Tales Of The Magi

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(4.7 sur 5) / Mark Jeffrey Dye / Elysian Fields
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Rock Progressif

Six mois après « Revelation »(*), Mark Jeffrey Dye / Elysian Fields nous fait découvrir son nouvel opus « Tales Of The Magi ». Avant de se poser la question de qui peuvent donc être ces Mages et quels sont ces contes qui leurs sont associés, notons que Mark poursuit son entreprise solo, puisque comme pour l’album précédent, il fait tout lui-même !

Si « Revelation » était une collection de morceaux symphoniques mixant avec bonheur différents styles musicaux et parsemés de nombreux clin d’œil à Genesis, Kansas, Jon Anderson et j’en oublie au passage, les aventures contées ici forment un ensemble plus homogène, album-concept oblige !

En fait l’origine de cet album vient de l’université où, un jour, alors qu’il composait au piano dans une salle de répétition, on frappe à la porte. Jim Flathman, batteur et parolier de son état, se présente et propose une collaboration musicale. En découvrant les nombreux textes écrits par ce dernier, Mark pressent qu’il pourra en faire quelque musique … plus tard !

Les 6 morceaux-contes de l’album sont encadrés par 2 pistes assez courtes, « Tales Of The Magi » et sa reprise finale. L’idée de cette intro est d’expliquer ce qui va suivre. Un thème puissamment déclamé lance l’affaire, entrecoupé de ruptures de rythmes et de tempo. L’heroic fantasy débute ! Notons que Flathman était un inconditionnel de Tolkien … Moi aussi d’ailleurs !

« Secret Key » démarre dans la douceur de délicates harmonies au clavier. Un solo de guitare vient muscler le propos et puis un superbe changement tempo vers 3’ nous fait entendre un passage à la Larry Carlton de toute beauté. Ré-accélération et on termine en reprenant l’intro. 8 mn de somptuosité mélodique et harmonique. Et bien sûr, ça ne fait que commencer.

On enchaine sur l’épopée d’Etana (« Epic Of Etana »), roi de Mésopotamie (Sumer plus précisément) ayant régné après le Déluge (31eme siècle avant ProgCritique). Une légende pas jeune non plus dit qu’Etana se désespérait d’avoir un enfant, jusqu’au jour où il sauve un aigle. Ce dernier l’emmène alors dans le ciel pour trouver la plante de naissance, ce qui conduit finalement à la naissance de son fils, Balih. D’aucuns y voient la « preuve » d’une visite des extraterrestres, l’aigle symbolisant un engin spatial. Musique et sonorités héroïques dans la plus pure tradition du style propre au genre epic, quelques moments à la YES, et là encore un superbe passage modulant à souhait au milieu, avant la reprise du thème principal, excellemment chanté par Mark.

« The Question Which Knows No Answer » est en fait l’opus 1 de Mark dans la mesure où ce qui précédait a disparu. L’auditeur attentif comprendra que la question porte sur le pourquoi de la mort. A cette question existentielle répond une musique assez sombre et lente, dans laquelle surgit soudain un improbable sursaut rythmique et mélodique (3’45) et puis tout s’apaise, et le tempo lent et désabusé déroule jusqu’à la fin, quasi exclusivement dans les tons mineurs. « Astral World » traite des projections astrales, et après une intro lente sur des sonorités profondes façon orgue d’église, la musique se lance dans un délire (maîtrisé) harmonique et rythmique qui me rappelle UK, celui de « Danger Money ».

« The Meeting of Vzar », quête de la paix et du savoir oblige, retourne à la délicatesse de « Secret Key ». Mention particulière pour les magnifiques transitions harmoniques mode mineur / mode majeur. Du grand art et quelle plaisir pour nos oreilles. « The Battle Of Mugwhul And Lord Jakal » reprend le style epic, mais rien à voir cependant avec « The Battle Of Epping Forest » et ses couleurs pastorales anglaises et son humour british. Reprenant in extenso les paroles de Jim Flathman, la bataille semble plus âpre et souterraine, façon Le Seigneur des Anneaux. Ecoutez plutôt l’énergique solo de guitare à (6’-7’45), la bataille culmine. Tout en restant dans des couleurs sombres, la musique s’apaise progressivement. Le sens de l’orchestration est ici savamment déployé.

Comme dit plus haut, l’album finit comme il a commencé, et on termine cette fois sur des tons plus pastoraux (et sur un bel accord majeur, un rien fluctuant !).

Pour qui aime les mélodies et thèmes musicaux travaillés, somptueusement harmonisés et les claviers à profusion, « Tales Of The Magi » en réjouira plus d’un. UK, YES, … La musique de Mark Jeffrey Dye est éminemment symphonique et variée. Claviériste de premier plan, il n’en n’est pas moins excellent à la guitare et au chant. Musique véritablement orchestrale pour un homme-orchestre ! D’après ce que je sais, ce mot devrait prendre tout son sens dans le prochain album de Mark … on en reparlera le moment venu.

(*) Chronique publiée en France le jour du Grand Confinement (An 5 après ProgCritique).

Formation du groupe

Mark Jeffrey Dye / guitares, basse, claviers - Andrew Winton / claviers - Timothy Lewis / chant

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