avec un grand sérieux la galaxie progressive, de relever un double challenge : produire l’album concept de référence qui allait reposer sur un seul morceau dépassant cette fois les 40 minutes tout en associant à cette musique ambitieuse, une bonne dose d’humour bien britannique et de dérision pour en quelque sorte, pasticher le genre. Soutenu avec une grande confiance par Chrysalis, le nouvel opus allait donc adapter le long et tendancieux poème de Gerald Bostock, un enfant prodige (et imaginaire) âgé à peine d’une dizaine d’années et Lauréat d’un concours littéraire (!!).
Inspiré d’une célèbre émission télévisuelle des Monty Python, cette œuvre devait présenter un packaging adapté, et en l’occurrence, une pochette illustrée par la page parodique d’une gazette et d’une folle ligne éditoriale imaginées par le quintette. De surcroît, comme l’expliquait le leader de Jethro Tull, un tel projet ne pouvait que, davantage encore, élever le niveau de son groupe tout en s’affranchissant de ces sempiternelles influences du blues américain. Et le fruit était mûr… Autour du même effectif à l’exception du batteur Barriemore Barlow remplaçant Clive Bunker, ‘’Thick As A Brick’’ fut enregistré à peine en un mois (Décembre 1971) aux studios Morgan de Londres avec la collaboration de l’ingénieur du son Robin Black. Une fois encore, le répertoire était enrichi d’une orchestration de cordes dirigée et arrangée par David Palmer. Il est peu aisé, en l’espèce, de traduire en quelques mots, cette pièce grandiose écrite par Ian Anderson avec une contribution significative du claviériste John Evan. Le frontman était au faîte de ses qualités vocales et ses interactions, en tant que flûtiste (mais également au violon et cuivres) avec le guitariste Martin Barre restent mémorables. La section rythmique était tout aussi prodigieuse autour de la puissance, aux fûts, d’un Barriemore Barlow en état de grâce, et des somptueuses lignes de basse particulièrement inspirées de Jeffrey Hammond. Il va sans dire que, dans une architecture parfaite, ces 43 minutes à la fois sophistiquées et accessibles mariaient harmonieusement ces passages dynamiques émaillés de changements de signatures temporelles avec de diaphanes et lumineuses séquences folk acoustiques. Martin Barre expliquait en interview, qu’aux grandes difficultés rencontrées lors des enregistrements, s’ajoutèrent la performance, soir après soir, de rejouer cette pièce épique en concert, et ‘’possible grâce aux montées d’adrénaline’’ des cinq musiciens. Ce fut également une formidable aubaine pour un remarquable homme de scène comme Ian Anderson dont le groupe alla jusqu’à allonger à 70 minutes en Live le morceau titre de l’album, avec des solos plus poussés, de flûte notamment, avec l’insertion de la ‘’Bourée’’ extraite de l’album ‘’Stand Up’’.
‘’Thick As A Brick’’ prit la première place du billboard américain et rencontra un remarquable succès commercial dans le reste du monde. Le projet suivant, qui, compte tenu de la matière disponible, prévoyait initialement un double album avec un retour vers de courtes plages, rencontra toutefois quelques problèmes et de sérieuses tensions lors des premières sessions d’enregistrement au Château d’Hérouville. Il s’orienta finalement vers un autre album conceptuel, basé à nouveau sur un seul morceau de 45 minutes partagé sur les deux faces du disque. Tourné cette fois plus sérieusement vers la spiritualité et le mysticisme, ‘’A Passion Play’’, encore plus ambitieux et complexe que le précédent, allait paraître le 6 Juillet 1973.
La réédition de 1997 correspondant au 25ème anniversaire de ‘’Thick As A Brick’’, incluait une version Live et partielle du morceau (12 minutes) au Madison Square Garden (1978) ainsi qu’une interview (16 minutes) de Ian Anderson, Martin Barre et Jeffrey Hammond. ‘’Thick As A Brick’’ fut ensuite réédité le 2 Décembre 2022 dans un coffret Collector spécial anniversaire en formats CD+ DVD, remixé par Steven Wilson (avec la collaboration de Ray Shulman) reprenant sur le CD le Mix 2012 et en DVD, les remix Stereo PCM 96/24 et 5.1 DTS & AC3. Comme l’édition de 2012, il ne proposait pas de plages bonus supplémentaires.
Formation du groupe
Ian Anderson : chant, flûte, guitare acoustique, violon, saxophone, trompette - Martin Barre : guitare électrique, luth - John Evan : orgue Hammond, piano, clavecin - Jeffrey Hammond : basse, spoken word - Barriemore Barlow : batterie, timbales, percussions Avec : David Palmer : arrangements de cordes et direction
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