Feelings are good

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(4.6 sur 5) / Inside Out Music
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Rock Progressif

Le Sieur John Mitchell (Enter Shikar, Alter Bridges, Frost *, Kino, It Bites, Arena, etc…) est toujours aussi prolifique. Nous voici en présence de la sortie toute fraîche de « Feelings are good » le quatrième album de Lonely Robot. Comme écrit lors de la critique de  ‘Under Stars’, « la trilogie des astronautes » est achevée, nous passons cette fois sur un album plus personnel où les expériences bonnes ou mauvaises sont explorées. Une thérapie de la profondeur de l’âme, où les sentiments et les émotions humaines sont, cette fois ci, explorés.

C’est le titre éponyme « Feelings are good », une piste très courte avec un gros effet vocal et quelques accords plantés pour maintenir le cap qui sert de tremplin pour glisser vers « Into The Lo-Fi ». Sur un rythme plus endiablé, une voix avec moult effets nous plonge dans un Pop Rock vivant à souhait. Des claviers pour soutenir un ensemble cohérent, une ligne de basse un poil en retrait à mon goût mais l’ensemble tient bien la route. Avec « Spider » on entre dans du plus lourd, limite agressif, c’est contrasté par des accords de piano légèrement ‘blue note’ sur les couplets et les refrains qui marquent une entrée dans des territoires sombres où une guitare se déchaîne, déversant son fiel, jusqu’au pont où elle se fait plus douce. Autant ce titre dépote autant le suivant, « Crystalline » nous emporte dans une douceur presque mélancolique d’une sorte de menuet sur des mesures à 3 temps. Dans la deuxième partie du titre, la guitare entre dans un magnifique solo qui rajoute une intensité profonde à cette composition…Quelle belle métaphore de l’hiver pour narrer cette douloureuse relation brisée. Un moment que je qualifie de puissant, et d’une charge émotionnelle intense pour mon petit corps fragile. On se remet de suite pour plonger sur « Life Is A Sine Wave ». Un Rock Progressif mené à la baguette par l’acolyte de toujours Craig Blundell, qui apporte une belle puissance de feu, et comme tout bon progressif qui se doit d’être, des parenthèses musicales légères s’intercalent pour mieux repartir sur des guitares et claviers qui batifolent avec nos tympans, et finissent en pente douce sur un piano vaporeux. « Armour For My Heart » est l’archétype du titre vachement bien construit. Indéniablement l’ami John à un sens de l’écriture et de la mélodie assez poussé. Une belle ligne de basse en contretemps, qui apporte un punch et souligne les soli de guitares. Quel plaisir !

« Suburbia », quelques mesures d’un piano électrique sonnant fortement année 90 et rejoint par des fûts au jeu complexe. Une voix agressive par moment, un refrain qui vous transporte, et que dire du pont qui vous fait découvrir de belles nuances prog, avec des montées chromatiques à la guitare pour finir de vous faire chavirer. Décidément, que de bonnes surprises, et ce n’est pas « Silent Life », dans un style plus dépouillé, à la mélodie irréprochable, qui nous fera penser le contraire. John Mitchell, rajoute la douceur à la voix pour vous détendre et vous permet d’aborder un majestueux refrain avec une zen attitude. Nous changeons de registre sur «Keeping People As Pets» qui évoque la violence psychologique. Cela donne une voix plus agressive et des chorus qui vont de pair. « Army of One » est dans la même veine que le titre précèdent, l’une des chansons les plus longues de l’album, avec un peu plus de six minutes. Mais, si je dois nuancer mes propos, l’atmosphère est plus lourde, limite dérangeante. Si la folie destructrice était une musique, cette composition la résume parfaitement.

Terminons notre petit tour d’horizon sur le vraiment trop court « Grief Is The Price Of Love », une voix (de tête par moment), une guitare classique, une progression d’accords qui vous berce délicatement et puis au bout d’une minute trente tout s’arrête… Frustration quand tu nous tiens.

Sachez quand même, que nous avons droit à des versions dites ‘Orchestral’ pour « The Silent Life » et « Crystalline » les deux titres catégorie ‘ballade émotionnelle’. Au premier abord on pourrait penser que cela n’apporte pas grand-chose de plus et bien fausse route. Autant ce n’est pas trop palpable sur «The Silent Life », « Crystalline » en revanche prend une autre dimension dans cette version alternative.

Pour conclure, John Mitchell reste, il est vrai, dans une zone de confort et nous fait du John Mitchell. Moi, je ne suis pas encore sevré par son style et encore moins de l’artiste. L’empreinte musicale du bonhomme est bien ancrée, et il ne faut pas se titiller le neurone à chercher le petit truc qui coince. Car après tout, des personnes de ce calibre, il ne vous en sort pas 10 de dessous le caillou. Le talent est là, et bien là !

Comme d’habitude, c’est une production au petit oignon d’un très haut niveau. Craig Blundell à la batterie transforme un titre par sa seule présence. Un album pour vivre des moments émotionnels intenses et forts !

Formation du groupe

Graig Blundell: Batterie - John Mitchell: Chant / Guitares / Basse / Claviers - Lian Holmes: Claviers - Steve Vantsis: Basse

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