Valor

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(4 sur 5) / Apollon Records
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Alternative Rock Crossover Prog Rock Progressif

Un petit tour du côté de la Norvège pour vous parler de « The Opium Cartel ». Comme vous pouvez le comprendre, nous n’allons pas parler, bien sûr, de substances euphorisantes qui peuvent vous rendre amoureux raide dingue d’un magnifique frelon asiatique, mais bel et bien du groupe.

Qui retrouvons nous à la tête de « The Opium Cartel » ? Et bien, notre cher Jacob Holm-Lupo. Si vous ne connaissez pas le volume artistique de la personne, c’est en premier lieu un compositeur prolifique et un multi-instrumentiste de talent. Il est aussi un des leaders du groupe « White Willow », et ne boudons pas notre plaisir, il est également propriétaire d’un studio (Le dude Ranch) et co- manager du label Termo Records. Histoire de compléter son ouverture musicale, et comme il est plusieurs à lui tout seul, il publie un livre sur le groupe Blue Öyster Cult. Voilà en gros, la carte de visite du bonhomme.

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Mais revenons sur le sujet qui nous intéresse, en l’occurrence l’album « Valor », 3ème rejeton de T.O.C. Le dernier album, « Ardor » remontant mine de rien à 2013, voyons voir ce qui se cache derrière cette petite galette norvégienne qui nous propose avec « In the street » un démarrage très fort. Une superbe voix féminine, souvent doublée pour rajouter du corps au texte, du Synthé vintage à fleur de peau, et une ligne de basse kiffante à souhait. Le titre se termine dans une superbe intervention au saxophone nous rappelant certains titres de Tears for Fears. L’enchainement sur « Slow Run » nous propose la même recette avec les ingrédients d’un Electro pop éthérée, s’aventurant parfois dans du progressif. Le titre fait mouche. La recette est fort bonne, et on en remet une couche avec « A Question of Re-entry » un instrumental, où là encore les synthés vintages sont de sorties, au début une guitare assez discrète, aux belles couleurs floydienne, passe en premier plan, puis s’engouffre par la suite dans un son plus prog rock.

Sur le titre suivant, je suis bluffé par la maturité vocale d’Ina A, qui du haut de ces 13 ans et quelques effets bien pensés nous sort un pétillant « Nightwings ». Une composition qui est dans un style (assumé !) années 80. Les effets, les instruments, tout est réunis pour nous faire plonger dans le passé. On croit entendre par moment du B52. Changement de registre avec le trop court « Fairground Sunday », une délicieuse balade à l’instrumentation grandement aérée. Une guitare jouant un finger piking tout le long du titre, des nappes et de légères et courtes saturations de guitare interviennent plus tard, pour gonfler l’ambiance progressive du titre. Que dire de la voix sensuelle qui nous offre un superbe univers, la vérité ? On nage en plein White Willow à la flûte près.

Passé ce moment de grâce, « Under Thunder » nous plonge dans une introduction pop Kitch à souhait, qui lorgne dans un pur style tendance Prefab Sprout. Attention, kitch ne veut en aucun cas dire sans intérêt. En effet la composition regorge de passages de rock progressif du plus bel effet. Le solo de guitare qui arrive au trois quart du titre, avec les accords synthé en toile de fond, est bouleversant.

Allez hop, filons sur « The Curfew Bell », une cloche funeste en intro pour une bonne ballade celto folk Electro-Viking. Spontanément j’ai ressenti une ressemblance avec les gros trucs d’Enya avec ces voix en canon (merci Leah Marcu) qui vous font frissonner. Et que dire de ces progressions d’accords si subtils… Mon dieu, que c’est dur d’être sensible à tant de beauté. A peine remis de mes émotions, je transite vers « A Maelstrom of Stars » une composition instrumentale que je trouve assez besogneuse, basique et sans grand relief. Honnêtement, elle n’apporte pas de petit plus à l’album.

Nous finissons l’écoute de l’opus sur une reprise assez originale de « What’s It Gonna Be », sortie par le groupe de Heavy Metal Ratt (Période cheveux permanentés) en 1988. Ici l’approche est  totalement différente. Un tempo plus lent, et puis bien sûr de nouveau les boites à rythmes et les synthés d’une autre époque. Il y a même ce petit solo, lorgnant vers du Steve Steven, pour vous plonger à fond dans l’ambiance. On croirait presque entendre The Cars, tant le style est proche. L’écoute doit rester discrète pour le plaisir de la découverte de l’arrangement.

Au final, nous sommes en présence d’un album estival qui vous balance une grosse vague de fraîcheur avec ces petits airs de Pop/électro/progressif. Cela me rappelle ma fougueuse jeunesse où je tripotais pendant des heures, et avec ferveur, mon fabuleux Yamaha DX11, pour sortir une sonorité de l’espace. En tout cas, c’est une belle surprise, « Valor » est impressionnant, il ne pourra pas vous laisser indiffèrent et ira surement chatouiller vos oreilles avides de découvertes.

Formation du groupe

Jacob Holm-Lupo (guitare, claviers, synthé, basse, chant) - - Silje Huleboer (chant) - - Leah Marcu (chant piste 7) - - Ina A (Chant piste 4) - - Ole Øvstedal (Basse, Guitare, chant) - - Alexander Stenerud (Chant Piste 9) - - Bjørn Riis (guitare) - - Lars Fredrik Frøislie (batterie, Percussion) - - Ilia Skibinsky (Saxophone) - - Maria Grigoryeva (Violon)

🌍 Visiter le site de The Opium Cartel →

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