Titres
- Do What U Will (4:44)
- Hey Humanity (4:12)
- Driving to Destruction (4:46)
- Stay with Me (3:12)
- Charlie Knew (4:02)
- Siren in the Storm (4:02)
- Enigmatic Terminus (3:47)
- Legend of Mary-Jo (14:10)
La musique est ce qui nourrit mon âme, et c’est un privilège de pouvoir créer sans être obligé de tout façonner uniquement à des fins de marketing. Cependant, le danger de cette liberté est qu’à défaut d’échéances, les années peuvent ainsi défiler jusqu’à devenir des décennies, et pour ça, je présente mes excuses. (Phideaux Xavier interviewé pour ProgCritique en mai 2026).
Huit ans ont passé, en effet, depuis ‘’Infernal’’, un double album déjà très attendu en 2018, dans la mesure où il venait conclure après ‘’The Great Leap ’’ (2006) et ‘’Doomsday Afernoon’’ (2007), une formidable trilogie conceptuelle dépeignant un monde dystopique et orwellien assorti d’un désastre écologique. Auteur-compositeur-interprète & poly instrumentiste, newyorkais d’origine installé à Los Angeles (également réalisateur pour la télévision), Phideaux Xavier incarne depuis le début de ce millénaire, l’un des plus passionnants artistes de la scène prog rock étasunienne, sur les pas des grandes formations britanniques des années 70 et dans un métissage de psyché, folk, glam & art rock.

Enregistré aux Kitten Robot Studios de Los Angeles entre 2021 et 2025, voici donc ‘’AutoMoto Animus’’, dixième opus en tant que ‘songbook’, si l’on met à part ‘’Friction’’, premier album solo de 1992, et ‘’All Is Number’’, un projet ambient et expérimental publié en mai 2020. Aux côtés de Phideaux Xavier, plusieurs nouveaux invités se sont joints à des musiciens déjà présents de longue date. Pour ce nouveau répertoire, toujours très homogène et compact, il a sélectionné huit morceaux parmi la pléthore de compositions ou simples ébauches qu’il a pu écrire au fil des ans. Si sa signature reste très identifiable, sa structure musicale quant à elle, se réinvente clairement ici, comme l’illustre d’emblée le premier morceau ‘’Do What U Want’’, un rock engageant et direct qui rompt pour le moins avec les productions passées. Portées par son éminent sens de la mélodie dans un lointain héritage des Beatles, arrangées avec brio et subtilement émaillées de quelques effets sonores (de voix notamment), ces huit chansons ‘easy listening’ devraient en toute logique, susciter et séduire un plus large public. De cette pop progressive à l’esthétique léchée, le très accrocheur ‘’Hey Humanity’’ ravira entre autres, les fans de Downes Braide Association (‘’Halcyon Hymns’’) tandis que le thème, le chant et les textures d’’Enigmatic Terminus’’ nous renvoient davantage à l’univers et aux ambiances de Porcupine Tree. L’ombre des Fab Four plane particulièrement sur ‘’Charlie Knew’’ ainsi que la ballade ‘’Siren In The Storm’’, magnifiée comme le morceau précédent par l’orchestration de cordes de Kaitlin Wolfberg, et invitant Savannah Pope, une vocaliste aux accents floydiens.
Dans la tradition d’un rock progressiste symphonique, autour d’arrangements finement ciselés, les albums de Phideaux incluent pour la plupart, une ou deux longues pièces évolutives ; citons pour rappel, ‘’Waiting For The Axe To Fall’’ (‘’Number Seven’’), ‘’Micro Softdeathstar’’ & ‘’Microdeath Softstar’’ (‘’Doomsday Afternoon’’), ‘’From Hydrogen To Love’’ (‘’Infernal’’), le morceau-titre ‘’Chupacabras’’ sans oublier la double suite ‘’Snowtorch’’. Ce sont donc ici les 14 minutes de ‘’Legend Of Mary Jo’’ qui referment ce répertoire, une sorte de récit allégorique né de l’histoire à la fois inouïe et poignante de la conférencière & auteure américaine Mary Jo Buttafuocco. Pour autant, une fois encore, portés mélodiquement par ces vers d’oreille dont le compositeur a le secret, la fraîcheur et le lyrisme des textes apportent légèreté et humour à une vision pessimiste et sombre de notre avenir. Cette pièce épique dont la composition remonte à The SunMachine (précédent groupe de Phideaux Xavier), a nécessité la collaboration d’une douzaine de musiciens & choristes dont, entre autres, le batteur Joe Berardi et le saxophoniste Vince Meghrouni. Son final placide et éthéré (chant/piano/mellotron) peut nous laisser, sciemment sans doute, dans une forme de béatitude.
‘’AutoMoto Animus’’ vient simplement ajouter une nouvelle réussite à un parcours sans faute, une œuvre signifiante qui à son tour, fera date dans la discographie de Phideaux Xavier et de ses différents avatars. Toujours dans son actualité, le musicien et son producteur Paul Roessler envisagent cet automne, la sortie d’un album Live enregistré aux studios Orion en 2011, période de ‘’Snowtorch’’. La setlist mixée à nouveau par le fidèle Rich Mouser, comprend également des morceaux réarrangés de ‘’Doomsday Afternoon’’ et ‘’Number Seven’’. A ne surtout pas manquer…
Phideaux ‘’AutoMoto Animus’’ (Bloodfish Records / 6 juillet 2026) en CD, vinyle et digital HR.
Formation du groupe
Phideaux Xavier : piano, claviers, basse, guitares acoustique et électrique, chant - Avec : Joe Berardi : batterie - Dustin Boyer : guitare, synthétiseurs, claps - Ariel Farber : violon, alto, chant - Roger Howarth : chant - Amanda Lynne : flûte - Vince Meghrouni : flûte, piccolo, saxophone - Rich Mouser : guitare, claviers, percussions - Charlie Paxson : batterie, talking drum, tabla, percussions, tambourin - Fernando Perdomo : guitare - Savannah Pope : chant - Kira Roessler : basse - Paul Roessler : programmation de batterie, percussions, effets, piano fantaisie, orgue - Molly Ruttan : batterie, chant - Mark Sherkus : orgue, mellotron - Naomi Adele Smith : claviers, chant - Johnny Unicorn : basse, chant, sifflet - Marcus Watkins : guitare, guitare baryton - Angus Weir : trompettes - Kaitlin Wolfberg : cordes - Nathan York : Basse - Juliet Mills : Chant - Marianne Muellerleile : Chant - Geoff Ball : Chant
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