Titres
- Carry On Wayward Son (5:13)
- The Wall (4:47)
- What's on My Mind (3:27)
- Miracles Out of Nowhere (6:29)
- Opus Insert (4:26)
- Questions of My Childhood (3:38)
- Cheyenne Anthem (6:50)
- Magnum Opus (8:27) : - a. Father Padilla Meets the Perfect Gnat - b. Howling at the Moon - c. Man Overboard - d. Industry on Parade - e. Release the Beavers - f. Gnat Attack
Publié chez Kirshner le 21 Octobre 1976, ‘’Leftoverture’ célère son cinquantenaire !
Si deux des musiciens se partageaient traditionnellement les compositions, il sembla qu’après une année 1975 à la fois fructueuse avec deux albums, et harassante (plus de cent concerts), le claviériste & chanteur Steve Walsh connut un passage à vide, ce mal d’inspiration communément appelé syndrome de la page blanche. Comme le suggérait d’ailleurs la superbe illustration de pochette signée Dave McMacken, ce fut donc le poly instrumentiste Kerry Livgren qui pour l’essentiel, s’attela à la tâche et se chargea de mettre sur papier de nouveaux morceaux, entre autres, à partir des restes (leftovers) d’une matière que le sextette n’avait pas retenue ou exploitée lors des précédentes sessions.
En décembre 1975, le temps du trajet menant le groupe au studio de Bogalusa en Louisiane où Kansas avait déjà enregistré ‘’Masque’’, permit à Kerry Livgren d’écrire et ajouter in extremis, une composition supplémentaire, la huitième piste ajustant la durée de ce quatrième album au format classique se situant entre 40 et 45 minutes. Le morceau en question, qui allait même ouvrir le répertoire, n’était autre que ‘’Carry On Wayward Son’’. Cette chanson, l’une des plus célèbres du groupe avec son introduction a capella à trois voix puis son fameux riff électrique, offrait enfin à Kansas, le hit single réclamé à cor et à cri par la maison de disque de Don Kirshner, un tube planétaire qui allait littéralement renverser la table. Si pour le plus grand nombre, l’album suivant (‘’Point Of Know Return’’) demeure le plus populaire de ces deux best sellers de Kansas, ‘’Leftoverture’’ reste au même titre, une œuvre captivante de bout en bout. Deux morceaux seulement étaient donc coécrits avec Steve Walsh : nous retrouvions dans le très accrocheur ‘’The Wall’’, l’inspiration classicisante du chanteur claviériste à travers ces suites d’accords et textures banksiennes de piano, orgue et clavecin auxquels se joignait le violoniste Robby Steinhardt, tandis que ‘’ Questions Of My Childhood’’ (face B du single ‘’Carry on Wayward Son’’) était une pièce particulièrement enlevée, et construite encore autour de somptueux arrangements entre claviers, synthétiseurs et violon accompagnant son chant.
Cette même fraîcheur mêlée d’un léger parfum médiéval était présente dans le très réussi ‘’Miracles Of Nowhere’’ auquel guitare sèche (Rich Williams) et violon ajoutaient une couleur folk dans les passages acoustiques d’une pièce particulièrement nuancée. Cette quatrième plage, comme la suivante (‘’Open Insert’’), toutes deux signées uniquement par Kerry Ligren, présentaient l’une comme l’autre, une étonnante séquence instrumentale digne de Gentle Giant, et guidée avec maestria par le batteur Phil Ehart, entrelaçant piano, orgue et vibraphone autour des remarquables de lignes de basse de Dave Hope. Ces deux courts passages donnaient déjà un certain avant-goût du tout dernier morceau de l’album. Démarrant à la façon d’une ballade acoustique, le thème mélancolique de ‘’Cheyenne Anthem’’, hymne à un peuple spolié de ses terres et de sa culture, évoquait l’un des épisodes les moins reluisants de l’histoire américaine ; le violoniste Robby Reinhardt partageait ici le chant principal avec Steve Walsh.
Enfin, dans une sorte de tradition voulant qu’une pièce épique vînt conclure la plupart de leurs albums, le bien nommé ‘’Magnum Opus’’ chapitré en six parties était cette fois, le fruit d’une construction collective. ‘’The music is all for you. It’s really all we got to share…’’ : à l’instar de ces paroles extraites du bluesy ‘’Howling At The Moon’’ (seule section avec chant), il ouvrait grand l’espace à l’instrumentation dans un florilège d’ambiances sonores. De son inquiétante introduction au solennel final reprenant ce même thème après un crescendo poussé à une cadence paroxystique, les huit minutes de ce kaléidoscopique ‘’Magnum Opus’’ justifiaient pleinement la place de Kansas en tant que premier ambassadeur du rock progressiste made in US. Nous étions relativement loin ici, du registre AOR/Arena rock les rapprochant souvent de leurs compatriotes Styx avec lesquels l’affiche fut d’ailleurs partagée lors de la tournée ‘’Leftoverture’’. Quatre décennies plus tard, Kansas (dans sa nouvelle configuration…) a revisité en live ce répertoire (‘’Leftoverture Live & Beyond’’ /août 2017), et quatre ans plus tard, celui de ‘’Point Of Know Return’’ (mai 2021).
‘’Leftoverture‘’ fut remasterisé en mai 2001 (Epic/Legacy/Kirshner) dans une version contenant deux bonus (‘’Carry On Wayward Son’’ & ‘’Cheyenne Anthem’’ enregistrés en Live au Palladum de New York).
Formation du groupe
Steve Walsh : chant principal et chœurs, orgue, piano, vibraphone, synthétiseurs - Rich Williams : guitares acoustique et électrique - Kerry Livgren : guitare électrique, piano, clavinet, synthétiseurs Moog, Oberheim et ARP - Robby Steinhardt : violon, alto, chant principal (4,7) et chœurs - Dave Hope : basse - Phil Ehart : batterie, percussions - Avec : Toye La Rocca, Cheryl Norman : voix d'enfants (7)