Titres
- Nobody (2:31)
- Winning? (4:54)
- Patterns of Behavior (2:22)
- Space Monkey (5:18)
- I Am the Owl (3:23)
- Angle Game (7:49
- Carcosa (2:30)
- The Audit (10:01)
Depuis son premier album, The Noon Hour, le duo américain formé de Jake Rose (vocaux, claviers, guitares) et Connor Reilly (batterie, percussions) a carrément doublé de volume, si je puis dire. En effet, pour son deuxième opus intitulé The King In Yellow, le combo de Portland (Oregon) a intégré James Greene (basse) et Colin Doherty (coproduction et réalisation, guitare en concert).
Le titre de l’album provient du recueil de nouvelles éponyme de l’écrivain américain Robert W. Chambers, publié en 1895. Le roi en question se trouve être surnaturel et plutôt maléfique, et, vous l’avez compris, vêtu de jaune. La musique de National Diet est assez particulière en ce sens qu’elle est plutôt orientée rock expérimental / alternatif, souvent psychédélique.
De l’aveu de Jake Rose, l’album s’articule principalement autour du piano et les thèmes des morceaux reflètent les sentiments liés à une rupture douloureuse. Quant à la musique elle s’inspire également de nombreux thèmes de la littérature gothique, dont le Roi dont il est question dans le titre, mais aussi Cthulhu ou American Psycho. Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance … d’entendre une musique aux tons pastoraux ou romantiques ! Mais vous l’aviez déjà compris.
Le morceau d’ouverture, « Nobody », très court donne à entendre un piano au son particulier tandis que la voix prend des accents gabrieliens. Presque dans la continuité, un élégant motif rapide et répétitif au piano lance « Winning? ». Le tempo donné à la fois par le piano et la batterie est nerveux, donnant à la musique un sentiment d’urgence. Dans ce tapis sonore un peu oppressant on pourra entendre le chant discret d’un violoncelle. Mais c’est l’ostinato du piano et de la batterie qui donne à cette chanson l’essentiel de son caractère. Un nouvel enchainement, et cette fois dans la même tonalité, nous amène sur « Patterns of Behavior », qui prolonge l’atmosphère sombre précédente. La nervosité fait place à de longs accords mélancoliques. On pourrait considérer que ces trois premiers morceaux constituent une mini-suite au vu de la cohérence sonore qui y règne.
C’est la guitare qui nous accueille sur Space Monkey, peut-être le morceau le plus expérimental de l’album. Imaginez du Black Sabbath à la sauce psychédélique … Violent et tragique à la fois. 5 minutes d’énergie musicale brute. « I Am The Owl » offre un moment plus calme, quasi onirique. Voix, parfois doublée par le saxophone et guitare forment l’ossature de cette courte pièce, tandis que le piano, traité une fois de plus en ostinato, donne un caractère obsédant à la musique.
« Angle Game », un des deux morceaux plus développés de l’album, s’articule autour d’une guitare et son riff de style jazz rock / fusion. Il y a un souffle irrésistible dans ce morceau et chaque instrumentiste semble engagé dans une course pour la vie. Un étrange moment suspendu vient briser l’élan vital du morceau, le temps de reprendre son souffle, mais la batterie revient au mouvement initial jusqu’à tout briser pour ne laisser à la fin qu’une sorte de débris musical informe. Etonnant morceau !
L’étrangeté refait surface pour évoquer la cité imaginaire de « Carcosa ». Voix plaintive et piano distordu tout en résonnance rivalisent pour donner à la musique une teinte bien grise. Pour terminer, « The Audit » constitue le point culminant de l’album. Une longue intro batterie / basse / guitare initie une marche lente et pesante avant l’arrivée du chant. A la moitié du morceau, cette marche implacable laisse place un duo voix / guitare aux sonorités apaisée, pour un passage, j’ose le terme, plutôt poétique. A un moment les couches vocales s’empilent et un grand crescendo termine le morceau et l’album dans une certaine grandeur.
Sans doute plus expérimentales que progressives, les compositions de Jake Rose étonnent par leur qualité d’écriture et leur profondeur. Ni exagérément agressif ou dissonant, The King In Yellow (*) exprime des sentiments plutôt sombres mais puissants. On retrouve dans la musique de National Diet la noirceur de nombres de compositions de Van der Graaf Generator ou de King Crimson, et c’est ce qui en fait tout son charme si particulier !
(*)https://nationaldiet.bandcamp.com/album/the-king-in-yellow
Formation du groupe
Jake Rose : chant, pianos électriques et acoustiques Wurlitzer, guitares, vibraphone, synthétiseur Behringer Model D, Ensoniq ESQ-1, Optigan, générateur de sons étranges, kalimba, mixage - Connor Reilly : batterie, percussions, timbales - James Greene : basse fretless cinq cordes, basse frettée six cordes - Colin Doherty : coproduction, mastering Avec : Ellie Dick : violoncelle (2) - Thymme Jones : chant (9) - Nicole McCabe : saxophone alto (1,5) - Ben Spees : chant (3)
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