Anthem To The Phoenix Star

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(4.6 sur 5) / Seacrest Oy
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Rock Progressif

Après avoir complété de belle manière le cycle des « Spaghetti Epic », les TSOP troquent chapeaux de cowboys, mustangs, six-coups et les mésas désertiques pour une aventure spatiale ! Les annonces régulières faites quant à la sortie prochaine de Anthem To The Phoenix Star ne faisaient guère mystère de l’arrivée de Marco Grieco en tant que Samurai. Il est vrai que le rythme soutenu des sorties de notre collectif favori peut avoir conduit un Steve Unruh (néanmoins présent sur l’album) à passer son tour. De toutes façons en France tout le monde sait depuis Alexandre Dumas que les Trois Mousquetaires (sortes de Samurai de chez nous) étaient quatre !

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La mise en musique de l’aventure spatiale du vaisseau Phoenix et de ses occupants est entièrement due à Marco Grieco, dont on avait déjà entendu quelques compositions dans les derniers albums de TSOP. Le journal de bord du périple vers l’étoile Ankaa (Alpha Phoenicis pour les astronomes, visible dans l’hémisphère sud) relate sept étapes que je vous propose de découvrir.

La piste-titre, « Anthem to the Phoenix Star », débute sur un solo de sax de Marek Arnold qui sonne un peu comme dans un film policer américain des seventies avec Clint Eastwood. Et puis arrive la voix de … Clive Nolan ! La famille TSOP déjà bien garnie s’agrandit continuellement. Après un long passage en mid-tempo, une belle accélération (supraluminique) propulse la musique dans une envolée instrumentale irrésistible, marquée la batterie féroce de Kimmo Pörsti.

Bart Schwertmann prend les commandes vocales sur « Burning Silence ». La musique est plutôt sombre, n’était la flûte de Sara Traficante qui vient adoucir des sonorités plutôt âpres. L’orgue de Marco Grieco vient ajoute à ce rock spatial une dimension dramatique et un dernier solo de guitare déchirant de Ruben Alvarez clôt la deuxième étape.

Pour la troisième entrée du journal de bord, « Killing Hopes », douceur et mélancolie sont de mise, et le chant de Yogi Lang s’épanouit sur la guitare acoustique de Rafael Pacha et les airs de flûte et de violon de Steve Unruh. On notera le break à partir de 4’30 pour un duo guitare acoustique et basse à tendance néo-classique, qu’on pourrait jouer sans problème au clavecin. La fin lumineuse est du plus bel effet.

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Une intro au xylophone par Beatrice Birardi, bientôt rejointe par le chant aérien d’Olivia Sparnenn Josh sur des textes de Daphne Grieco : la composante féminine de TSOP prend les rênes pour un « Bones » très poétique. Le motif répétitif et syncopé au piano après 5’30, bientôt rejoint à la cornemuse par Rafael Pacha, offre une lointaine similitude avec un thème bien connu de Mike Oldfield. On termine dans la douceur du duo xylo / voix. Un sommet de l’album à coup sûr !

Dans « Don’t Be Afraid », nouveau timbre vocal à découvrir avec l’entrée de John Wilkinson, pour un long morceau prenant volontiers des accents genesiens. Au milieu, le rythme ternaire syncopé adopté par Marco Grieco pour sa musique me laisse à penser qu’il a dû écouter un certain Supper’s Ready ! Voilà du rock progressif symphonique de premier plan.

Dans « Wings » Marco Grieco, seul au piano, utilise avec bonheur le procédé qui consiste à jouer un motif mélodique quaternaire, accompagné à la main gauche par un motif ternaire. Le flottement qui en résulte est de toute beauté. Mi-classique, mi-romantique, la musique progresse jusqu’à un climax rapsodique à souhait, avant un retour des motifs mélodiques initiaux. Superbe.

La longue suite finale, « Behind The Curtain », enchaine 9 parties contrastées au possible. Parties vocales (Clive Nolan) et parties instrumentales, alternent. L’orgue de Marco devient à l’occasion orgue d’église, ce qui rajoute au côté grandiose du morceau. La toute fin, très mélancolique, vous laisse un peu perdu dans l’espace …. Fin de la transmission.

Ce collectif international qui n’est, chaque fois, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, ne laisse d’étonner par sa capacité à se renouveler et à proposer un prog symphonique haut en couleur toujours parfaitement maîtrisé et interprété. A une section rythmique à la fois solide et inventive dont la complicité de ses deux protagonistes, Marco Bernard et Kimmo Pörsti, est évidente et s’est forgée dans l’incessante réalisation d’une discographie hors normes, Marco Grieco apporte dans Anthem To The Phoenix Star toute sa science de la composition musicale et sa brillante technique de piano, sans oublier ce lyrisme dont les italiens ont le secret !

Il me reste simplement à vous dire que l’album dure une heure (en temps terrestre) et que les somptueux décors sont d’Ed Unitsky !

Formation du groupe

Marco Bernard ; basses Shuker - Marco Grieco : claviers, guitares acoustiques et électriques, ukulélé, chœurs - Kimmo Pörsti :batterie & percussions - Avec: - Clive Nolan (chant) - Juhani Nisula (guitares acoustiques et électriques) - Marek Arnold (saxophones alto et soprano) - Bart Schwertmann (chant) - Sara Traficante (flûte) - Rubén Alvarez (guitare électrique) - Yogi Lang (chant) - Steve Unruh (violon, flûte) - Bruce Botts (guitare électrique) - Rafael Pacha (guitares acoustiques et classiques, uilleann pipes, flûte à bec) - Olivia Sparnenn Josh (chant) - Luke Shingler (flûte) - Béatrice Birardi (xylophone) - Carmine Capasso (guitare électrique) - John Wilkinson (chant) - Marcel Singor (guitare électrique) - Massimo Sposaro (guitare acoustique) - Cam Blokland (guitare électrique)

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