Titres
- La Chapeloisse (4:04)
- En Galise (4:27)
- Ordo Danielis (4:48)
- Cadences (2:53)
- Las Estrellas (5:58)
- Berry Roak (3:48)
- Yan Dele Son’ (2:23)
- Godzilla (4:16)
- Farewell (2:00)
- Danse Villageoise (3:32)
- Danse Cornue (5:02)
- Galadriel a Manhattan (6:44)
Six ans après ‘’Air Caravan’’ paru fin 2019, et faisant suite à deux Live respectivement enregistrés aux Festivals Minnuendö (Peralta/Espagne 2021) et Crescendo* (Saint-Palais-sur-mer/France 2023), Minimum Vital nous revient en ce mois de décembre avec un dixième album studio, toujours publié chez Musea, et marquant les quarante ans d’activité tout au moins officielle de ce groupe de la région bordelaise formé réellement en 1982.
Les frères jumeaux Payssan entourés du fidèle Eric Rebeyrol, bassiste de la première heure, ont cette fois encore, fait appel au batteur Charly Berna (à présent membre officiel) pour ce répertoire co-écrit dans la tradition du groupe par Jean Luc & Thierry, et arrangé collectivement dans une démarche collaborative guidée depuis leurs débuts par la bienveillance et l’écoute active entre les quatre musiciens. Rencontré à cette occasion lors d’une longue interview, Thierry explique avoir pris pour la première fois en charge dans son intégralité, la production sonore de cet album (enregistrements, choix dans les textures, mixage, mastering). Au fil de ces plages d’un format majoritairement de 4 à 5 minutes, il privilégie aux longs développements instrumentaux et autres solos expansifs, une certaine rigueur structurelle et un choix signifiant dans les couleurs harmoniques et sonores. Concernant la pochette, dans une collaboration historique de 35 ans depuis 1990 (‘’Sarabandes’’ et sa mémorable fresque peinte par Pascal Ferry), le graphiste, designer et ami d’enfance Philippe Poirier s’est chargé une nouvelle fois de la pochette du disque illustrée à partir d’une ébauche de Jean-Luc Payssan.
Quant au répertoire, nous pouvons dès l’écoute des premières mesures, identifier cette signature originale voire unique d’un groupe mariant un rock progressif aux musiques festives et dansantes des folklores régionaux (Occitanie, Bretagne,….), le tout associé parfois à un jazz-fusion présent d’ailleurs depuis le premier album ‘’Envols Triangles’’ en 1986, et servi par des musiciens chevronnés. Dans la sinistrose ambiante des temps sombres que nous traversons, ce sont 50 minutes de célébration et de liesse auxquelles nous convie ce ‘’Royaume’’ dont neuf des douze morceaux nous invitent aux danses des traditions d’antan. Dès ‘’La Chapeloise’’ nous retrouvons ces textures emblématiques mêlant la six-cordes électrique de Jean Luc aux synthétiseurs monophoniques de Thierry, et où s’invite le violon de Mario Peperoni. Les vocaux légers ne font finalement qu’ajouter aux textures d’une musique devenue essentiellement instrumentale. Comme ‘’En Galice’’, une ancienne composition enregistrée pour la première fois en studio, ‘’Ordo Danielis’’, pièce moyenâgeuse portant sur un lent et puissant groove, ces interactions entre guitare électrique, synthés analogiques et chœurs, est l’un des quatre morceaux que put découvrir dans une dynamique de Live, le public du Crescendo au concert du 20 août 2023 et qui figurent sur la playlist du Blu-ray* édité l’an dernier. Le guitariste introduit à la mandoline ‘’Las Estrellas’’, une pièce en ritournelles, le violon prenant le relais dans la séquence finale sur un tempo différent. Le thème entrainant de ‘’Berry Roak’’ s’inspire d’une bourrée berrichonne dont la mélodie a toutefois été lue de manière inversée. A l’instrumentation précitée, s’ajoute ici la flûte baroque de Stéphane Ducasse. Ce second invité de l’album est également présent sur ‘’Farewell’’, un morceau sur lequel Jean Luc Payssan s’alloue, à la façon d’un Steve Howe ou d’un Steve Hackett, un aparté solo de guitare acoustique aux couleurs médiévales. Pour l’anecdote, le flûtiste, un personnage haut en couleur, avait omis de retirer ses bagues lors de l’enregistrement, obligeant Thierry Payssan après réécoute, à nettoyer complèment la piste des bruits parasites de frottement de ces bagues sur sa flûte à bec.
‘’Yan Dele Son’’ est une courte et mélodique chanson rythmée par la guitare acoustique puis quelques percussions. Comme Jean Luc dans ‘’Farewell’’, Thierry s’octroie à son tour un espace individuel au piano acoustique dans ‘’Cadences’’, et permet au bassiste Eric Rebeyrol de passer à la trompette autour d’une atmosphère pouvant faire penser à celles des productions ECM. Quel contraste avec ‘’Godzilla’’ autre pièce atypique se tournant cette fois vers un rock énergique et rapide, émaillé de breaks, et inspiré aux deux compositeurs par le décoiffant (et prolifique) groupe australien King Gizzard And The Lizard Wizard. Retour sur les terres de prédilection du groupe avec la ‘’Danse Villageoise’’ mettant l’accent sur les claviers électroniques puis la ‘’Danse Cornue’’ particulièrement teintée d’humour. Refermant l’album, ‘’Galadriel à Manhattan’’, la plage la plus longue, proche de 7 minutes, et dont les vocaux et le langage font référence à l’univers de Tolkien, brille par ses arrangements & overdubs de guitares électriques se donnant la réplique sur un thème toujours très accrocheur.
Reste dorénavant à l’un des groupes majeurs du paysage progressif hexagonal, à faire vivre ce répertoire sur scène, et viendra donc le temps des concerts dont deux dates sont d’ores et déjà arrêtées en 2026 dans le fief girondin du groupe, le 6 février à Ambarès (Salle Evasion) partageant l’affiche avec la formation Sombre Reptile emmenée par les frères Dédieu, puis le 29 Mai à Pessac (Sortie 13).
Formation du groupe
Jean-Luc Payssan : guitares acoustique & électrique, mandoline, vocaux, percussions - Thierry Payssan : claviers, synthétiseurs, métallophone, vocaux, percussions - Eric Rebeyrol : basse, trompette - Charly Berna : batterie - Avec les participations de : Stéphane Ducasse (flûte à bec) et Mario Peperoni (violon)
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