Macchie di inchiostro su carta sensibile

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(4.5 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

13ème album de Sergio Caleca alias habelard2, Macchie di inchiostro su carta sensibile, que l’on peut traduire par Taches d’encre sur papier sensible, succède à 2 albums parus en 2023, à savoir les excellents Il matto et QWERTY 2023. Comme à son habitude ou presque, le milanais réalise tout lui-même. Le format plutôt court des morceaux, et c’est le cas une nouvelle fois pour l’opus 13, permet à Sergio de varier rapidement les idées musicales et les styles qui mélangent hardiment jazz, pop/rock, folk, classique.

Voyons de plus près ce qui se cache derrière ces taches d’encre qui évoquent une sorte de test de test de Rorschach musical ! « Ostinato in(e)sistente » me rappelle avant tout l’appétence du musicien italien pour les jeux de mots. Un ostinato donc, insistant par définition plutôt qu’inexistant, répète inlassablement ses thèmes, dont l’un sonne plutôt baroque. Les différentes variations me font penser à une passacaille (dont la musique baroque offre d’éclatants exemples). L’intro de la piste-titre met en valeur les guitares électriques que Sergio maîtrise aussi parfaitement que les touches blanches et noires. Mellotron, orgue et violon alto prennent alors possession de ce morceau virtuose et un peu hard rock sur les bords.

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« Noblesse oblige », en français s’il vous plait, avec ses arpèges au piano est rythmé en 5/4, ce qui donne à la musique son balancement caractéristique. Beaucoup de fluidité et de légèreté dans ce morceau. L’incertitude rythmique règne également dans « Il conflitto », d’une ambiance musicale un peu sombre mais pas trop. Basson et flûte y développent d’intéressantes lignes mélodiques. « Coda di rondine » se déroule d’abord dans une atmosphère inquiétante et mystérieuse parfaitement par de courts motifs de piano, avant de prendre une tournure plus radieuse – l’occasion aussi d’entre à nouveau Sergio à la guitare.

« Interludio III extra large » remet au goût du jour un morceau plus ancien mettant en valeur le jeu de l’orgue sur une musique répétitive. « La polvere sotto il tappeto », la poussière sous le tapis, est une danse baroque menée par la guitare acoustique. Pour « Il tempio », le temple, la musique prend un ton plus solennel sur un tempo rapide entrecoupé de longs accords de synthé. « Col senno di poi », avec du recul (un truc du genre), nous offre un très beau thème au piano, volontaire et martial, repris ensuite à la basse et à l’orgue. C’est rythmé, mélodique, et le passage central en 7/4 est une vraie réussite. « L’Ablazione Del Tartaro » débute sur un mouvement ternaire de valse. Trois temps c’est bien, mais pourquoi ne pas passer à 5 ? Décidemment Sergio Caleca maîtrise à merveille ce type de transition !

Plus sage sur le plan rythmique, « Terra bruciata » superpose les lignes mélodiques à la guitare, au piano électrique, à l’orgue, dans un grand crescendo, qui s’interrompt et reprend dans une sorte de mouvement perpétuel. Le douzième et dernier morceau prend une teinte néo-classique donné par le trio de cordes contrebasse, violoncelle et alto. La ligne mélodique est assurée par la guitare et les claviers. La musique gagne peu à peu en intensité, mais se termine sur une note de basse énigmatique et qui finalement nous garde dans l’ambiance mélancolique de ce morceau final.

Comme à son habitude Sergio Caleca sait, sur les quelques minutes que dure chaque morceau, faire varier les signatures rythmiques et les tempi, coexister rock et classique, et finalement rendre simple, fluide et accessible une musique plus élaborée qu’il n’y parait à l’écoute. Macchie di inchiostro su carta sensibile (*) est une nouvelle réussite !

(*) https://habelard2.bandcamp.com/album/macchie-di-inchiostro-su-carta-sensibile

Formation du groupe

Tous les instruments : Caleca Sergio

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