Corona Time In Amerika

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(4.8 sur 5) / Curious Musik Recordings
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Rock Progressif

Pianiste, chef d’orchestre, compositeur … On n’attendait pas forcément Karl Fredrik Lundeberg aux manettes d’un album du genre musical qui nous est cher, à savoir le rock progressif. Je vous laisse le soin de juger par vous-même l’étendue de son talent via son site web. Nous voici donc avec son groupe, Fascination Curve, et un album au titre un rien étrange, Corona Time In Amerika, le tout avec un line-up assez impressionnant : Gregg Bissonette (batterie – Ringo Star All Star Band, Toto), Marc Bonilla (guitare solo, chant – Asia, Toto), Ken Stacey (chant – Elton John, Michael Jackson), Amy Keys (chant – Phil Collins, Ringo Starr), Mha Bhatti (basse – Elton John, Electric Light Orchestra), Tim Ries (saxophone – Rolling Stones, Sheryl Crow), et bien sûr Lundeberg lui-même au piano, orgue, claviers, guitare, chant, et bien sûr à la composition.

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Les présentations d’usage ayant été faites plongeons dans l’univers sonore de l’album. « Land of the Free, Home of the Slave », sur le racisme, sonne comme un bon vieux blues rock. Excellent ! « Sometime, Somehow », revient sur la pandémie, en une balade d’ambiance très floydienne, avec son mid-tempo lancinant et une superbe ligne vocale. La seconde moitié gagne puissance et prend un style grandiose grâce à des chœurs particulièrement vibrants, avant un decrescendo qui ramène aux sonorités du début.

« I Will Breathe You » débute par un tendre prélude sax et synthés, avant de lancer le morceau à proprement parler, dont le thème énoncé au sax rappelle quelqu’Eric Marienthal, pour citer le premier nom qui me vient en tête. A nouveau la voix tout en délicatesse de Karl Lundeberg, bien secondé par les choristes, fait merveille dans cette ode lumineuse.

Nous voici maintenant arrivés au point d’orgue de l’album sous la forme d’une piste-titre de 20 minutes et de presque autant de parties qui s’enchainent. La première partie, « Corona Time » balance comme un Steely Dan des grands jours. C’est parfait et ça ne fait que commencer ! Pour suivre toute la complexité du morceau et appréhender toute sa richesse, le plus simple est de suivre les paroles sur le site dédié. Les styles musicaux s’enchainent dans un incroyable tourbillon (rock, R&B, gospel / soul, …). Serait-ce Zappa qui apparaît dans « Humpty & The Locust » (vers 12’) ? Après un savoureux détour par Mexico (13’35), « The Corona Lie » et son côté incantatoire est tout bonnement saisissant ! Retour du « Corona Hymn » déjà entendu au départ, véritable cantique qui nous emmène lentement mais surement vers une fin apaisée. Il y a longtemps que je n’avais pas entendu un truc de la sorte ! Ces 20 minutes me semblent mériter de figurer au panthéon des très longs morceaux de haute volée, à côté des Close to the Edge, Supper’s Ready et autres A Plague of Lighthouse Keepers

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En hommage aux personnels soignants que ce soit pour la pandémie ou la guerre en Ukraine, « Dip Them In Gold » est d’abord une calme balade mélancolique, qui va ensuite culminer dans une ambiance lumineuse (dorée ?) et plutôt optimiste. Un dernier Let them know they carry us par les chœurs a capella clôt ce somptueux album.

Un kaléidoscope musical (rock, blues, R&B, soul, world music …), et des textes de premier plan, font de cet album une réussite majeure à mon humble avis. En musicien inspiré, Karl Lundeberg, nous fait vivre une aventure musicale profondément originale et d’une densité et sensibilité peu communes. A des musiciens et à une réalisation à la hauteur des ambitions, ajoutons-y les auditeurs éclairés que vous ne manquerez pas d’être !

Formation du groupe

Karl Lundeberg : claviers, guitare, chant - Marc Bonilla : guitare, chant - Ken Stacey : chant - Amy Keyes : chant - Mha Bhati : basse - Tim Riess : sax soprano - Gregg Bissonnette : batterie - Invités: Loretta Kelley : violon - Nicole Jones : Chant - Charlayne Woodard : Chant - Annika & Marika Lundeberg : Vocalisations

🌍 Visiter le site de Fascination Curve →

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