Black Rain

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(5 sur 5) / Esoteric Antenna
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Rock Progressif

Fish on Friday nous avait concocté le Best of « An initiation », que nous avions chroniqué il y a quelques mois, histoire de nous faire patienter en attendant la sortie de leur cinquième album. Et bien nous voilà (enfin) en présence de notre précieux, le bien nommé Black Rain.

Déjà, le packaging est somptueux, avec un Digipack à 3 volets renfermant un livret de 16 pages qui n’est pas là pour faire de la déco, mais est bien l’outil indispensable pour mieux saisir le sens profond de la galette. Un album conceptuel où nous retrouvons des thèmes traitant de notre environnement changeant, les réfugiés fuyant la guerre et la dérive de la politique mondiale, pour ne citer que ceux-ci… Bon, c’est vrai, il y a ces aspects un peu sombres, mais rassurez-vous, les onze titres proposés renferment aussi des notes plus joyeuses d’amour et de bonheur.

Allez, on se cale et découvrons le titre « Life In Towns ». Musicalement, vous dire que ça démarre fort est un doux euphémisme. Une Intro douce piano / guitare épaulant une voix rapidement doublée. Nous sommes sur un schéma classique couplet / refrain, et une succession de ponts bien alambiqués pour replonger au final dans le couplet / refrain. Le fin duvet de mes avant-bras s’est dressé, Fichtre ! Petite pause, pour me remettre de mes émotions, avant de passer à « Murderous Highland Highway », je suis prêt, écoutons ce qui se cache derrière ce titre. Une intro avec l’excellent travail des voix. Une composition déconcertante, où derrière une apparente simplicité mélodique, on entend un travail technique de haut vol de l’ensemble des musiciens et un sens hyper développé d’arrangements plein de finesse, encore un titre phare de l’album.

Passons sur « Black Rain », une petite pluie s’efface derrière une ligne de synthé entamant un titre sur des couleurs assez pop, limite sirupeuses dans les ponts et un chouette refrain qui vous choppe les méninges. Vous savez ce genre de refrain qui vous rentre dans le crane pour la journée !  Une composition un poil en dessous des deux premières, mais pas du tout indigeste quand même, loin de moi cette idée.

« Mad at the word » quant à lui se place dans un registre un peu plus cross over british, une tonalité où l’on n’avait guère l’habitude de les voir traîner. Incursion réussie ! Nous voilà maintenant face à « LettingGo Of You », la petite douceur bouleversante avec la voix de Lula. Pressez-vous d’écouter ce titre, je n’en dirai pas plus, c’est à mes yeux un petit bijou. « Angel Of Mercy » offre une nuance Pop douce empreinte d’un progressif classieux d’où jaillit un son de flûte pour nous divertir les tympans. « We’ve Come Undone » est sur une mélodie un poil mélancolique, nous en buvons les paroles, d’où s’échappe quelques placements d’accords guitare lâchant leur complainte.

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Avec à peine plus de 3 minutes, « Morphine » est le titre le plus court de l’album, une Pop calme et douce sur un tempo super lent. Farniente sur chaise longue assuré. C’est de courte durée puisque « We Choose To Be Happy », plus guilleret, vous réveille sur un tempo plus up et un air franchement enjoué du début jusqu’à la fin, et sincèrement vous donne la pèche et rend Happy. Sur une introduction style boîte à musique où l’on peut deviner une ballerine tournant inlassablement en rond, « Trapped In Heaven » se positionne dans une Pop Progressive simple, classique, mais efficace, comme les lignes de basse, de clavier et le pont saupoudré d’une petite guitare miaulant le solo, se plaisent à nous le rappeler. Nous terminons sur « Diamonds » où le travail des voix apporte le gros plus à ce titre, le rendant plein de puissance, dans une douce volupté, un titre de clôture qui aurait pu durer plus longtemps tant le thème musical réunissait toutes les conditions pour y parvenir, petit regret.

Au niveau de la production, au sens large du terme, c’est juste parfait et chaque composition regorge d’une créativité incroyable, développant un Rock progressif très abordable. Certains pourront penser qu’il y a une trop grande linéarité de tempo, mais si vous avez des affinités par exemple avec Alan Parsons Project, vous retrouvez avec Black Rain des moments musicaux qui vous titillerons les neurones de votre mémoire auditive. Dernière précision, il est à noter que Lula (la Fille du père) Beggs est invitée sur 4 compositions dont une où elle a travaillé les paroles, histoire de laisser une empreinte. Elle apporte de belles couleurs vocales pleines d’une fraîcheur pétillante. La petite touche féminine qui rehausse l’ensemble.

En conclusion, Black Rain, c’est un peu le Cocktail frais que l’on prend en fin d’après-midi à l’ombre de son parasol, c’est frais, doux, et agréable…Mais sans prévenir, ça vous met une bonne petite claque au niveau de la nuque. Fortement imprégné par notre époque, cet album, est une véritable œuvre d’art.

Formation du groupe

Nick Beggs : Basse, Chapmann Trick, Chœurs, - Marty Townsend :Guitares, - Frank Van Bogaert : Claviers, Guitares, Chant, - Marcus Weymaere : Batterie - Invité : Lula Beggs : Chant, Chœurs

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