Titres
- Rebuild Nothing (1:19)
- Master of Drama (13:11)
- Wanderlust (9:43)
- Asymmetrical Reflections of a Restless Heart (23:32)
J’ai découvert le groupe italien Tritop en 2023 avec leur premier album extrêmement prometteur et fortement remarqué Rise of Kassandra. Second album, Tritop 120 marque une étape de maturité impressionnante pour la formation romaine. Si le groupe reste attaché à ses racines (Yes, ELP, Genesis ou King Crimson), il injecte dans ce nouvel opus une dose de muscle et de modernité qui le propulse aux côtés des ténors plus contemporains. On pense à l’orfèvrerie mélodique de The Flower Kings ou Kaipa, mais aussi à la puissance architecturale de Dream Theater et Haken. L’album se structure autour de quatre pièces seulement pour une durée totale de 47 minutes. Le groupe a fait le choix du long format pour laisser respirer ses compositions, portées par la voix claire et puissante de Mattia Fagiolo. Musicalement, le disque affiche un bel équilibre : les claviers de Pierfrancesco Di Pofi tissent des textures symphoniques imposantes, tandis que la guitare de Francesco Caponera apporte un tranchant résolument moderne. Le tout est solidement ancré par la section rythmique millimétrée d’Ivo Di Traglia à la batterie et Jacopo Tuzi à la basse.
Dès l’ouverture, « Rebuild Nothing », le charme opère. Cette courte pièce, composée et interprétée à la guitare classique par Iacopo Di Traglia, n’est pas sans rappeler un certain Steve Howe. Et ce n’est que le début. La suite apporte son lot de surprises, à commencer par les 13 minutes de “Master of Drama”. Titre qui débute sur un Prog “classique” 70s de très haute tenue porté par l’émotion de la voix de Mattia Fagiolo, avant d’évoluer sur des structures plus complexes et Heavy Prog syncopées lorgnant même vers le Metal Progressif. Le groupe est au cordeau, en particulier sur les sections à l’unisson, et les duels claviers/guitare y sont époustouflants. « Wanderlust » est une invitation au voyage dans la plus pure veine Prog, en particulier sur sa première partie, technique et groovy à souhait. On y remarque l’omniprésence d’Ivo Di Traglia derrière les fûts : son jeu, toujours sur le qui-vive, appuie à chaque instant les mélodies et les solos de manière brillante. L’album se conclut sur l’épopée finale de près de 24 minutes, « Asymmetrical Reflections of a Restless Heart ». Un condensé de tout ce que le genre a de meilleur : thèmes récurrents, sections instrumentales virtuoses, ponts mélancoliques et un final épique renforcé par un ensemble de chœurs féminins. Une pièce qui demande plusieurs écoutes pour en saisir toute la richesse.
Sur Tritop 120 Tritop a indéniablement gagné en maturité : les transitions sont plus fluides, la production est plus punchy et l’équilibre entre la complexité technique et l’émotion mélodique est parfaitement maîtrisé. Un disque généreux et ambitieux qui devrait plaire aux nostalgiques des 70s comme aux amateurs de complexité moderne à tendance Metal.
Formation du groupe
Ivo Di Traglia : Batterie, Composition, Arrangements - Pierfrancesco Di Pofi : Claviers, Piano, Orgue Hammond, Synthétiseurs, Mellotron, Voix - Francesco Caponera : Guitares, Voix - Jacopo Tuzi : Basse, Guitare acoustique, Voix - Mattia Fagiolo : Voix, Paroles (4) - Iacopo Di Traglia : Guitare classique (1), Compositeur (1), Paroles (2, 3) - Choeur féminin sur "Asymmetrical Reflections Of A Restless Heart" : Roberta Campoli, Annalaura Talpa, Eleonora Belfiore
