Cycles

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(4.1 sur 5) / Autoproduction
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Ambient Post Rock Rock Progressif

Projet développé sur la durée d’une année entière, ‘Cycles’ de PaulBriff est un voyage musical temporel au travers des quatre saisons. Album ambitieux et intrigant, il m’est apparu évident qu’il fallait interroger le musicien pour comprendre un peu mieux les contours de cette œuvre. Stylistiquement parlant, je décrirais la musique proposée par PaulBriff comme un grand mix entre plusieurs genres (Ambient, Post Rock, Progressif, Metal, Folk…) et qui peut évoquer tour à tour Mike Oldfield, Beck, Sufjan Stevens ou Bruit ≤. Laissons notre Vivaldi Post-Rock expliquer sa vision des quatre saisons avec enthousiasme et précision dans la passionnante interview ci-dessous :

ProgCritique : Bonjour Paul et merci d’accepter de répondre aux questions de ProgCritique. Déjà, comment vas-tu ?

PaulBriff : Je vais très bien je te remercie ! C’est la première fois que je suis interviewé pour un de mes projets musicaux, je suis donc ravi d’avoir cet échange !

ProgCritique : Avant de rentrer dans le détail de ton nouvel album ‘Cycles’, peux-tu te présenter en quelques mots : quel est ton parcours musical ? Quels instruments pratiques-tu ? Quelles sont tes influences de manière globale, indépendamment de ce nouveau projet ? etc…

PaulBriff : Le parcours, les influences et la pratique sont presque indissociables de mon parcours de vie. J’ai toujours baigné dans la musique via mes parents et mes grands-parents maternels. Adolescent, j’ai vibré sur la musique de jeux vidéo qui est d’une profonde richesse, pensée pour amplifier les émotions des histoires que je traversais. C’est à 16 ans que je m’intéresse aux musiques Rock et Metal et que je sors une guitare acoustique d’un placard. Je débute en autodidacte en apprenant des morceaux sur YouTube, sans prétention ou objectifs, je pensais alors commencer trop tard pour cela. Très rapidement, je résonne sur des artistes de Rock et Metal progressif. C’est en apprenant du Pink Floyd que je cherche un moyen de me rapprocher du son lead de Gilmour sur l’album live ‘PULSE’. J’ouvre alors la boite de Pandore des pédales d’effets. De fil en aiguille, j’ai fini par me passionner par la façon dont le son d’un instrument peut être transformé et influer sur nos réponses émotionnelles. Je ne suis pas un instrumentiste virtuose, mais j’ai fini par devenir compétent sur la connaissance des effets, le sound-design, et les utilisations alternatives d’instruments comme la guitare archet (technique consistant à utiliser un archet de violon ou de violoncelle sur une guitare). A ce jour, je joue de la guitare, de la basse, je chante et j’ai des bases en clavier. J’expérimente avec le son via des synthés modulaire, des pédales d’effets, des sampleurs et des tape-loops (outil permettant de faire une boucle avec une bande magnétique). Je me vois souvent comme un peintre qui a une large palette de couleurs dans laquelle puiser afin d’illustrer les images qu’il a en tête. Pour terminer sur les artistes importants dans ma vie, il y a donc Pink Floyd mais également Rush qui m’a ouvert les yeux sur la relation entre les paroles et l’instrumentation. Porcupine Tree m’a fasciné avec l’utilisation du sound-design pour étendre des idées musicales en expériences plus sensorielles. Devin Townsend m’a donné les clefs pour apprécier les chants saturés, sans parler de son univers incroyable, tout en couleur et gorgé de textures sonores. Sa faculté de toucher à tant de genres musicaux en conservant une personnalité unique me fascine, c’est mon artiste préféré (même si cela est toujours amené à changer). J’ai ensuite plongé dans les genres alternatifs, le Post-Rock, le Shoegaze, la musique Ambient. A ce titre, je suis très influencé par les approches de Sigur Ros, Nine Inch Nails, Amulets et plus récemment Bruit <, pour n’en citer qu’une poignée.

ProgCritique : Je trouve que tu as une approche de la musique assez singulière avec un style qui mélange plein de genres différents, je te vois effectivement comme un genre de « sculpteur de sons ». Comment définirais-tu ton style musical et quelle est ton ambition lorsque tu démarres un projet ?

PaulBriff : Je suis très touché que tu ressentes mon approche musicale ainsi ! Tu es dans le juste, j’aime voir le son comme une matière première que je peux tordre et transformer via des effets et sampleurs afin d’obtenir des couleurs qui correspondent au projet du moment. Le début d’un processus créatif varie forcément pour chaque projet, mais la plupart du temps, j’ai une approche entre l’illustration et la narration : de quoi parle le morceau, comment donner un univers tangible et évocateur aux émotions et la thématique ? L’idée peut venir d’un processus de conceptualisation, comme d’une mélodie ou d’une texture sonore en premier lieu. Souvent, avoir une thématique ou une trame permet de donner un cadre afin d’être efficace, je passe donc beaucoup de temps avec des cahiers afin de noter des textes ou réfléchir sur des sujets. Lorsqu’une de ces thématiques commence à se manifester plusieurs fois et que j’observe assez de matière à exploiter (quand je ne suis juste pas obsédé par le sujet), je tente de faire de la musique autour. Parfois c’est la présence de plusieurs démos musicales avec une couleur cohérente qui dirige vers une thématique. A la fin, si le processus aboutit sur de la musique qui représente justement le sujet et les émotions que j’avais à la base, alors je considère que j’ai réussi à faire quelque chose correctement. Cela apporte souvent des idées et envies multimédia, ce qui est un bon indicateur de l’importance que l’ensemble a pour toi. C’est une démarche qui se rapproche d’artistes à tendance progressive, donc on pourrait utiliser les étiquettes Art-Rock, Prog, Post-Rock, Ambient… même si ces étiquettes sont parfois désuètes.

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ProgCritique : Pour parler de ‘Cycles’, comment se positionne-t-il dans ton parcours ? As-tu d’autres disques à ton actif ?

PaulBriff : Étudiant à Bruxelles, j’ai eu une formidable expérience de groupe avec deux musiciens qui sont devenus de précieux amis, Fragments. Nous avons sorti deux EP ensemble, et le groupe a pris fin lors de mon retour en France. Lors de l’enregistrement du second EP ‘Human Nest’, j’avais un morceau qui ne collait pas à l’esthétique du groupe, “The Slow Movement Of An Inner World”. C’était un titre trop abstrait pour l’adapter à un power-trio, j’ai donc initié mon projet solo. Mon premier EP ‘Souffleur de rêve’ contient les morceaux de la période 2020-2022 qui collaient à cette esthétique onirique, et j’ai réalisé un rêve en engageant mon ami Damien Guillard afin de réaliser un clip d’animation sur “The Slow Movement”, afin d’y poser les images que j’avais en tête lors de la réalisation du morceau. ‘Cycles’ est le projet solo qui suit ce premier EP.

ProgCritique : ‘Cycles’ est un assemblage de titres qui sont inspirés par les quatre saisons. Ce concept était-il clair dès le début ou s’est-il développé petit à petit ?

PaulBriff : Tout a commencé par le piano de “Falling Leaves”. C’était un instrumental de piano qui m’est venu sans réfléchir, je l’ai joué sur le piano chez ma mère, qui m’a vu grandir et qui est légèrement désaccordé. C’est ce cachet qui m’a touché et qui collait avec la période, nous étions en octobre 2023. J’avais à cœur d’enregistrer ce morceau en capturant le plus possible l’aura de ce piano. J’ai pu avoir assez de micros via mon réseau de musiciens sur Chambéry, et j’ai pu réaliser l’enregistrement sur une prise unique, sans métronome, juste dans le but de capturer l’émotion que j’avais en jouant sur ce vieux compagnon. J’ai tellement aimé l’honnêteté de la démarche que je me suis fait la réflexion que je pourrais essayer de reproduire l’expérience pour les saisons suivantes. C’est à ce moment-là que la conceptualisation a pris forme. Je me suis demandé ce que j’étais capable de faire, entre mes compétences et celles de mes amis, quel est mon rapport à chaque saison et quels genres musicaux pourrais-je utiliser afin d’illustrer tout cela. J’avais donc des idées de base et surtout une deadline de composition tous les trois mois afin de faire évoluer le projet en accord avec les changements de mon environnement. ‘Cycles’ s’est achevé après une année de composition et de production. Ce fut un projet éreintant, je ne savais pas si j’étais capable de tenir de tels délais, je pensais même que les morceaux seraient séparés par du silence. Mais le cadre de travail fût tellement inspirant, stimulé par les deadlines, que les idées ont afflué. Au final, je me retrouve avec ces vingt-cinq minutes de musique qui se métamorphosent tout au long de l’écoute. J’ai la sensation qu’avec ce projet, je propose une identité forte qui présente aux auditeurs ma carte de visite. ‘Cycles’, c’est ma créativité poussée au maximum, qui présente tout ce que je sais faire et tout ce que je pourrai faire à l’avenir. C’est la première fois que j’ai cette sensation d’avoir autant incarné un projet artistique, j’en suis profondément fier.

ProgCritique : Je te propose maintenant de parcourir les titres un à un pour en détailler le processus créatif. Démarrons avec « Falling Leaves » qui est une représentation de l’automne. Tu en as déjà parlé, la matrice du morceau est constituée par une partie jouée sur un piano un peu désaccordé. Comment celle-ci a été exploitée et enrichie par différents sons d’ambiance ?

PaulBriff : J’ai donc capturé la couleur du piano de ma mère avec plusieurs micros dessus, mais aussi en capturant la reverb naturelle dans la cage d’escalier de la pièce voisine. Le piano de “Falling Leaves” est pour moi un Polaroïd fatigué du chant de l’instrument dans la couleur des pièces où j’ai grandi. Pour l’arranger, j’ai choisi d’utiliser un synthé semi-modulaire : le Make Noise Strega (petit synthé qui a un oscillateur monophonique qui passe ensuite dans un delay et un filtre). J’ai accordé sa voix afin qu’il sonne juste sur le piano désaccordé, puis j’ai utilisé son grain unique. C’est un synthé chaotique, parfait pour générer des bruits et des aspérités sonores, mais il a des sweet-spots fabuleux qui collent parfaitement à un paysage d’automne (sorte de réglage parfait, moment où tu atteins un son parfait pour ton utilisation).

ProgCritique : Sur « Lethargy », représentation de l’hiver, l’ambiance se fait très « cotonneuse » (j’ai pensé au ’50 Words for Snow’ de Kate Bush), la mélodie principale est interprétée à la basse et sur la fin surgit un violon. Par ailleurs, le texte met l’accent sur la nécessité du froid, à l’heure où l’on parle beaucoup de réchauffement climatique c’est un argument qu’on entend peu, étrangement. Peux-tu nous dire qui a participé au titre et nous dévoiler un peu plus le processus de création et d’enregistrement ?

PaulBriff : J’ai grandi en Savoie, j’ai toujours été sans voix face aux montagnes. Pour l’hiver, j’ai voulu capturer cette sensation de paix et d’humilité que je ressens lorsque je me trouve dans un paysage enneigé. La musique Ambient était un choix logique pour illustrer la torpeur hivernale. Je suis parti sur les basses fréquences en premier lieu car elles ont la faculté de prendre beaucoup de place dans le spectre sonore, de donner du corps tout en étant discrètes. Je comble quelques mesures de silence avec des touches de guitares que je passe par des effets qui ajoutent des artefacts digitaux. Tout le reste sont des textures sonores qui donnent du mouvement. Le morceau est très dépouillé instrumentalement parlant. Quand on parle de musique ambient, la facilité est de pousser la reverb. Hors, durant l’hiver, le son diffuse beaucoup moins loin avec le refroidissement de l’air. C’est ce qui donne cette sensation frappante de proximité lorsque l’on est entouré de neige. C’est comme si notre voix ne dépassait pas notre corps. C’est aussi ce qui rend les blizzard si dangereux : l’air froid et les flocons empêchent la diffusion du son, on peut ne pas entendre une personne qui hurle à quelques mètres de soi. C’est pour cela que j’ai penché pour une approche assez minimaliste et sèche en termes de textures. Le violon est joué par mon ami Hugo Préverand. C’est la première touche de tessiture acoustique et le premier musicien extérieur sur ce projet. Il est l’annonciateur du radoucissement des températures, et d’une vie qui va se multiplier.

ProgCritique : Justement, « Biophony », morceau instrumental correspondant au printemps est assez incroyable. Il est très riche en instrumentation (j’ai même songé aux arrangements pour instruments acoustiques façon Sufjan Stevens), fait varier les vitesses comme pour mieux représenter la croissance de la nature dans une ambiance Folk bucolique. A nouveau, peux-tu nous parler des musiciens présents et de l’enregistrement (tu insistes sur le fait que tout ce qu’on entend est généré par de véritables instruments, pas de plug-ins) ?

PaulBriff : “Biophony” est à bien des égards un renouveau, un second souffle dans ‘Cycles’. L’ensemble va enfin se dynamiser. Après six mois de travail sur des éléments lo-fi et minimaliste, pouvoir changer de couleur conjointement à la nature a été une bouffée d’air. La section musique de chambre avec l’entrée de la guitare acoustique est un de mes passages préférés de tout l’ensemble. Avec déjà trois saisons qui s’enchaînent parfaitement, c’est à cet instant que j’ai senti que je touchais quelque chose qui pourrait vraiment devenir grand. C’est également le moment où j’ai eu l’impression de devenir témoin du processus, au delà d’un effort de composition. Tout a fait sens. Je suis passionné d’écologie des paysages sonores. Rapidement : chaque lieu de notre monde possède sa carte postale, son paysage sonore. Il est composé de la géophonie (ensemble des sons du non-vivant), la biophonie (ensemble des sons du vivant) et de l’anthropophonie (ensemble des sons de l’activité humaine). J’ai lu un jour «Le grand orchestre animal» de Bernie Krause (bioacousticien inventeur des termes biophonie, géophonie, anthropophonie) qui a changé ma façon d’écouter le monde, qui m’a donné l’envie d’enregistrer les paysages sonores avec un Zoom… Pour représenter le printemps, il me semblait évident d’utiliser le maximum de tessitures acoustiques possible, en opposition aux éléments digitaux de l’hiver. L’objectif était de mettre en musique l’éveil d’un paysage sonore. Nous commençons avec la neige qui fond sous l’effet de la pluie que j’ai capturé depuis chez moi, avant l’entrée des guitares acoustiques et du pulse de la batterie avec les oiseaux que j’ai aussi enregistré. Enfin, je voyais une troisième partie en fanfare, ou chaque instrument présent dans l’arrangement serait comme la voix d’un animal de ce grand orchestre. J’ai la chance de connaître beaucoup de musiciens et musiciennes talentueux sur la scène de Chambéry, j’ai fait tourner mon réseau et j’ai pu enregistrer tout le monde au fur et à mesure. C’était une période incroyable. Je sortais de chez moi avec l’ossature du titre et, sessions après sessions, je voyais mon idée se matérialiser et s’enrichir du talent des autres. “Biophony” n’aurait jamais atteint ce niveau de qualité si j’avais été seul avec des plug-ins à diriger un orchestre imaginaire. J’ai certes eu un nombre de musicien.e.s plus limité, mais j’ai gagné en expérience : celle des instrumentistes qui pensent leurs instruments bien mieux que moi. J’ai aussi appris à les enregistrer correctement, ce qui offre des prises uniques plutôt que des samples que l’on retrouve partout ailleurs. On s’est même amusé à faire des bruits avec les instruments, comme pour imiter des animaux et annoncer l’orchestre avant qu’il n’entre à pleine puissance ! En voulant honorer l’explosion du vivant, je me suis retrouvé à me sentir profondément honoré tout court. Honoré de la participation de chacun et chacune, certains sont des amis avec qui je joue depuis longtemps, d’autres ont été de super rencontres, tous ont permis de représenter ce tableau plus grand que ce que j’aurais pu faire seul. En ce sens, je tiens à remercier profondément Quentin (trompette), Rosie (flûte), Willy (clarinette), Boris (harmonica), et bien entendu Hugo (violon) et Evan (batterie) qui participent à mes projets avec enthousiasme depuis longtemps. Je suis incroyablement chanceux d’avoir de si belles personnes si talentueuses pour enrichir mon univers.

ProgCritique : Place à l’été et sa chaleur étouffante avec « Heatwaves ». Là, tout est différent, à commencer par le traitement des voix, pour un titre beaucoup plus Rock, quasi Metal, exprimant le désir de s’extirper d’un environnement caniculaire. Peux-tu nous parler du mélange des instruments, de ta manière de chanter et de l’intention de ce titre ?

PaulBriff : Je supporte mal les températures qui dépassent les 30°C. En termes d’intention, je n’ai donc pas choisi la quiétude débonnaire du Surf Rock, mais plutôt de me rapprocher de genres plus extrêmes comme le Post-Metal et le Doom Metal. L’idée était de représenter la température qui monte progressivement jusqu’au démesuré. J’avais envie d’un démarrage très énergique, et la présence de Boris et de ses harmonicas dans mes pédales était un prétexte idéal pour lancer le voyage sur une ambiance Western déjanté. J’ai demandé à Evan d’osciller entre des parties Drum’n’Bass et Punk pour avoir le maximum d’énergie, et d’initier l’agressivité du titre avec mes saturations vocales. J’ai appris ces techniques de chant sous la tutelle de profs et je prends beaucoup de plaisir à en faire, bien qu’elles nécessitent le bon contexte ! Sur le papier j’avais l’idée d’un morceau qui avait le côté barré du titre “Ziltoidia Attaxx !!!” de Devin Townsend avant d’évoluer sur la sensation étouffante de l’album ‘Atma’ de Yob. J’ai expérimenté certains des morceaux de l’album en live et j’ai été soufflé dans le son tranchant du guitariste Mike Scheidt. Pour “Heatwaves” je décline la guitare électrique dans toutes ses formes afin de saturer la session. J’ai appris à enregistrer avec plusieurs micros ma cabine d’ampli, il y a beaucoup d’overdubs, de la guitare archet continuellement pour gonfler le titre et lui donner une lourdeur caniculaire. Une fois la section Western-Punk achevée, j’ai organisé des riffs pour créer un tunnel passant par différentes intensités : les couplets instrumentaux sont nerveux tandis que les refrains s’ouvrent. Je savais que je voulais aller encore plus loin et terminer le morceau sur une absence totale d’intelligence, en allant sur une section d’inspiration Doom. L’intensité arrive à un pic avant de finir sur un même accord plaqué en boucle tandis que le tempo ralenti, et terminer sur une cacophonie un peu comme une fin de concert.

ProgCritique : Le dernier morceau instrumental « Coda » referme la boucle assurant ce fameux cycle des saisons. Comment as tu réussi à joindre tous les morceaux pour en faire une unique suite ?

PaulBriff : Cela n’a pas été calculé. En arrivant vers la fin de “Heatwaves”, je trouvais que terminer ‘Cycles’ sur la cacophonie donnait un message très sombre à l’ensemble. Cela terminait l’écoute sur la notion d’anxiété écologique au dépend de la sensation de voyage dans le temps. J’ai eu l’idée de reprendre le thème de “Falling Leaves” mais en changeant les instruments. J’utilise une Bass VI et une pédale d’effet émulant les défauts de bande magnétiques. Ainsi, on retombe à nouveau dans l’automne, mais ce n’est pas vraiment le même, bien que la couleur soit semblable : l’été s’est achevé, un nouveau cycle a débuté. Du point de vue de la composition, je n’ai même pas eu à trouver un chemin pour retomber sur l’accord du début de la suite. Je n’ai pas de formation théorique donc je ne peux pas l’affirmer, mais je ne serais pas étonné que tous les morceaux soient dans la même tonalité. On m’a fait la réflexion que je change de modes ici et là, mais du reste, aucune idée.

ProgCritique : Merci beaucoup Paul pour cet échange passionnant, on te souhaite beaucoup de succès avec ‘Cycles’, et je te laisse le mot de la fin…

PaulBriff : Merci. ‘Cycles’ aura été deux ans de travail acharné, avec ses moments de joies et de doutes en abondance. Paradoxalement, je n’aurais même pas osé rêver d’un tel résultat au début de l’aventure. Je ne vis pas de ma musique et n’y aspire pas, j’ai juste besoin de créer ces bulles et ces univers. En y pensant, le seul objectif derrière tous ces efforts est de partager une vision qui m’a animé (et m’anime toujours). Ainsi, vous n’imaginez pas le bonheur d’avoir des retours de personnes extérieures sur tout ce travail. Merci à vous pour votre intérêt envers ma musique. Aux lectrices et lecteurs, j’espère sincèrement que le voyage pourra vous plaire, et que nous pourrons échanger autour. J’ai hâte de vivre ce cycle, avant de reprendre la route de l’enregistrement pour la suite. Du fond du cœur, merci.

Formation du groupe

PaulBriff : Guitares, Basse, Voix, Piano, Claviers, Textures - Musiciens additionnels : Evan Charbonnier : Batterie - Hugo Preverand : Violon - Quentin Houlon : Trompette - Willy Vivier-Jalade : Clarinette - Boris Madelon : Harmonica - Rosie Verhellen: Flûte

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