Not A Good Sign

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(5 sur 5) / Alttrock Records
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Rock Progressif

Avec ce premier album éponyme sorti en 2013 chez Altrock Records, un label qui produit et promeut principalement les groupes et artistes de la scène underground italienne depuis 2005, les membres de Not A Good Sign nous offrent une déclaration d’intention qui ne pourra pas nous laisser  indifférents. Ce combo est issu de la réunion du chanteur Alessio Calandriello et du bassiste  Gabriele Guidi Colombi, tous deux membres de  La Coscienza di Zeno, ainsi que de Paolo « Ske » Botta aux claviers et Francesco Zago à la guitare, deux musiciens du groupe Yugen. La formation milanaise sera complétée par le recrutement à la batterie de  Martino Malacrida au moment de l’enregistrement de l’album en studio.

Cet attelage riche des apports provenant de 2 groupes importants de la scène progressive italienne contemporaine n’est pas étranger à la qualité des compositions qui émaille cet album.

On peut remarquer d’emblée que celui-ci s’inscrit dans une mouvance héritée assez directement de l’Old Prog School des années 70 avec un certain nombre d’influences assumées et parfaitement digérées. On pense à King Crimson pour la virtuosité, à Yes (période 1972-74) pour l’inventivité ou à  Van Der Graaf Generator pour l’aspect symphonique. Mais toutes ces références sont intégrées à une approche plus moderne qui transparaît dans le son très heavy de la guitare qui flirte souvent avec le Métal et évoque davantage la puissance sonore et la densité d’un Anekdoten.

« Almost I » le titre d’ouverture du disque, un instrumental, affiche la technicité et l’ambition du groupe avec ses multiples changements de rythmes et de tempos qui place la barre assez haut d’entrée de jeu. L’omniprésence des claviers, en particulier du Mellotron et du Moog crée immédiatement un marqueur sonique fort de l’identité des Transalpins, de plus l’oreille est attirée irrémédiablement par l’impressionnant travail de  la section rythmique. Le titre « Not a good sign » permet d’entrer vraiment dans le vif du sujet avec son rythme tout en syncopes, des nappes tendues d’orgues Hammond et le chant expressif d’Alessio Calandriello avec son bref vibrato en fin de phrase . Le chanteur apporte de l’air et évoque souvent un funambule sur son fil ou un équilibriste debout sur le bout de la pointe des pieds. Ce morceau est le condensé parfait de toute les qualités présentes sur l’album.

Le quatrième titre « Making stills » intervient comme un répit face à l’intensité des 3 morceaux précédents, mais si le démarrage est doux et planant, une rupture surprenante à 2 minutes 40 permet de faire évoluer cette deuxième piste instrumentale dans une direction inattendue qui se résoudra par un climax digne des meilleurs représentants du post-rock comme Mogwaï ou Bark Psychosis. « Witchcraft by a picture », après sa longue introduction en forme d’hymne, nous plonge dans une ambiance Folk lointainement celtique grâce notamment à la très jolie voix de Sharron Fortnam (North Sea Radio Orchestra, Cardiacs). Cette touche subtile et féminine provoque une rupture en soi, pourtant la structure cyclique nous ramènera à l’hymne du début en guise de conclusion. Puis vient le titre plus catchy de l’album, « Coming back home » avec son refrain entêtant en forme de ritournelle et un très beau passage symphonique. La noirceur cède quelque peu à l’apaisement, même si en tant qu’auditeur on ne parvienne pas totalement à se relâcher. L’apparente fragilité/sensibilité de l’interprétation vocale nous obligeant à cheminer en permanence au bord d’un précipice. Le disque s’achève sur un dernier instrumental « Afraid to ask » qui rappelle que Not a good sign a plus que des accointances avec le Post-rock et vient signer avec ce titre une jolie conclusion ouverte qui résout les tensions accumulées pendant les 48 minutes qui se sont écoulées avant.

Ce premier disque très réussi possède des atouts qui pourraient en faire un classique : la richesse, la cohérence, ce qu’il faut d’originalité et de citations, quelques prises de risque, une production à la hauteur des ambitions affichées….

Voici donc un album qui plaira à la fois aux nostalgiques des années 70 mais aussi à ceux qui apprécient un son plus actuel et plus « plein ».

Formation du groupe

Paolo «Ske» Botta : Claviers - Alessio Calandriello : Voix - Gabriele Guidi Colombi : Basse - Martino Malacrida : Batterie - Francesco Zago : Guitares

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