Rock Island

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(5 sur 5) / Chrysalis ‎
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Rock Progressif

Le 21 Août 1989 paraissait l’album ‘’Rock Island’’ chez Chrysalis.

Si l’on met à part ‘’A Classic Case’’ (1985) où l’orchestre symphonique de Londres revisitait avec Ian Anderson, le répertoire de Jethro Tull, ‘’Rock Island’’ est le dix-septième album studio du groupe, enregistré au tout début de l’année 1989. Tout en assurant dignement la suite de ‘’Crest Of A Knave’’ (1987) dans un registre entre hard et classic rock, après un bref détour par l’électro synthpop (‘‘Under Wraps’’ 1984), il était toutefois plus caractéristique des productions des années 80 à travers la rythmique de l’agile et allègre batteur Doane Perry, ainsi que l’apport des claviers & synthétiseurs non seulement de Ian Anderson ici, mais de Martin Allcock et Peter Vettese invités sur quatre plages du disque.

Les deux premiers morceaux ‘’Kissing Willie’’ et ‘’The Rattlesnake Trail’’ se faisaient déjà annonciateurs d’un savant mélange entre l’essence de Jethro Tull incarnée par Ian Anderson au chant et à la flûte, et un Arena rock particulièrement mélodique et proche de ce que produisaient à l’époque, des groupes comme Van Halen ou ZZ Top. Soulignons sur ce second morceau qui fleurait bon le sud des Etats Unis, la rare présence de Ian Anderson à la batterie (également sur ‘’Heavy Water’’). Mais l’élément central ici comme sur l’ensemble de l’album, était la présence presque hégémonique de la guitare électrique de Martin Barre, principal vecteur de toute l’énergie déployée ici. ‘’Ears Of Tin’’ alternait l’ambiance de ces traditionnelles ballades récurrentes dans les albums rock de cette période avec des séquences dynamiques entre les riffs de guitare et les parties de flûte entourant le chant d’Anderson.

‘’Undressed To Kill’’ aux accents bluesy, renouait quelque peu avec les climats du précédent album tandis que le morceau-titre trouvait toute sa légitimité à travers l’une des deux pièces épiques du disque, remarquable par ses arrangements et nuances autour d’un thème initialement très basique. Sur ces douces textures mariant un rock AOR aux sonorités eighties portées particulièrement par les claviers, ‘’Heavy Water’’ réservait l’un des moments les plus intéressants du disque, au même titre que ‘’Another Christmas Song’’, un titre plus aérien et mélodiquement très accrocheur, qui allait être repris dans le ‘’Christmas Album’’ de 2003. ‘’The Whaler’s Dues« , pièce la plus longue du répertoire, et sans doute aussi la plus progressive était sublimée par d’étonnantes parties de guitare électrique et par l’utilisation de la mandoline utilisée alternativement par Ian Anderson et par le bassiste David Pegg, et présente également sur d’autres plages du disque.  Il était d’ailleurs question de cet instrument, malheureusement volé, dans le sujet de l’avant dernier morceau ‘’Big Riff And Mando’’, bien connu des afficionados de Jethro Tull, car s’inspirant, tout en la tournant en dérision, d’une histoire vécue peu de temps auparavant par le groupe. ‘’Strange Avenues’’ refermait avec brio l’album sur une pseudo ballade atmosphérique typique des années 80, pouvant , à l’exception de la flûte, faire penser, pendant l’exposé de son thème, à Dire Straits, à l’instar du jeu de guitare électrique nappé de synthétiseurs, et de la voix légèrement éraillée de Ian Anderson.

Au cœur d’une copieuse discographie, l’album suivant (‘’Catfish Rising’’ 1991) allait représenter pour un certain nombre de leurs fans, en quelque sorte, la clôture d’une sorte de trilogie inaugurée par ‘’Crest Of A Knave’’.

‘’Rock Island » fut réédité pour l’Europe par EMI en 2006 en version CD remasterisée avec trois plages bonus (versions Live à Zurich le 13 Octobre 1989, de ‘’Christmas Song’’, ‘’Cheap Day Return / Mother Goose’’ et ‘’Locomotive Breath’’).

Formation du groupe

Ian Anderson : chant, flûte, mandoline, claviers (Synclavier), guitare acoustique, batterie (2,7), producteur - Martin Barre : guitare électrique - David Pegg : basses électrique et acoustique, mandoline - Doane Perry :batterie - Avec : Martin Allcock : claviers (1,10) - Peter-John Vettese : claviers (3-6)

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