Act One

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(5 sur 5) / Vertigo
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Rock Progressif

En Juillet 1970 fut enregistré l’album ‘’Act One’’ par Beggars Opera.

Fondée en 1969 par le bassiste Marshall Erskine, le chanteur Martin Griffiths et le guitariste Rick Gardiner, rejoints respectivement ensuite par l’organiste Alan Park et le batteur Ray Wilson, cette formation écossaise tirant son nom de l’œuvre littéraire de John  Gray (L’Opera Du Gueux), avait démarré comme beaucoup d’autres, en tant que groupe de reprises (Beatles, Stones, Family, Led Zeppelin…) mais créa très rapidement son propre répertoire dans un registre heavy prog emblématique de cet entre-deux décennies autour de sonorités à la fois puissantes et d’une grande sophistication. Leur musique empruntait autant au psychédélisme de la fin des 60s qu’à la musique classique & baroque. Se produisant dans divers clubs, et surtout au Burns Howff de Glasgow où ils avaient établi leur base, un club dans lequel débutaient également leurs compatriotes Stone The Crows et Maggie Bell. Les choses se précipitèrent quand le tandem Bill Martin/Phil Coulter les remarqua lors de leurs prestations scéniques et décida de produire ce jeune quintette qui, huit mois seulement après leur premier concert, signait déjà avec la maison de disque Vertigo.

Les cinq musiciens quittèrent Glasgow en juillet 70 pour se rendre aux studios De Lane Lea de Soho/Londres, et enregistrer ce ‘premier acte’ avec le concours de l’ingénieur du son Martin Birch (Deep Purple Fleetwood Mac, Black Sabbath). Le groupe connaissant par cœur les cinq pièces de ce répertoire pour les avoir jouées et rejouées soir après soir au cours des mois précédents, deux jours de sessions (en mode Live) furent suffisants, le premier pour l’instrumentation, le second pour le chant et les fills de Martin Griffiths. Pour ouvrir et refermer l’album, le quintette avait audacieusement choisi de transposer dans l’univers du rock progressif, celui de l’opérette viennoise et de l’un de ses fondateurs, Franz Von Suppé à travers la revisite de deux de ses ouvertures les plus célèbres (‘’Poète et Paysan’’ et ‘’Cavalerie Légère’’). Comme dans ‘’Passaglia’’, une incandescente reprise de la suite du même nom signée par Handel, le chanteur Martin Griffiths ajoutait parcimonieusement ses textes et mélodies vocales aux thèmes, motifs et interactions entre l’organiste Alan Park et le guitariste Marshall Erskine, tous trois portés avec emphase par la section rythmique Ray Wilson/Marshall Erskine.

Le précieux (mais trop court) ‘’Memory’’, légèrement teinté de blues, mettait particulièrement en valeur le chant de Martin dans ces paysages sonores généralement dominés par les envolées d’Hammond et les riffs de six-cordes. Impulsée avec fougue par le batteur Ray Wilson, ‘’Raymond’s Road’’ était une pièce instrumentale pour orgue & guitare électrique qui reprenait pèle-mêle, et à la façon de leurs homologues néerlandais Ekseption, quelques célèbres air et mélodies classiques dont ‘’La Marche Turque’’ (Mozart), la Toccata & Fugue en ré mineur (Bach), Peer Gynt (Grieg) ou encore la deuxième partie (Allegro) de l’ouverture de Guillaume Tell (Rossini).  Quelques mots enfin, sur la mémorable photo de couverture du disque prise par Marcus Keef, et qui lui valut une récompense par la suite (il avait également signé les pochettes des trois premiers Black Sabbath).

L’album ne fut mixé qu’à l’automne, ce qui explique sa sortie tardive en novembre 70. L’année suivante, Beggars Opera se forgeait déjà une solide réputation en Europe occidentale, notamment grâce au succès du single ‘’Sarabande’’ classé dans les charts (ajouté à l’album lors de sa réédition CD*) ainsi que l’apparition du groupe dans Beat-Club, célèbre broadcast de la télévision allemande (vidéos disponibles sur YouTube). Ils se produisirent entre autres, au mythique Cavern Club de Liverpool où les Beatles les avaient précédés, ainsi qu’à l’éclectique et célèbre Marquee Club de Londres, ou encore en Septembre au British Rock Meeting, entre Fleetwood Mac et Black Sabbath, devant 30.000 spectateurs. Toujours en 1971, le groupe poursuivit sa phase ascensionnelle avec son second opus ‘’Waters Of Change’’, enrichissant peu à peu son instrumentation par un apport de mellotron, piano et autres claviers vintage. L’année suivante, ‘’Pathfinder’’ concluait avec brio, une trilogie faisant de cette première période (1970-1972), l’incontestable âge d’or de cette formation.

‘’Act One’’ fut réédité en 1997 (Repertoire Records/Europe) avec l’ajout de deux bonus (‘’Sarabande’’* et ‘’Think’’), avant d’être remasterisé au Japon chez Vertigo en avril 2021.

Formation du groupe

Martin Griffiths : chant principal - Ricky Gardiner : guitare solo, chant - Alan Park : orgue, piano - Marshall Erksine : basse - Raymond Wilson : batterie

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