No Fear of Drowning

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(4.1 sur 5) / FOSFOR Creation
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Art Rock Electro Rock Progressif

Second album pour le groupe suédois Bakelit, créé autour du multi-instrumentiste Carl Westholm (Carptree, Jupiter Society, Krux, Avatarium, Candlemass). ‘No Fear of Drowning’ évolue du côté électronique du Rock Progressif en proposant une musique atypique, un peu Art Rock, où les textures servent a créé une ambiance majoritairement oppressante en accord avec la thématique du disque. Ainsi, les six titres forment un ensemble très cohérent pour une plongée au cœur des aspects les plus obscurs de la pensée humaine.

Dès le départ, “From the Underground” nous immerge dans le décor avec ses bruitages inquiétants, son rythme martelé à l’inspiration industrielle et le mélange très réussi entre voix masculines et féminines. La progression harmonique joue d’ailleurs un rôle dans la construction de cette ambiance donnant l’impression d’une boucle qui jamais ne se referme. Ce titre, très réussi, pose le décor d’une tension qui restera présente tout au long du disque.

Orchestration plus aérée pour “Moment of Peace” qui offre un moment de répit en faux semblant, maintenant un climat inexplicablement inquiétant. Les puissants chœurs du refrain donnent une amplitude supplémentaire au titre, qui se voit doté d’un solo de guitare mélodique et aventureux.

La lourdeur des machines puissantes est de retour sur le viscéral “We Still Hate You”. Le travail des claviers est à nouveau remarquable, sans donner dans l’impressionnant, et chaque son, chaque intervention, contribue à l’échafaudage d’un paysage sombre à souhait.

Pour le côté solaire, vous repasserez plus tard. “Weak, Immature, Aggressive” poursuit le travail de sape entamé, en mettant encore plus en avant les voix féminines. Par moment, une respiration quasi acoustique vient rompre la progression inexorable des machines sans âme. Le morceau se termine sur une phase rythmique complexe avec à la (aux) baguette (s) le batteur Jonas Källsbäck (The Night Flight Orchestra, Gathering of Kings).

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Toujours plus cinématographique, “No Fear of Drowning” avance sur une étrange rythmique. Les très belles envolées vocales semblent faire renaître l’espoir, ou bien sombrer dans le découragement le plus total.

L’album se referme sur “Bombs in my Head” qui n’inverse pas la tendance en offrant une progression en tension vers ce qui semble être une fin inévitable.

Disque plombant, tant par sa sonorité que sa thématique, ‘No Fear of Drowning’ par Bakelit apporte une contribution à la fois sombre et solide à la partie électro de la palette progressive. La pochette, représentant des mains cherchant à se raccrocher à une structure en poutres métalliques rivetées, illustre plutôt bien le contenu musical de l’objet, qui pourrait, pour certains, être l’illustration du monde actuel en proie à la déshumanisation et à la progression des fonctions artificielles, qu’elles soient intelligentes ou non.

Formation du groupe

Öivin Tronstad : Voix - Cia Backman : Voix - Carl Westholm : Voix, Basse, Claviers, Thérémine, Programmation - Ulf Edelönn : Guitares - Jonas Källsbäck : Batterie

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