The Origin Of Suffering

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(4.5 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Après un premier album sorti en 2016, In The Beginning Was The Emotion et chroniqué dans ces pages, on n’en sait aujourd’hui pas beaucoup plus : Far From Your Sun est un groupe de français de rock progressif, voilà tout ! Une profession de foi précise néanmoins les intentions : L’expression Far From Your Sun est une référence à la façon dont nous pouvons vivre épanouis et heureux à l’ombre de l’artificiel, des lumières, loin des modes, loin d’un soleil flatteur, mais souvent insaisissable, trompeur (sic).

Quant à ce deuxième opus au titre intriguant, sinon inquiétant, The Origin Of Suffering, il est conçu comme un voyage initiatique qui vous emmènera des rives du Nil dans l’Égypte ancienne au cœur du XIXe siècle et des poèmes d’Emily Dickinson et d’Oscar Wilde, de la venue de Jésus sur terre aux signes annonciateurs de la fin du monde.

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La première piste « A Crown Without Thorns », au titre très symbolique, nous fait découvrir une musique plutôt mélancolique faisant la part belle aux vocaux et aux guitares. Le voyage est lancé ! Evoquant le mythique Livre des Morts, « Water For Osiris » est un morceau puissant sur le plan mélodique et rythmique. Ici l’au-delà n’est pas éthéré et désincarné, mais plutôt animé. Le refrain Give me water to drink est particulièrement saisissant.

Avec « The Hand And The Voice », le discours musical change totalement pour une musique élégiaque, essentiellement piano et voix et qui fait écho à cette question inattendue : Et si Jésus n’avait jamais voulu venir sur Terre ? « La Fuite de la Lune » avec sa guitare acoustique, cordes et cuivres est un petit bijou de poésie. Le texte du poème éponyme d’Oscar Wilde est ici littéralement repris.

Avec « Enough » c’est le retour à une musique plus incisive, hard rock. Vers 3’26 le texte reprend deux strophes du poème Invictus du britannique William Ernest Henley. Le lancinant « I felt a Funeral, in my Brain » est basé sur le texte éponyme de la poétesse américaine Emily Dickinson. Un simple chant calme sur un ostinato de guitare acoustique donnent à la musique un côté implacable.

L’instrumental « Behind The Wall » reprend des éléments musicaux et sonores déjà entendus qui sont ici données à entendre en mode électro / hard rock.

« Where Planets Die » offre d’abord une ambiance aux sonorités très graves et indéfinies, avant de laisser place un puissant et sombre hard rock que n’aurait pas renié Black Sabbath. Les sons déstructurés et menaçant du début viennent clore le morceau. « Tempus Edax, Homo Edacior », nous offre un final on ne peut plus contrasté avec ce qui précède. D’abord quatuor à cordes, puis piano mi-classique/ mi-jazz, puis à nouveau quatuor à cordes, cette coda superbement écrite, apporte un apaisement, sinon une belle lumière.

Finalement qui se cache derrière FFYS importe bien moins que de découvrir au travers de la musique l’inspiration et le talent instrumental / vocal du collectif, au service d’un album tout à fait étonnant et d’une grande originalité !

Formation du groupe

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