Equilibrium

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(4.6 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Découvert avec un léger retard par rapport à la sortie l’album, Equilibrium de Polychrome m’a immédiatement titillé et convaincu de m’y plonger sérieusement, ayant été séduit par l’originalité et la musicalité de ce que j’entendais. Il s’agit donc d’un jeune groupe français, conçu autour des frères Simon et Maxime Senizergues, dont le CV mentionne de sérieuses études musicales classiques. Ils sont jeunes et n’ont pas connu les Beatles ou le prog anglais des 70’ de leur « vivant », mais ils s’en réfèrent et ont largement pris le temps d’étudier les King Crimson, Pink Floyd, Robert Wyatt ou XTC, quand ça n’est pas Steve Reich, l’incontournable pionnier de la musique minimaliste américaine. Cela donne une première idée de ce que peut contenir leur premier ouvrage, Equilibrium, album-concept en 16 morceaux, foisonnant d’idées musicales qui s’emboitent un peu comme les pièces d’un puzzle, tel celui présenté sur l’illustration de l’album.

A l’écoute d’Equilibrium on peut légitimement penser à Tommy ou même Quadrophenia, également à The Lamb Lies Down ou The Wall. Vous prendrez le temps de consulter grâce aux liens fournis ci-dessous les tenants et aboutissants de l’histoire d’Usky, personnage en recherche constante d’équilibre intérieur, dont l’enfance fût marquée par la disparition de son frère qu’il aurait tué accidentellement. Voilà pour la version courte, la version longue fait évidemment l’objet du discours musical décliné en 2 parties de 8 morceaux chacune. De temps en temps, au gré des morceaux, surgit à l’improviste le thème cyclique Au clair de la lune, symbolisant la perte du frère. La célèbre comptine prend ici des teintes sombres sinon lugubres, accompagnées de dissonances.

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L’histoire débute par la naissance d’Usky et les pleurs de bébé. Ah oui Usky est Anglais (nul n’est parfait !). « Welcome » fait dans le funk psychédélique avec une belle verve mélodique, pour une entame parfaitement réjouissante ! « Cycle of Life », est lui mené sur une musique insouciante, un peu comme si Steely Dan se mettait à la comptine enfantine. Autre grand moment de cette première partie, « Run O’Clock » et son intro en mode onirique, avec une nouvelle apparition du thème cyclique Au clair de la lune, puis la libération avec la mise en place d’un magnifique mouvement syncopé de haute volée. Plus pop-rock mélodique, « Usky Can Smile » nous amène au long final de la première partie, « Ocean », d’abord joyeux et désinvolte dans son style West Coast, avant une fin plus interrogative et nuancée.

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La deuxième partie débute sur un court instrumental, « En Attendant » : un piano semble sonner le glas et accompagne une mélodie qui s’éclaircit peu à peu. « Boundary Hill » prend lui des airs de Supertramp ou de « A Trick Of The Tail ». « Give Me The Veil » me fait penser à du Canterburry, l’occasion d’entendre quelques traits de basson. Ce sera violon et piano pour le triste « Alone », et des sonorités étranges et dissonantes dans « En Croupissant ». Les derniers morceaux, dont « Inside My Brain » et le final « Equilibrium », ajoutent d’ultimes touches psychédélique à un album qui n’en manque pas, finalement. Les vocaux en chœur du final, tantôt a capella, tantôt accompagnés, sont superbes !

Il va s’en dire qu’Equilibrium (*) s’écoute dans la continuité, et en extraire tel ou tel morceau n’a pas de sens au regard de la cohérence globale de la musique et du texte. Il y a énormément d’idées dans la musique de Polychrome, sans parler d’une réalisation instrumentale impeccable. Psychédélisme souvent sombre, jazz-rock enthousiaste, pop-rock mélodique, … la musique est sophistiquée et varie au gré des états d’âmes d’Usky dans des rebonds incessants. Bref, du rock progressif comme on l’aime !

https://www.youtube.com/@polychrome_music/videos (*) https://polychromemusic.bandcamp.com/album/equilibrium

Formation du groupe

Maxime SENIZERGUES: textes & composition, guitare, basse, batterie, chant - Simon SENIZERGUES: textes & composition, claviers, chant - Omar NICHO: guitare - Jeremy WEISMAN & Caroline PEACH: basse - Loïck TOURNOIS: batterie - Renfort album: Victor MAROLEAU: flûte (titre 2) - Cyril HADDAD: basse (titre 4) - Jean-Louis SENIZERGUES: clarinette (titre 5) - Charles COMEFORD: basson (titre 11) - Vincent BERNARDON: violon (titre 12) - Simon PADIOU: violon (titre 12) - Axel BERNARDON: violon alto (titre 12) - Quang-Chinh TRAN: violoncelle (titre 12) - Paroles de Lucas CHASSERÉ (titre 6) et Vincent LANIÈCE (titre 12) - Illustrations de Cyril HADDAD

🌍 Visiter le site de Polychrome →

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