Colchique

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(4.4 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Daudane – Colchique … Voilà un album qui m’aura bien intrigué. D’où sort ce nom de groupe en forme de jeu de mot ? Et la pochette ? Autant les calligraphies façon Roger Dean ou Ed Unitsky vous conditionnent en vous plongeant d’emblée dans un univers d’heroïc fantasy ou de SF, autant une photo de rugbymen ne vous oriente guère, sans parler de l’empilement de zestes d’orange en partie basse de ladite pochette.… Serait-ce le prélude à une musique plutôt virile ? A moins qu’il ne s’agisse d’une sorte de compil de chansons façon Allez les Bleus dont la haute valeur musicale nous enchante à chaque grand-messe sportive de portée internationale ? Et bien les 7 Bayonnais (ou assimilés / sympathisants) cachent bien leur jeu !

20 secondes d’écoute de la première piste « Futur Fossil », c’est le temps qu’il m’a fallu pour comprendre que je tenais là quelque chose qui allait bougrement me plaire ! Un superbe 8-temps qui débute sur un motif acoustique répété 4 fois avant de lancer un thème plein d’allant à la guitare, quel rythme, quelle fluidité ! Après cet allegro giocoso, la pièce la plus longue de l’album nous plonge dans une atmosphère toute autre. A l’urgence de « Futur Fossil » succède l’onirisme d’ « Escape ». Une longue intro avec ses étranges sonorités rappelant le sitar indien nous amène peu à peu vers un passage chanté assez hypnotique sur une rythmique immuable. A noter vers 7’ une intervention de la flûte particulièrement poétique.

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Le court « Salt Of Summer » a un côté années 70 très marqué que ce soit par le style vocal et surtout l’utilisation de la flûte. « Caros », court également, lorgne plutôt du côté blues-rock bien enlevé. Beaucoup plus long « Targa » renoue avec un psychédélisme musclé, un peu à la Hawkwind. A peine quelques respirations, la dynamique irrépressible évolue sans entrave – bref, ça file comme une Porsche 911 Targa !

« Alligator » revient au psychédélisme sonore des 70’, avec en prime avec un swing latino et ses percussions, du moins dans les 3 premières minutes. Un passage instrumental plus complexe se met en place où flûte, guitare rythmique et basse s’enchevêtrent jusqu’à disparaitre dans un decrescendo lent et contemplatif. L’album se termine sur un moment de pure poésie où la litanie immuable de la flûte, portée un temps par un rapide trait de percussion, achève de vous fermer les yeux. « Infinite Nap », tout un programme !

Une belle surprise que ce premier album très éclectique, subtil mélange de rock psychédélique mi-ancien mi-moderne, avec ce côté indie enthousiaste et rafraichissant. Qui plus est l’instrumentation est riche et les musiciens excellents. Vous ne trouverez (probablement) pas Daudane dans le défilé des bandas lors des fêtes de Bayonne, mais voilà un groupe qui vient de s’offrir une belle carte de visite avec « Colchique » !

Formation du groupe

Stéphane "Pollux" Paulini : Guitare - Peio Erramouspe : Basse - Mikel Maille : Batterie - Nils Thobie : Guitare / Basse / Synthés / Chant - Perrine Feriol : Flute / Saxo / Tambourin / Choeurs - Tony Lepors : Batterie - Max Holmes : voix suave

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