Titres
- Nice, Nice, Very Nice (5:49)
- Time Waits for No One (5:01)
- Holdin' On to Yesterday (4:19)
- World Leave Me Alone (3:17)
- Make Us All Aware (4:28)
- Lover Arrive (3:12)
- Mama Frog (6:05)
- Drink of Water (6:29)
En Février 1975 fut publié chez 20th Century Records, le premier album d’Ambrosia.
Le chanteur guitariste David Pack connaissait depuis l’adolescence le bassiste Joe Puerta avec lequel il avait créé le groupe Sentry’s (comptant également Bob James, futur membre de Montrose). Un concert de King Crimson au Whiskey A Go Go auquel tous deux assistèrent fut déterminant dans la trajectoire qu’ils décidèrent de prendre lorsqu’ils furent rejoints par le claviériste Christopher North et le batteur Burleigh Drummond pour former Ambrosia en 1970.
Assistant à l’une de leurs démos, Gordon Parry, célèbre ingénieur du son pour le label de musique classique Decca, encouragea les quatre musiciens à prendre contact à Londres avec son homologue Alan Parsons qui devait précisément se rendre en Californie, berceau du groupe basé à Los Angeles, dans le cadre de sa nomination aux Awards pour la qualité d’enregistrement du cultissime ‘’Dark Side Of The Moon’’ de Pink Floyd. Doté d’une partie de son matériel dont un 16 pistes, et surtout d’un savoir-faire acquis aux Studios d’Abbey Road, Alan Parsons accepta de prendre en charge le mixage du premier opus d’Ambrosia qui venait, en outre, de signer avec le label Twenty Century Fox Records représenté par le tout aussi emblématique Russ Regan (découvreur d’Elton John, Barry White, Neil Diamond…).
Au sujet de la réussite de ce premier album éponyme enregistré à la fin de l’année 1974 aux studios Mama Jo’s de Hollywood, le batteur Burleigh Drummond expliquait simplement qu’il était le fruit d’un travail collectif tant dans l’écriture que dans la composition, et que, sur le plan musical, son quartette avait su organiser et jouer des arrangements complexes sur des chansons pop. L’imparable ‘Nice Nice, Very Nice’’ qui ouvrait ce répertoire, quelque part entre Traffic (‘’The Low Spark Of High Heeled Boys’’) et Steely Dan, allait peu après, inonder les radios FM américaines. Également édité en single, le voluptueux ‘’Holdin’ On To Yesterday’’ et son envoûtante mélodie véhiculée par le chant et les chœurs, offrait à Ambrosia son premier grand tube. Ce morceau initialement ancré dans la country fut spontanément inspiré au groupe lors d’une reprise en studio du blues de B.B. King ‘’The Thrill Is Gone’’. Des instrumentistes inattendus s’étaient invités sur le délicat ‘’Time Waits For No One’’, à savoir le violoniste classique Daniel Kobialka ainsi que l’ensemble de balalaïkas d’Odessa dans la seconde partie de ce second morceau, tandis que la fausse ballade ‘’Make Us All Aware’’ portée brillamment par les claviers acoustiques de Chris North autour du chant et de ces lumineuses harmonies vocales, se parait, quant à elle, de certaines couleurs ethniques. De la même manière que ‘’World Leave Me Alone’’ dans l’énergie de son riff électrique, ‘’Drink Of Water’’ s’inscrivait dans un hard rock/FM typiquement américain, où un orgue à tuyaux accompagnait ici les arrangements vocaux dans un style AOR voisin de leurs compatriotes Styx et Journey. Quintessence du prog ambrosien, ‘’Mama Frog’’ renvoyait irrésistiblement à Gentle Giant dans sa structure rythmique, ses textures, ses breaks et ses emblématiques harmonies vocales. David Pack se remémorait la fascination qu’exerça sur son groupe, le travail scientifique d’Alan Parsons, agglomérant autour des motifs de guitares, basse et claviers électriques, huit éléments sur une même piste, et qui, après avoir enregistré section par section, procédait à un improbable assemblage avant de passer au mixage. La sixième plage ‘’Love Arrive’ ’se faisait déjà annonciatrice, quant à elle, des orientations pop qu’allait prendre le groupe au fil du temps.
Pour la longue tournée qui suivit la sortie de l’album, Ambrosia démarra en première partie de ses homologues californiens, les Beach Boys, devant 30.000 personnes, tournant notamment ensuite avec Kansas, les Doobie Brothers ou encore Fleetwood Mac (déjà composé à cette période, du futur line-up de ‘Rumours’’). En 1976, bénéficiant une nouvelle fois de la patte experte d’Alan Parsons, également producteur, le second opus ‘’Somewhere I’ve Never Travelled’’, inspiré d’un poème du même titre par Edward Eastlin Cummings, s’inscrivait encore dans un registre indiscutablement progressif. Au cours de cette même année, les quatre musiciens participèrent également à un album concept d’Alan Parsons Project, une petite merveille adaptant l’œuvre d’Allan Edgar Poe (‘’Tales Of Mystery And Imagination’’). Ils se tournèrent ensuite vers une pop/rock de plus en plus accessible dont le pic commercial fut atteint avec le quatrième et avant dernier album studio ‘’One Eighty’’ (Warner Bros/1980).
Après un demi-siècle, force est de constater que ce premier album n’a pas pris la moindre ride. Il fut remasterisé pour les Etats Unis chez Warner Bros en 2000. Puis un coffret double CD paru en 2012 regroupait les deux premiers albums.
Formation du groupe
David Pack : guitare, chant, claviers (6) - Christopher North : claviers, chant - Joe Puerta : basse, chant - Burleigh Drummond : percussions, basson, chant Avec : - Alan Parsons : ingénieur du son et mixage (nominé pour un Grammy pour le meilleur enregistrement technique)
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