The four ZOA

Par

(3.8 sur 5) / Tonzonen Records
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Jazz-Rock Rock Progressif Rock Psychédélique Space Rock

Nous avions jeté nos délicates oreilles, il y a quelques semaines, sur Sada. Une association entre deux entités musicales, cette fois ci Vespero nous revient, sous sa propre identité. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est avant tout une musique complexe et ébouriffante. Un univers où le mélange harmonieux entre, le folk rock psychédélique, l’atmosphérique et cette noble présence de souches jazzy est réalisé avec une folie déconcertante de maîtrise. Des nuances sonores où la juxtaposition d’instruments dit « classiques » et basiques se mixe avec du synthé vintage et de larges touches de modernité. La ligne de conduite est, et reste une musique instrumentale à perdre haleine.

Avec « The Four ZOA », nos artistes s’inspirent directement d’une œuvre mythologique inachevée du poète anglais William Blake. Les Zoas sont la quadruple division de l’homme primordial, Albion. Chacune d’elles est personnifié par une divinité.

Nous démarrons notre tour d’horizon avec « Urizen » représentant la sagesse, l’hyper-rationalisme, le savoir et l’Architecture au sens profond du terme. Concrètement ce titre vous balance en pleine poire leur style inimitable et vous promène dans des niches musicales au gré de leurs fantaisies. Attention, c’est savamment calculé et rien n’est laissé au hasard, malgré cette impression d’une improvisation palpable le long de ces 11 minutes d’orgie musicale bourrée d’idées.

On enchaîne sur « Tharmas », divinité qui porte l’instinct et la force, mais aussi le chaos, et « Beulah » sans être une des divinités, représente la douceur, pour la faire courte. Ces deux titres, même en étant plus courts d’une poignée de minutes, sont dans un free jazz psychédélique ponctué par le violon de Vitaly, qui amène la force profonde indispensable.

Quoi de plus normal, donc, de faire la transition avec « Luvah » divinité de l’amour, la passion, l’énergie rebelle, l’envie et la rage… Tout un programme avec justement une introduction au violon appuyée par des nappes et autres sons et bruitages divers, émanant de bon vieux claviers vintage. La section rythmique se met en branle pour vous emmener à mi-chemin sur une guitare psychédélique, limite orgasmique. Passons sur « Urthona » portant l’imagination et la confusion. Dès l’intro nous sommes dans le vif du sujet et musicalement immergé dans ces deux états, Vespero se payant même le luxe de nous offrir une technique de jeu free Jazz fusion psychédélique d’une rare intensité.

Sans transition nous profitons de « LOS » le garde fou d’Urizen qui nous ouvre un univers de nuances musicales fouillées et complexes. Avec un mixage d’un très haut niveau, nous faisant surgir au gré du thème des petites touches musicales pertinentes et nous offrant à mi chemin une tournure apaisante que la « whistle » d’Alexey met en avant.

Nous finissons l’album avec le titre gargantuesque de 21 minutes qu’est « The Emanation of the Giant Albion », du fait de sa longueur, vous pouvez imaginer la richesse musicale qui se cache dans ses entrailles, on peut savourer, au fur et à mesure que l’on avance dans le titre, toutes les nuances sonores chères à nos moscovites

On n’aime ou on n’aime pas Vespero, mais il ne laisse pas indifférent, loin de là. L’album est d’une richesse technique impressionnante. Le style avant- gardiste présent par moment peut vous dérouter, mais je vous recommande de vous accrocher car le jeu en vaut la chandelle. Pour peu que vous ayez parcouru cette œuvre mythologique, vous ressentirez plus profondément le sens de chaque titre. Si de surcroît vous lisez les passages dédiés, tout en écoutant « The Four ZOA », alors je vous laisse la surprise de l’interactivité qui prend tout son sens.

Formation du groupe

Ivan Fedotov – Batterie, « drum- machine » - Arkady Fedotov – basse, synthétiseur, bruitages - Alexander Kuzovlev – guitares - Alexey Klabukov – Claviers, synthétiseurs, trumpette, « whistle » - Vitaly Borodin – violon - Invités : Ilya Lipkin – guitare (piste 7) - Evelina Butenko - violon (piste 4) - Alexandra Starkova – cello (piste 4) - Anna Anshakova - viola (piste 4)

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